CHAPITRE II
Débuts de^KobespîeiTc à ^asseInL^éc. — Motion de Lally- Toleodal. ' — Robespierre la CQiniMit. — Ses discours danj» les séances suivantes.: — Letti*es saisies sur le baron de Casteinau. — Affaire du baron de BezenvaL — Séance du 4 août. — Principes de Robespierre sur la presse. — Sur IHnpâi;. — Motions diverses. — Felo absolu , t^eto * suspensif, r— Eenouvelletnent de I4 repi'ésentation nationale. — Journées des 5 et 6 octobre.
Je n'avais point «ncore pris la parole à Tas* sejublée. Pénétré de rimportâAce de mes ibnclions ^ et frappé des grandes difficultés qu'elles présefiMtaient, je. bissai aux plus hardis, aux pluA habiles, le soin d'habituer leurs collègues et le piibUc au9c formes graves et sévères des assemblées déUbéiiaiites , et je me recueiltis en moimême , prêt; à £aire iEiH>n profit des succès et des échecs qui^ la trilMiné devait offrir à ceux qui les premiers oseraient l'aii^aoter.
Ce ue fut que quelques jours après le i4 juillet que je me hasardai à prendre la parole. Une motion faite par Lally-Tolendal m^en fournit Foccasiôn. Ce député, quî^ au dire de Mirabeau, sentait là où il fallait penser , avait fait , dans la séance du 20 , une motion tendante à ce que l'assemblée adressât aux Français une proclamation pour les inviter à maintenir l'ordre et la paix, à conserver le respect dû aux lois et au roi , et à ne pas cesser d'avoir confiance dans le zèle de leurs représentants. Il voulait de plus que l'assemblée statuât que quiconque troublerait désormais l'ordre public serait livré à la justice , et ne pourrait être puni que par elle. Il demandait enfin que le roi fût prié de donner sa sanction à cette proclamation , et d'ordonner qVelle ferait envoyée dans toutes, les provinces, et lue au prôn^e de toutes les paroisses.
Malgré les formes sentimentales dont Lally enveloppait sa proposition , malgré les éloges embarrassés qu'il adressait aux habitants de Paris^ il n'était pas difficile de reconnaître qu'elle renfermait une désapprobation timide de la con-
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ciuite tenue par le peuple dans les glorieuses journées des 13 , i3 el i4 juillet. Tout en vantant les grands résultats que l'énergie des Parisiens avait amenés , cette motion avait pour but dd décourager les citca^yens, de -paralyser leur zèle , en faisant considérer, comme criminel, et digne d'une répression, exemplaire, l'usage du plus sacré de leurs droits. •
Quelques orateurs, en essayant de combattre M. deLally , avaient tourné autour de la question ; je ne crs^ignis pas de l'aborder en face. « Il faut aimer la-paix , dis-je à l'assemblée, mais (( aussi il faut aimer la liberté avant tout. Aua- « lysons la motion de M. de Lally ; elle piié^i^ente « d'abord une disposition contre ceux qui ont «défendu la liberté. Mais y a-t-il rien de plus «* légitime que de se soulever contre unaoonju'> « ration horrible , formée pour perdre la nationi? « L'énaeute a étéo'ccasionnéeiiPoissy, sous prête texte d'accaparements ; la Bretagntj est en (jc paix, les provinces sont tranquilles, laprocla- <( mation y répandrait l'alarme , et ferait perdre « la confiance. Nç faisons rien avec précîpita- « tion : qui nous a dit que les ennemis de Té-
a l;at aeront encore ch^oùtés d^ Tînlngue? i> Ces dernières paroles s'adressaient bvlx hoitimes qui s'obstinaient à isoler l'insurrection des citoyens de Paris de tontes les menées criminettes qui l'avaient précédée et nécessitée ; elles eurentl'effet que j'en attendais. La motion, reiiYoyéo dans Içs bureaux^ na ftrt; adoptée^ quelques jours après , qu'avec de très gratndes modifications qui la dépouillaient de tout ce qu'elle avait d'hostile pour le peupje^ et la réduisaient à un simple exposé de faits.
