‹ Mémoires authentiques de Maximilien de RobespierreChapitre 1 sur 49 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Dessein de Fauteur. — Les états -généraux à Versailles.— Les trois ordres. — Leurs querelles. — Vérification des pouvoirs. — Vote par ordre , vote par tête. — Chambre du tiers. — Malouet. — Mounier. — Motions inopportunes. — Mirabeau. — Sieyes. — Assemblée nationale. — Intrigues de cour. — Serment du jeu de paume. — Martin d'Auch, — Séance royale. • — Les trois ordres se réunissent. — Projets de contre-révolution. — Rassemblement des troupes autour de Paris. — Renvoi de Necker. — Camille Desmoulins. — Propos qu'il tient à Robespierre. — Prise de la Bastille. — Ses résultats.

Je n'ai ni le temps ni le projet d'écrire l'histoire des événements qui viennent de se passer sous nos yeux. Sans doute cette grande époque

sera quelque jour fidèlement retracée par l'his- II. I

toire , et nos neveux sauront tout ce qu'ils nous doivent , si la liberté et le bien-être que nous leur avons conquis ne suflSsent pas pour le leur , * apprenait. Mais le moment n'est pas venu encore : trop de passions contemporaines offusquent la vérité , pour qu'on puisse distribuer avec impartialité l'éloge et le blâme ; d'ailleurs, c'est de faits particuliers et non de faits généraux que je m^occupe , c'est de moi et non de la révolution française.

Mais lié par les fonctions auxquelles j'ai été appelé a tous les actes qui ont préparé la régénération nationale , ayant eu ma part dans cette lutte de deux années , d'où la liberté est sortie victorieuse , mais non pas sans blessure , il me serait impossible de rappeler ce que j'ai fait , ce que j'ai dit , ce que j'ai senti , sans rentrer de temps en temps dans le récit ou l'appréciation rapide de quelques faits généraux. Je les prendrai çà et là et presque au hasard , guidé seulement par l'intérêt plus ou moins vif qu'ils m'ont inspiré , et par le désir de reproduire le» sensations que j'en ai conservées.

Après la vaine pompe des cérémonies reli-

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gieuses, et le faste plus vain encore que la cour afficha dans Finauguration des états-généraux, le tiers-état, abreuvé d'humiliations et de dégoûts qu'il avait soufferts avec une dédaigneuse résignation ^ s'était enfin réuni dans le local qu'on lui avait destiné. L'ambiguité des ordres donnés au nom de la couronne laissait subsister tout entière la grande difficulté que la convocation avait soulevée. Les trois ordres voteront-ils séparément? ou hien les suffrages seront - ils comptés par tète sans distinction d'ordres ? telle était cette difficulté dont la so lution devait décider du sort de la France.

Certes, la chose avait été préjugée même par le pouvoir exécutifqui avait ordonné que le tiersétat aurait une représentation double de celle accordée à chacun des deux autres ordres ; elle était mieux décidée encore par une autorité bien au-dessus de celle des rois , par les éter^ netles lois de la justice et de la raison , qui voulaient que les représentants des dix- neuf vingtièmes de la nation ne fussent pas frappés d'impuissance devant les mandataires d'un vingtième privilégia.

Cependant la noblesse et le clergé , dominés par leur égoïsme de caste et par leurs vieux souvenirs dont ils n'avaient pas appris à se défaire , refusèrent dès le principe de se réunir à nous pour vérifier les pouvoirs en" commun. L'opposition du clergé fut faible et cauteleuse ; le nombre des partisans de la réunion y était imposant. A la première séance^ une dizaine âe voix décidèrent la majorité. La noblesse fut plus hostile ou plus franche ; à peine si la cause populaire y compta quelques défendeurs. Nous les avons vus plus tard , malgré ce premier élan patriotique, revenir timidement aux idées de leur ordre qui n'existait plus , et trahir les intérêts du peuple comme ils avaient trahi ceux de l'aristocratie.

