XXVI INTRODUCTION
« Dans les Mémoires du duc d'Aiguillon est un portrait bien vrai de la Gourde France, à la mort du Roi et à Tavènementde Louis XVI.
« Les Mémoires de Louis XV ont été composés sur ses propres correspondances, sur des pièces qu'il avoit choisies et sur les lettres des ministres, des favorites et des courtisans, mais surtout sur les notes périodiques que la police envoyoit au feu Roi, qui en fit dresser des journaux fort singuliers et très piquants par leurs anecdotes. »
A deux exceptions près, la Vie privée du maréchal de Richelieu et un fascicule de Lettres du cardinal et de M"^^ de Tencin, dont nous parlerons en leur lieu ', Soulavie doit être considéré comme le seul éditeur, on pourrait dire le seul auteur, de cette collection, qui s'éleva rapidement au chiffre de vingt-un volumes, et dont les nombreuses éditions durent êtred'un beau profit 2. On sait ce qu'ils valaient comme authenticité, et jusqu'à quel point nous devons accorder à Soulavie la reconnaissance qu'il prétendait mériter pourtant de volumes publiés avec « tant de peines, de soins et de frais ^ ». Les Mémoires dît ministère du duc d'Aiguillon sont apocryphes, et il n'est guère probable que la rédaction en ait été faite, comme le pré-
1. Encore ce fascicule est-il souvent attriliué à Soulavie, notamment par le Catalogue de la Bibl. nat. (II, 325).
2. En 1790, la séparation paraît s'être faiteentre l'éditeur Buisson et Soulavie. Celui-ci fait paraître la suite des Mémoires rue deCondé, n" 7, tandis que Buisson fait les publications de ses concurrents : Mémoires deDuclos, Vie privée, etc. Mais en 1792, Buisson semble avoir repris la suite des affaires du bureau de la rue de Condé. C'est lui qui publie les troisièmes éditions des Mémoires de M. d'Aiguillon et de ceux de Maurcpas,
3. Préface des Pièces inédites. — « A part les Mémoires de MM. de Ségur, de Besenval et de Marmontel, c'est à moi, dit Soulavie, qu'on doit tout ce que les hommes d'État du xvm« siècle ont laissé de souvenirs. »