Si la proposition de Mr Lally avait fait voir l'abus qu'on pouvait faire des phrases sentîmei^es, la discussion à laquelle donna lieu la saisie des lettres du baron de Castelnau (i) prouva qu'on pouvait faire un abus plus grave encoie^e certains principes , qui , justes et vrais ea êuxHQQémes , n'en doivent p^s moins plier devant l'intérêt du salui public
Dés que cette saisie eut été dénoncée à l'assemblée , on ise récria de toutes parts sur l'in-
(i) Le baron de CastelDaiu avait été arrêté sur le pont Roj^al, porteur de quatre lettres, dont une adressée h M. le compte d'Aitois ( Note de l'éditeur. )
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violabilîté du secret des lettres ; on demaadè naïvement que celles-ci lui fussent restituées; je m'y opposai de toutes mes forces, k Les mé^ nagements pour les conspirateurs^ disais«je en cette occasion . sont une trahison envers la peuple )) : mes efforts furent vains , rassemblée ne comprenait pas alors , elle n^ jamais bien compris depuis tout ce que le salut public exige de sacrifices de la part des droits et des intérêts privés. La Franco et elle ont payé obérées tlh tonnements et ses illusions/
Necker, que l'assemblée redemandait agrandis cris, était enfin de retour. Idole d'un jour , il s'était rendu à Paris pour recueillir les applau<* dissements du peuple qui devait bientôt recon* naître combien peu il avait h compter sur cette ame pusillanime et dévorée d'oi^eil. Nageaiit dans l'or , le banquier genevois n^-ambitionnajt plus que lapopularité. Dans un beau mouvement de sentimentalisme ( car c'était là une mala^ die h la mode chez lui et les hpmmes de son parti ) il s'était avisé de demander à Fsissemblée des électeurs une amnistie générale en faireur des détenus politiques. Son but principal était
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de «auver son compatriote , le baron de Bezenval. EntFa;inés par un fol enthousiasme , les électeurs avaient accueilli .sa proposition; mais les districts^. mieux éclairés sur leurs droits et leurs devoirs^ cassèrent Parrêté du conseil des électeurs , etceux-çi , se ravivant , eurent honte de leur imprudente mesure et la révoquèrent. , L'assemblée nationale ayant été investie de la connaissance de ces faits par la dénonciation que lui en fit une députation du district des Blancs-Manteaux, Mounier, Lally et Clermont- Tonnerre vinrent encore faire de la sensibilité h la tribune. Mirabeau présenta la question dans son vrai jour, avec cette vigueur et cette netteté d'idées qui caractérisent son éloquence. Je pàr^ laî après lui pour réclamer dans toute leur rigueur l'application des principes. Je demandai que les hommes suspects à la nation fussent soumis à des jugements exemplaires. « Voulez- « vous , continuai-jje , calmer le peuple ? parlez- (( lui le langage de la justice et dfi la raison. « Qu'il soit sur que ses ennemis n'échapperont « pas à la y engeance, des lois , et les sentiments «de justice succéderont h ceux de la haine. »
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Ces principes furent goûtés, et la popularité de Necker reçut dès-lors un échec dont elle ne s'est pas relevée.
Les séances de rassemblée s'éeoulaient dans l'examen des questions, fondamentales de l'acte constitutionnel qu'elle devait décréter. Plusieurs nuances bien distinctes que j'aurai l'occasion de mieux signaler plus tard , commençaient à trancher les différentes opinions. Une remarquable séance parut un moment faire disparaître ces nuances et les fondre en une seule f je veux parler d/e la nuit du 4 août : on eût dit que les privilégiés s'étaient donné le fnot , ou bien qu'ils voulaient faire assaut de générosité. Il est vrai que l'on pouvait regarder ce désintéressement inusité comme un peu contraint , et que la crainte «entra pour beaucoup dans leur détermination : car, avec quelque prévision de l'avenir , il était facile à ces naessieurs d'apercevoir que les abus sous lesquels le peuple avait si long -temps gémi ne pourraient . plus subsister au moment de son réveil.