La conduite des communes ( c'est ainsi qu'on les nommait alors ) fut noble et digne ; elles attendirent avec impassibilité les ordres privilégiés qu'elles afaient invités à se réunir à elles pour les opérations préliminaires et la constitution de l'assemblée. Rien ne put nous émouvoir, ni les dédains affectés de la noblesse et sa sécurité apparente , ni les obséquieuses ho-

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mélies du clergé et son intervention intéressée. Forts de notre inaction, nous mettions notre confiance dans l'avenir et dans le peuple.

Notre assemblée n'avait pas d'existence légale , nous ne la considérions nous-mêmes que comme une agrégation d'individus présentés pour les états-généraux; elle n'avait pas même un nom. Le doyen d!èige maintenait l'ordre , et le temps de nos séances se passait en conversations particulières, ou à régler quelques détails de police intérieure , ou bien à fijxer l'état de nos rapports et de nos négociations avec le& ordres dissidents.

Ces préludes insignifiants permirent à peînç^ à quelques noms de se faire jour au milieu d'une réunion de près de six cents membres. Les plus pressés de se faire entendre ne firent pas fortune aux yeux de leurs collègues, et cette défaveur , attachée à leurs débuts, n'a pas été sans influence sur la manière dont on les a ultérieurement appréciés, et sur la route que l'amour-propre blessé leur a fait suivre.

Malouet, député de Riom , se signala dés nos premières séaijices par de nombreu$e& motion.»

qui eurent toutes le même sort , et furent împitbyablemeht rejetées. Certes ^ je n'ai pas eu^toujours le bonheur de faire accueillir fevoraWement par l'assemblée les propositions que je lui ai présentées ; mais au moins n'ai-je pas lassé fta patience par un tissu de phrases eMortillées^ ou d'abstractions métaphysiques , propres tout au plus à embrouiller ses discussions , et qui ne pouvaient avoir aucun retentissement au dehors. Du moins , si mes idées étaient perdues pour l'assemblée qui refusait d'en profiter , elles n'étaient pas sans utilité p&w fe peuple , vers lequel elles étaient toutes tournées^ et qui m'en a su gré. Ou Malouet était égaré par un esprit faux , ou il avait déjà quelque arrière-pensée ^ quelque vague et lointain désir de rattacher ^ comme il l'a fait depuis^ sa cause à la cause aristocratique.

Après lui, l'orateur qui prit le plus »ouv^nt la parole, dans nos réunions préparatoires, fut Mounier, homme d'un talent bien supérieur à celui de Malouet,mais d'un esprit timider, et disposé comm« lui h déserter le parti du peuple. Il a fait plus, il a quitté son poste de député, pour aller

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faire dans sa province des fanfaronnades de guçrre civile. C'est là une démarche quMl serait facile de qualifier : quant à mot , j^estime plus Maury, Despréménil et autres qui n^ont pas craint de défendre jusque la fin une cause dés-* espérée , que ces hommes k prétendus principes , à idées semi-libérales , ces monarchiens , qui se sont dépités, comme des enfants en voyant se fondre leurs bulles de savon, et ont cru frapper l'assemblée d^un coup mortel en la privant de leurs personnes.

La motion la plus remarquable de Mounier fut celle relative au nom que prendrait rassemblée en se constituant (i) : bien qu'elle ait été vivement appuyée, je Tai toujours regardée comme une proposition ridicule , et propre à laisser subsister cet état d'incertitude dont nous vou lions nous tirer. A plus forte raison , pouvait-oxi lui faire le reproche que Mirabeau adressait à la motion de Siayes, d'être insignifiante , puisque la réunion des ordres exigerait son changement.

