INTRODUCTION. IX
discours Des Mœurs et de leur influence sur la prospérité et la décadence des empires, dont le sujet et le titre trahissaient un penchant pour les idées nouvelles ; mais, n'ayant pu obtenir une approbation préalable, il se contenta d'en faire une brochure, qui fut insérée plus tard dans son Histoire naturelle *. Cet échec n'empêcha pas d'ailleurs qu'il n'obtînt des États une mission importante. Conjointement avec un nommé Malherbe, il fut chargé de continuer l'histoire du Languedoc, que les Bénédictins avaient conduite jusqu'à l'année 1643. Les deux liistoriographes commencèrent leur travail, mais la Révolution devait bientôt le suspendre, et il n'en est resté d'autre trace que deux décrets qui leur accordent le remboursement des dépenses extraordinaires faites à ce sujet de 1789 à 1792 ^.
On était arrivé à la réunion des État? généraux : l'abbé Soulavie se rendit à l'assemblée électorale du clergé, mais il « se refusa d'y dire un seul mot, parce qu'elle ne fut libre qu'une heure seulement ». C'est lui-même qui le dit dans une lettre curieuse au président de l'Assemblée nationale, en date du 3 mai 1789, et par laquelle nous connaissons plus d'un fait intéressant pour sa biographie '.
Outre cette mise au jour des Mémoires de Saint-Simon dont il serait injuste de nier l'importance, Soulavie produisit dans le courant de l'année 1789, sous le couvert de l'anonyme, deux ouvrages d'actualité, pour lesquels il eut, dit-on, la collaboration d'un de ses principaux protecteurs, le duc de Luyues :