Quoi qu'il en soit, ils s'exécutèrent de bonne grâce. Les Noailles, les d'Aiguillon , les Guiche,
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lés Mbrtemart ^ les Montmorency, M. de Foucault lui - même , viennent expressément ire^ noncer à leurs droits , exemptions , privilèges; le clergé est entraîné par cet exemple. Les députés du tiers se présentent à leur tour au nom de leurs villes , de leurs provinces , renonçant aux privilèges qui leurs sont propres; et pour consacrerle souvenir decettemémorable séance, un grand seigneur, le'ducdeLîancourt, propose de frapper une médaille en sa mémoire. L'archevêque de Paris offre un Te Deum , et Lally Tolendal réclame pour Louis XVI le titre de restaurateur de la liberté française.
Certes , ces déterminations de l'asseniblée , fruit d'un moment d'enthousiasme que le caractère français rend si communicatif . étaient
bien loin encore d'être l'exacte jurtice ; mais on était si peu habitué à ces élans de générosité de la part des corps privilégiés , que leurs prétendus sacrifices furent presque feçus comme des bienfaits et avec reconnaissance. D'ailleurs , en détruisant les privilèges , on enlevait la base de l'ancien édifice , on creusait un abîme entre la France régénérée et la France
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féodale : tout était dit sur la question de notre affranchissement.
Je ne pris point la parole dans cette circonstance , et ce n'était point à rious , députés du tiers , à le faire. Notre devoir était d'enregistrer silencieusement nos conquêtes-, et de laisser les ennemis du peuple se dépouiller^ h son profit des droits <iu'ils araient usurpés sur lui.
La discussion de la déclaration des droits se continuait ; bientôt se présenta l^importante question de la liberté de la presse. J'ai eu plus tard roccasion ^% la traiter , notamment à la^société des amis de la constitution , j'en parlerai plus en détail : il ne s'agissait alors que d'établir le principe. Quelques membres Voulaient qu'on le fit suivre de ces restrictions^banalesqui ne sont bonnes qu'à fournir des armes au despotisme^ Je m'y opposai avec chaleuren ces termes: « Vous ne devez pas balancer à déclarer fran- (( chement la liberté de la presse. II. n'est ja- « mais permis à des hommes libres d'exprimer « leurs droits d'une manière ambiguë; toute « modification doit être renvoyée dans la con-
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(( titution; le despotisme seul a imaginé des « restrictions : c'est ainsi qu'il est patrvenu à
« atténuer tous les droits Il n'y a pas de
(( tyran sur la terre qui ne signât un article (( aussi modifié que celui qu'on vous pro-^ « pose (i). >^
Les mots ont souvent une valeur qui ne ressort ^pas d'elle-même, et qui peut prêter à d'étranges contradictions , dés que quelqu'un est intéressé à en abuser» Le projet d'article relatif à l'impôt, que nous présenta le comité de constitution , offrait toute l'ambiguité qui résulte d'une définition mal assise et^^'une rédaction entortillée. Je rappelai les véritables principes sur le droit qu'a la nation de faire seule la loi de l'impôt ; je prouvai que les rédactions proposées ne l'exprimaient pas sufiisarament, et qu'elles, l'altéraient au contraire, a La loi de consentir l'im- « pôt , disais-je , suppose le droit de faire la loi
(t.) L'article en dissussion fut adopté en ces tennes : La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme; tout citoyen peut donc parler, écrire ^ imprimer librement , sauj'à répondre des abus de cette liberté , dans les cas déterminés par la loi. (Note de l'ddîteur. )
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« de l'impôt , au lieu que l'article proposé ne « donne à la nation qu'une espèce de a)eto. Ce-- «pendant le principe était reconnu avant que «la nation eût repris le pouvoir législatif; au- « jourd'hui que ce pouvoir ne peut pas lui « échapper , son droit est-il donc de se boffn^r n à examiner et à consentir l'impôt , ou doit-elle <( faire la loi ? Qi^ant à la définition qui doit être t< doilnée de l'impôt, je l'appellerai une portion « de la propriété des citoyens misé en dépôt et en (( commuii pour l6s besoins publics ; ainsi ^ il est « impossible d'exprimer les droits de la nation (( sans parler de la formation de la loi qui lui est (( dévolue (i). » .'
