Cf. Causeries dit lundi, t. VIII, p
constance d'un conclave obligea le nouveau cardinal d'y aller, et le Roi le laissa partir. S. M. fut très contente de le voir à trois cents lieues de lui et d'y être dans une place à laquelle assurément son entrée dans le monde ne pouvoit lui faire imaginer de pouvoir atteindre.
Voici comment ces souvenirs sur l'affaire de Closterseven et ses suites sont consignés à la fin du mémoire de 1783 ; ils sont assez différents de ce qui précède.
« Trois semaines ou un mois environ avant la bataille de Rosbach, le duc de Richelieu fitprisonnière l'armée ennemie, lui fit signer une capitulation, et, après que ces troupes eurent pris les chemins qu'elles dévoient suivre, il crut bon de son côté, de ne pas perdre un instant pour marcher au roi de Prusse. Pendant ce mouvement, il trouva à Brunswick un homme qui lui apporta la lettre du roi dont on va donner la copie, ainsi que de la réponse du duc à Sa Majesté Prussienne. On verra que ce prince se remettoit entre les mains du roi de France pour faire la paix.
« Ce fut cette même lettre qui acheva de perdre le duc de Richelieu, après le malheur qu'il avoit déjà eu de faire Tarmée ennemie prisonnière, et de la laisser en état d'exécuter tout ce qu'elle entreprît après qu'il eut quitté l'armée et que le roi de Prusse fut sûr que ses propositions avoient été rejetées.
« La France alors fut entraînée dans les plus grands malheurs, malgré la supériorité bien marquée de ses troupes en qualité et en nombre ».
Copie de la lettre du roi de Prusse.
Rote, le 6 septembre 1757.
« Je sens, Monsieur le Duc, que l'on ne vous a pas mis « dans le poste où vous êtes pour négocier. Je suis cepen- « dant très persuadé que le neveu du grand cardinal de « Richelieu est fait pour signer des traités comme pour « gagner des batailles. Je m'adresse à vous par un effet de « l'estime que vous inspirez à ceux qui ne vous connoissent « pas même particulièrement. Il s'agit d'une bagatelle, « Monsieur : de faire la paix, si on le veut bien. J'ignore « quelles sont vos instructions ; mais, dans la supposition « qu'assuré de la rapidité de vos progrès, le Roi votre « maître vous aura mis en état de travailler à la pacifica- « tion de l'Allemagne, je vous adresse M. Delchetet, dans « lequel vous pouvez prendre une confiance entière. « Quoique les événements de cette année ne devroient pas a me faire espérer que votre cour conserve encore quelque « disposition favorable pour mes intérêts, je ne puis « cependant me persuader qu'une liaison qui a duré seize « années n'ait pas laissé quelque trace dans les esprits. « Peut-être que je juge des autres par moi-même. Quoi « qu'il en soit enfin, je préfère de confier mes intérêts au « Roi votre maître plutôt qu'à tout autre, si vous n'avez, « Monsieur, aucune instruction. »
Le texte de la lettre du roi de Prusse, donné par M. de Valfons, n'est pas le même que celui de Richelieu. D'après le marquis de Valfons [Souvenirs, p. 312 et suiv.), le duc expédia un courrier à Versailles pour demander la permission de traiter ; mais Bernis, convaincu par l'ambassadeur d'Autriche, Stahrenberg, qui représentait toujours le roi de Prusse comme à bout de ressources, interdit toute négociation et ne permit même pas de profiter de la suspension
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d'armes. D'un autre côté, Du Verney, qu'une de ses créatures, Dernier, fait lieutenant de Roi à Halberstadt, avait persuadé de la nécessité de garder cette place, fit défendre à Richelieu de 1 évacuer avant l'arrivée de Crémille, alors adjoint au ministère de la guerre et envoyé pour se rendre compte de la situation. Finalement Halberstadt fut abandonné le 7 novembre : mais il était trop tard. Soubise qui n'avait cessé de demander qu'on marchât vers lui avait été vaincu à Rosbach, Sur la campagne de Richelieu; et sur son remplacement par Clermont, voyez les documents réunis par M. Cousin dans Le comte de Clermont, sa cour y etc., t. II, p. 104 et suivantes.
La dictée du maréchal s'arrête avec cet épisode de Closter-Seven. Il ne semble pas douteux que ces Mémoires ne dussent être continués, si le temps ne lui eût manqué ou si sa nonchalance habituelle ne lui eût fait négliger d'y travailler. Le cahier des Mémoires contient encore quelques feuillets blancs. Sur les quatre dernières pages le mare» chai a écrit de sa propre main le curieux fragment autobiographique qui va suivre. Nous le reproduisons textuellement, quoiqu'il ne puisse être regardé comme un spécimen fidèle de V orthographe de V auteur ' car ce court morceau, écrit certainement dans les tout derniers temps de la vie du maréchal, se ressent de V affaiblissement des facultés du vieillard.
xm.