XXIV INTRODUCTION
Mémoires, dont il n'est resté d'autres traces que le prospectus ^
Ainsi échoua cette tentative de concurrence où l'histoire pouvait gagner tout autant qu'elle était assurée de perdre entre les mains de Soulavie. Celui-ci, du reste, ne semble point s'en être inquiété autrement que pour mêler à ses réclames de librairie quelques allusions politiques contre l'éditeur qu'on lui opposait; la tentative de Sénac, ancienne créature du duc de Choiseul, ne pouvait être qu'une manœuvre de l'Autriche -.
Au commencement du mois de décembre 1790, et sur le ton que comportaient les circonstances, le Journal de Paris et le Moniteur ' firent paraître l'annonce suivante :
« Collectioîi des Mémoires historiques relatifs au règne de Louis XV, savoir : de Duclos, de Massillon, du Président Hénault, Maurepas, d'Aiguillon, Torcy, d'Argenson, etc., etc.
1. On verra plus loin que les papiers de Sénac et les dossiers Richelieu qu'il avait conservés revinrent en France sous l'Empire.
2. On trouve dans les Mémoires, t. VII, p. 189-190, cette note : « La cour de Vienne, mieux connue, semble se tenir, en février {192, époque de l'envoi à l'impression de ce chapitre, en état d'observation avec ses soixante mille hommes. Ce parti est très actif et très pénétrant : il a des serviteurs zélés en France, et très spirituels. C'est la crainte de la manifestation de ses allures, dont le feu maréchal de Richelieu avoit conservé toutes les anecdotes, qui suscita M. Sénac de Meilhan, la créature de Choiseul, pour opposer aux mémoires que nous publions l'ouvrage qu'il méditoit pour en empêcher la publication. Il a retiré son prospectus. Le public a refusé de souscrire pour cet ouvrage de M. de Sénac, parce qu'il attendoit de lui sans doute, non pas les Mémoires du maréchal de Richelieu, mais les Mémoires de la maison d'Autriche. M. Sénac est homme d'esprit ; il connoît à fond ce qui s'est passé à l'hôtel de Choiseul pour la maison d'Autriche ; il fut employé contre le duc d'Aiguillon ; mais, comme il est intéressé à travestir l'histoire, et qu'elle ne peut être écrite par un intendant, aucun parti, pas même celui de la cour, n'a paru curieux de ses Mémoires. »
3. Journal de Paris, suppl. du 5 décembre. — Moniteur, n» du 7 décembre.