(i) Mounier avait proposé à se« collègues de se constituer en assemblée légitime des représentants de la majeure partie de la nation , agissant en l'absence de la mineure partia. (Note de l'éditeur. )

Mirabeau! voilà l'homme éloquent et fort de nos premiers jours de représentation populaire : voilà l'assemblée constituante incarnée. L'ascendant merveilleux qu'il a pris sur nos délibérations n'étonnera pas ceux qui Pont vu à la tribune. Il fallait, j'en conviens, une grande fermeté d'ame^ un sang -froid à toute épreuve pour résister à l'entraînement de sa parole. Dès nos premiers débats , il prit sa place , et cette place fut la première. Je crois encore l'entendre nous jeter du haut de la tribune ces hautes et retentissantes paroles (i) : « Oui, c'est parce que le nom du peuple n'est pas assez respecté en Fraace , parce qu'il est obscurci , couvert de la rouille du préjugé ; parce qu'il nous présente une idée dont l'orgueil s'alarme et dont la vanité se révolte ; parce qu'il est prononcé avec mépris dans les chambres des aristocrates ; c'est pour cela même que nous devons nous imposer non seulement de le relever , mais de l'ennoblir, de le rendre désormais respectable

(i) Mirabeau avait proposé à rassemblée de se constituer sous le nom de représentants du peuple français.

( Note de Tédîteur. )

aux ministres, et cher à tous les cœurâ. » Je me serais volontiers rangé à l'opinion de Mirabeau dans cette discussion mémorable, mais l'assemblée n'était . point encore mûre pour ces hautes vérités ; à la veille de faire la conquête des choses, elle s'effarouchait encore des mots. Elle ne voulait pas être peuple y (juand il fallait s'en faire gloire.

Ces débuts brillants de Mirabeau m'attachèrent à son talent : il me sembla voir en lui l'homme appelé à réaliser toutes les espérances des bons citoyens. Attaqué par lui dans plus d'une circonstance, j'ai négligé, oublié ce que ses vives agressions pouvaient avoir de pénible pour mon amour-propre , mais j'ai gémi sur des erreurs qu'il ne m'était pas permis de croire involontaires. Avec un génie si puissant , quand il tenait dans ses mains les destinées de sa patrie, renoncer vivant à ce beau rôle, et peutêtre se vendre pour un peu d'or !.... Non , quel que soit le prestige qui entoure le génie , la vertu seule est adorable.... J'ai admiré Mirabeau comme un des plus beaux ouvrages de la création ; quand il parlait , j'étais suspendu à ses lé-

vres ; aujourd'hui il repose au Panthéon : j'ai contribué moi-même à ce grand acte de la reconnaissance nationale ; mais pour sa gloire^ je voudrais lui conserrer moins d'admiration et plus d'estime.

La discussion mémorable que je viens de rappeler avait été soulevée par un homme qui arrivait à l'assemblée avec une réputation immense. L'abbé Sieyes avait pris rang parmi nos publicistes les plus distingués , par sa brochure Qu'est-ce que le tiers-état? Ses paroles étaient attendues comme des oracles , et comme les oracles, il n'en a pas été prodigue. Mirabeau, qui maniait le sarcarme avec une supériorité qu'on n'a jamais approchée,- porta un coup mortel à Sieyes en disant de lui : le silence de Sieyes est une calamité publique. C'était dire , et il ne s'en cachait pas : Je lui ferai une imputation quil ne pourra supporter. En effet, Sieyes , prenant au sérieux l'ironie de Mirabeau, s'est avisé de sortir de sa taciturnité pour imposer ses idées à l'assemblée , tantôt en défendant les abus du clergé, tantôt en présentant comme modèle une profession de foi qu'on ne lui demandait pas; il

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«'est perdu dans l'esprit du peuple. Tout ce qui restera de lui comme législateur, ce sera peut-être sa motion de nous constituer, et sa fameuse phrase, qui du reste était dans tous nos coeurs : Nous sommes aujourd'hui ce qtte nous étions hier, délibérvns(i).

