XXII INTRODUCTION
différentes époques. Le courtisan y découvrira les résolutions qui ont déterminé les révolutions de la cour, le secret des cabales ; enfin, les femmes liront avec intérêt différentes circonstances de la vie d'un homme que les agréments de la figure et de l'esprit, sa manière séduisante et sa politesse ont rendu longtemps cher à leur sexe, etc. Courtisan habile, homme aimable dans la société, défenseur de Gênes, général, poh'tique, ami constant de l'homme le plus célèbre de son siècle pour les talents de l'esprit, — tels sont les traits qui caractérisent Richelieu, que ses agréments, sa valeur, son esprit ont fait justement nommer TAlcibiade françois. »
Lettre de M. le Duc de Richelieu à M. Sénac.
« J'ai lu, Monsieur, la Préface des Mémoires de mon père, que vous avez bien voulu me communiquer, et je vous en fais mes remerciements. Vous ne devez pas être inquiet de ce que quelques morceaux épars et isolés, tirés de ses portefeuilles seront peut-être imprimés. Ils ne pourront jamais faire un corps d'histoire et ne présenteront aucune liaison. Ces pièces sont également entre vos mains, et vous avez toutes les dépêches, tous les Mémoires de la main de mon père et toutes les lettres originales. Enfin, Monsieur, on sait quelle est ma confiance en vous, et celle de mon père l'avoit devancée. D'ailleurs, c'est le style de l'écrivain, c'est l'enchaînement quil donnera aux choses, la manière de présenter les faits, de peindre les personnages, qui contribuera beaucoup au succès de l'ouvrage. Celui des Mémoires d'Anne de Gonzague * est pour vous, comme pour
\. Les Mémoires d'Anne de Gonzague, composés par Sénac et publiés en 1786, donnèrent lieu à beaucoup de discussions, et
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moi, un excellent présage. Je vous en fais mes remerciements et vous prie de ne pas douter du parfait attachement avec lequel j'ai rhonneur d'être, etc.
" Le duc de Richelieu. »
Outre cette lettre et celle qui a été reproduite plus haut. p. xii, nous avons, d'autre part, retrouvé la preuve que le hibliothécaire de M. de Richelieu avait, du mois de mars 1789 au mois de septembre, envoyé successivement à M. Sénac tous les cartons qui contenaient les papiers du maréchal. Mais, bien peu de temps après cette communication, qui. d'ailleurs, s'était faite avec trop de rapidité pour qu'elle pût être fructueuse, l'ancien intendant de Hainaut avait pris le parti d'émigrer en Angleterre : soit que cet éloignement et les circonstances qui survinrent l'empêchassent de mener à bonne fin le travail, soit, comme l'annonça plus tard le Journal de Paris *, que la souscription, ouverte à la fois à Paris, à Bordeaux, Lyon. Marseille, Rouen, Strasbourg, Maëstricht et Londres, n'eût pas produit un résultat satisfaisant, l'auteur, qui s'était engagé à livrer l'ouvrage complet, en neuf volumes, le 15 mars 1791, donna avis, le 21 avril, que les souscriptions seraient remboursées et la publication remise à un autre temps. On sait la vie aventureuse que M. Sénac, comme tous ses compagnons d'émigration, mena depuis lors ; d'Angleterre il passa en Allemagne, de là en Russie, et il oublia complètement les
l'auteur, en tête de la seconde édition de 1789, avait répondu à une partie principale des objections, non pas en cherchant à prouver l'authenticité des Mémoires, mais au contraire en démontrant que leur mérite unique et réel était de ne rien renfermer qui ne fût scrupuleusement exact et qui n'eût pu être écrit ou dit par la princesse palatine (Voy. Journal de Paris, 1789, p. 527). 1. Supplément au 21 avril 1791.