C'étaient là, du reste, de pures discussions nnrétaphysiques ; mais la suite a prouvé que j'avais raison, et dans toutes les discussions d'impôts
(i) Les observatioDS de Robespierre ne furent pas admises. Le mot consentir , qu'il voulait remplacer par le mot établir j fut conservé, et la définition reti'anchée. L'article fut décrété en ces tennes ; Chat^ue citoyen a h droit ^ par lui-même ou par ses représentants , de constater la nécessité de la contribution publique , de la con^ sentir librement , d'en suis^re l'emploi et d'en déterminer la quotité y l'assiette, le recouvrement et la durée.
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rassemblée s'est dirigée d'après lés principes qiie j'avais exprimés.
Le 2S août<) je pris la parole pour fixer Fordre de la délibération ; c'était une pure discussiou de forme 1, et je ne la rappelle que parce que , ayant été interrompu et rappelé à la question , je fus appuyé par Mirabeau ; je ne l'ai pas tou*** jours trouvé aussi coinplaisant et aussi juste à mon égard ^ mais alors il me témoignail: une véritable amitié. Peut-être espérait-il m'ameoer à lui et me jeter dans le tourbilloi) d'intrigues où il s'était lancé. Il me connaissait bien maL
Le mois de septembre vit s'agiter au milieu de nous les plus hautes questions que les mandataires du peuple puissent être appelés à discuter. Tous les principes du droit naturel, toutes les théories du gouvernement ^ toutes les formes d'action, tous les modes de vue publique, furent successivement passés en revue. Les décisions furent molles et timides : elles suffirent néanmoins pour aous assurer la conquête de l'avenir. La question du veto fut lapremiére soumise à nos délibérations. Les partisans du despotisme firent de vains efëarts pour défendre le vetoub-
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soiu; on les força dand leurs derniers retranciicn^bts : le principe de la souveraineté du peuple fut reconnu et proclamé bon gré malgré. Dèslors, le système du veto absolu devenait insoutenable. On se rejeta âur un terme moyen : c'était la manie dé l'assemblée. On mit en avant le veto Suspensif. Le ministi^ Neckeri, qui voulait mettre à profit le reste de ison influence.) souffla cette idée à ses amis. Je la combattis de toutes mes forces , je fis voir le ridicule et la lâcheté de cette composition. Je ne dissimulai pas ce qu'il y avait de coupabledtos le calcul de certaines gens qui se présentaient alors comme les plus «élés défenseurs du peuple^ et qui, tout en convenant que le veto rùyai^quel qu'il fût , était contraire aux TraÎB principal , feignaient néanmoins de croire qu'il ioiltait se réfugier dans le système du veflOMspendif pour échapper au veto absolu. Ma sià(c&rité leur déplut fort ;. on comnoençait déjà àme regarder çomine un homme insociable, parce que , riamienant chaque discussion aux principes , je fie voâiatô ni composer sur les droits du peuple, ni ménager des droits illégitimement acquis. Mes efforts furent inutiles,
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et le veto suspensif fut admis (i). Quelques jours d^fHïs je réclamai pour le peuple l'exercice fré- ' quent du. drjoit d'élection , et à cet effet j'appuyai la motion de Lepelletier , qui 'demandait la rénovation annuelle et intégrale de l'assemblée : xette motion fut rejetée. Le 3o, je parlai en faveur de quatre citoyens d'Avesnes, qui avaient été victimes d'une arrestation arbitraire ; la violence commise à leur égarcj était un attentat contre les lois et la liberté; attentat d'autiant plus répçéHensible , que tout leur crinje était de s'être assemblés pour nommer une nouvelle itiunicipalité., ainsi que l'avaient fait plusieurs autres villes, et notamment Paris , sous les veux de l'assemblée nationale. Je demandai don^;; que , puisque le comité des rapports avait trouvé qu'il n'y avait pas lieu à suivre contre le Comte d'Estherazy-, commandant de la province, l'assemblée déclarât au moins la procédure faite contre eux attentatoire aux droits et à la liberté des citoyens. Elle décréta qu'il n'y avait lieu à dé-
(i) Voyez aux pièces justificatives, lettre A, les passages les. plus saillants de ce discours.