L'assemblée était définitivement constituée : une délibération prise par le clergé avait eiifin décidé en notre faveur la question de la vérification des pouvoirs en commun. L'aristocratie était aux abois. La chambre de la noblesse n'opposait que des bravades à notre conduite ferme et mesurée : ses tnembres , en vrais chevaliers croisés, ne délibéraient plus que la main sur i'épée pour contenir les dissidents. La cour était dans une anxiété mortelle. Le parti qui avait juré haine et guerre à notre régénération s'agitait dans Pombre et menaçait d'un dernier effort. On le tenta, et la séance du jeu de paume vint mettre au jour la faiblesse des partisans du privilège , et la puissance dont le peuple avait revêtu ses mandataires.

(i) Mot de Sieyes à la suite de la séance royale du 25 juin. (Note de Tëditeur. )

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Belle et grande journée en effet, qui fut pour nous l'aurore d'une ère nouvelle! Les représentants de vingt-cinq millions d'hommes, chassés du lieu de leurs séances, se réunissant, se pressant les uns contre les autres , puis , la main sur le cœur , et les yeux baignés de douces larmes, jurant de ne point se séparer jusqu'au moment où ils auront achevé l'œuvre auguste de la constitution du royaume ! Tous, réunis dans un seul sentiment, sont prêts à sacrifier leur liberté , leur fortune , leur vie à la cause sacrée qu'ils ont juré de défendre. Tous je

me trompe : un seul(i) proteste contre la délibération , et son opposition manifestée au bas de l'acte immortel vient attester la modération et le calme qui ont présidé à cette détermination magnanime..

Après un pareil acte , la cause des abus , des privilèges, des excès et des injustices de l'ancien régime était définitivement perdue. La cour aurait dû le sentir, elle s'en garda bien. C'est le pays des illusions, el l'on renonce avec trop de

(i) Martin d'Auch.

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peine à toutes celles dont on a bercé sa vie , pour ne pas y croire encore lors même qu'elles s'évanouissent. On voulut essayer d'une séance royale^ettraiterl^ssembléenationaleavecaûssipeude façon qu'un parlement. Ce fut le ^3 juin, quand nous palpitions encore tous du souvenir du jeu de paume, qu'eut lieu cette fastueuse et dernière représentation du pouvoir absolu. Pour s'aliéner plus sûrement l'esprit des communes , on nous laissa pendant plus d'une heure à la porte de la salle, exposés h la pluie, pendant que les ordres privilégiés étaient déjà introduits et placés. *

Je ne rappelerai pas les détails de cette singulière séance, qui nous paraîtrait aujourd'hui un rêve, si nous n'y avions assisté, tant les résultats ont été ridicules et nuls. Imaginez des menaces, des remontrances sévères' , des protestations d'amour pour le peuple, jointes à une violation flagrante des^droiti^ de ses mandataires, l'annulation de nos travaux, enfin je ne sais quel octroi de constitution qu'on qualifiait de bienfaits accordés à la nation ; et après tout ce fracas de paroles, après ces limites arbitraires imposées aux représentants en vertu du bon

plaisir, concevez une assemblée k laquelle on ordonne de se séparer, et qui demeure immobile ; dont on vient d'annihiler tous les décrets , et qui y persiste ; que Ton a voulu frapper de terreur ^ et qui paraît n'avoir vien vu, rien entendu, tant il y avait en elle de respect pour sa propre dignité, et de compassion pour un prince qu'on égarait.

Le lendemain, le surlendemain, on eût dit que cette séance n'avait pas eu lieu ; la majorité du clergé , la minorité de la noblesse , se soumirent à la vérification commune* Bientôt la cour éprouva elle-même la frayeur qu'elle voulait nous donner, et le reste des dissidents reçut l'ordre dé se réunir à nous.