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libérer. Comme on le voit , je n'étais pas heureux dans mes motions ^ mais je me consolais de mes échecs, en songeant; que je.travailHiis pour le peuple , et qu'il saurait recoiinaitre mes services.
Dans la matinée du 5 septesobre^ Mounier, président de rassemblée, nous lut la réponse faite par le roi au sujet de la déclaration des droits de l'homme et des décrets constitutionnels
présentés k sa sanction. Cette réponse ambiguë , où les termes sacrameiRtels étaient éludés , où le prince donnait non paft sacsanctiony mais son accession hxïx décrets, t^crta uA mouvement de surprise et d'indécision dans l'assemblée. La réponse n'avait pas été comprise, et l'on n'osait s'expliquer, ti Tout vous fait âssezîconniaître, « dîs-je dans cette Circonstance, que les ministres « veulent rivaliser d'autorité avec la nation ; on <( a sanctionné vos arrêtés, les lins par un arrêt « du conseil avec les formes anciennes dii desa potisme , car tel est notre bon plaisir; un autre c( est transformé en règlement , et le roi fait des (( lois sans vous , tandis que vous n'eii pouvez
« faire sans lui.. Vous ne pouvez fermer les yeux lî. 3
i( sur la réponse du roi ^ sans renoncer à avoir « uoe véritable constitution; » Je proposai donc i^ de reconnaiti^ qu'aucune puissance humaine ne peut former obstacle à .la constitution qu'un peuple veut se donner ; 2° d'arrêter que le refus su$pensif fût restreint aux actes législatifs.
L'assemblée se décida à une demi-mjesure peu dign^ d'elle. Elle arrêta que son président ^ à la tête d'une députation y se retirerait devers k roi, à tejffèt de le supplier de vouloir bien donner son acceptation pure et simple à la déclaration des droits de l' homme -^t du ciiQjren^ et aux articles de la constitutioj^ (fui lui ont étéprésentés .
Mais<ieséyénemei!itabienplusimportantsque ces tTaioasseri^ intérieures allaient faire faire un pas imrnense à la cause populaire; Les intrigants de cour avaient repris leurs menées avec, une nouvelle ardeur. Des troupes étrangères encombraient Versailles; des repas, des orgies avaient eu lieu ) et le désordre des convives avait trahi des secrets que le peuple avait le plus grand intérêt à connaître. On parlait hautement d'emmener le; roi à Metz , de dissoudre l'assemblée , d'anéantir jusqu'à l'espoir d'une constitution.
Les citoyens de Paris Turent atterrés à cette nouvelle, mais bientôt l'indignation ctoujifh todt autre sentiment , et l'on prit des mesures énergiques qui allaièn t sauver la patrie .
Je n'entrerai point dans des détails que toute la terre connaît. Je suis étranger aux petites intri^^ gués qui ont été mises eo jeu dans la crise des 5 et 6 octobre. Dans toutes , celles qui ont marqué notre révolution , je n'ai vu quei'intérét du peuple : peu m'importait que spn bien^trc lui arrivât par des mains impures; tôt ou tafd les ambitieux devaient être démas;qués. La justice du peuple est plus sûre que celle du ChÂtelet.
L'assembléeavait décrété, le 6 octobre, qu'elle était, inséparable-de la personne du roi ; mais les dispositions nécessaires pour préparer un local convenable ne lui permirent p^is de venir suivre ses séances, à Pajfis aviantlé 19 octobre. Dans cet intervalle , je parus à [^:Lsieurs reprises à la tri^ bùne, entre autres pour demander la suppres* sioii de l'antique formule des arrêts du conseil , car telest Moife bon plaisir..
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