Nous avionsdonc enfin reçu le prix de notre persévérance. Les députés du peuple se trouvaient en présence des hommes du privilège, de pair avec eux, en mesure de leur demander compte de l'usurpation de ses droits , de la spoliation de ses biens, et décidés à faire redresser les abus et les injustices , en proclamant enfin ces principes d'égalité et de liberté si odieux ^ux privilégiés. Mais tout n'était pas encore fini avec les intri-

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gants qui avaient juré de jeter les brandons de la guerre civile au milieu de la France. Des rassemblements considérables de troupes furent effectués dans les environs de Paris* Versailles fut tout d'un coup rempli de régiments étrangers qui ne pouvaient , comme les gardes françaises^ ressentir des étincellesdu feu patriotique. Tout annonçait de sinistres projets. VaineiDent l'assemblée avatt^elle , par l'organe de son pré»sident , supplié le roi de renvoyer ces troupes dont là présence avait jeté Paris dans la consternation. La réponse du prince fut loin d'être satisfaisante : au lieu de l'éloignement des troupes, c'était celui de l'assemblée qu'il offrail: d'effectuer. On nous fit l'ironique proposition de nous transférer à Noyon ou à Soissons« Et cependant déjàquaraïité mille hommes étaient campés entre Versailles et Paris; on annonçait de nouveaux corps», et chaque jour l'arrivée de trains d'artillerie , de chariots d'armes , donnaient à ce rassemblement de troupes un appareil plOs formidable . Neckcr était alors l'idole du peuplé, on le renvoya. Le ministère fut recomposé, et le nom des nouveaux conseillers du prince mettait

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à découvert les projets anti - révolutionnaires cju'on ne croyait plus nécessaire de cacher.

Nous connûmes cette révolution ministérielle le 12 juillet au matin. Camille Desmoulins, qui venait de temps à autre me voir à Versailles, s'y était rendu ce jour-là même pour me faire part des inquiétudes auxquelles toute la capitale était livrée. Quand il apprit le renvoi de Necker, il tomba dans une agitation convulsive et me dit : Tout est perdu,mon ami ; nous allons être sabrés, assassinés : il faut jouer le tout pour le tout. Je vais au Palais-Royal. Il m'embrassa et partit.

Sa conduite dans cette journée contribuapuissamment aux miraculeux événements qui changèrent la face de Paris, et renversèrent les projets de nos oppresseurs. Quand une ville entière • sf été amenée à cet état de stupeur et d'appréhension pour son bien-être, qui ne permet plus de craindre le danger, il suffit d'un enthousiaste, d'un homme dévoué , pour la remuer , la précipiter dans le danger même , et faire d'une masse inexpérimentée un corps de soldats héroïques. Camille, avec sa tête ardente et son courage

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dPenfant perdu, était Fhomine de semblables fêtes. „

C'est à PaHs , c'est les 12, 1 3 et 14 juillet,. que la révoltrtioh reçut sa sanction définitive. Dès que le peuple se fut mesuré avec l'armée; dès qu'il se fut organisé en gardes nationales; dès que le botilevart du despotisme , la Bastille , fut tombé entre ses mains, il fut avéré qu'il était le maître, et que le. pouvoir exécutif subirait sa loi souveraine.

Ces grandes journées firent évanouir pour le moment tous les projets de la' cour. L'émigratîon commença et délivra le prince de ses plus dangereux conseillers. L'assemblée, qui avait siégé jour et nuit dans-de continuelles alarmes, obtint enfin le renvoi des troupes. Le roi lui-

même voulut venir lui donner cette nouvelle, qui fut accueillie par d'unanimes applaudissements. La prise de la Bastille l'avait glacé d'étonnement; il avait vu dans cet événement une révolte. Son grand-maître de la garde-robe, homme assez populaire , lui fit comprendre que c'était une révolution.

La joie des députés dévoués au peuple fut ex- II. 2

trèrtié^ec telle était la haine qu'inspiraient les intrigues des courtisas k tous Jes hommes doués dé quelque amour pour leur pays, que des mékobrés dé l'asseitiblée , connus par la timidité ée leu^s pdnoipes, comme Glermont et Moumer, partagèrent hautement Qptre ivresse, et proclamèrent le i4 juillet U plus beau jour de teaV Vie.

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