‹ Mémoires authentiquesChapitre 25 sur 146 · INTRODUCTION. XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXVII

tend Soulavie, par Mirabeau et sur les pièces fournies par le maréchal de Richelieu '. Apocryphes aussi les Mémoires de M. de Maurepas ^, qui eurent, ainsi queceuxde M. d'Aiguillon,

i. L'article que le Journal de Paris du 6 août 1792 consacre à ces Mémoires n'est pas favorable. Ce livre, dit-il, contient des pièces importantes et des particularités que M. d'Aiguillon seul a pu faire connaître ; mais c'est « un ouvrage de parti », comme les Mémoires du duc de Ohoiseul, et l'on voit clairement que l'auteur y a constamment un seul but, celui d'écraser la personnalité de ce dernier ministre sous les accusations les plus invraisemblables, au profit de M. d'Aiguillon. « En lisant ces Mémoires, (ceu.x de M. de Choiseul et ceux de M. d'Aiguillon), l'on sent qu'on ne pourroit juger ces deux rivaux que sur le témoignage motivé d'un homme impartial et instruit qui auroit suivi leurs intrigues et leurs opérations sans y participer. » — La Harpe avait rendu compte de cette publication dans le Mercure du 28 avril précédent, et, quoiqu'il se déclarât indifterent à la personnalité de Soulavie, il laissait voir tant de partialité contre M. de Choiseul, qu'un ami de ce ministre releva ces tendances dans le Journal de Paris (suppl. du 18 mai 1792, n° 71), réfutant, entre autres assertions, celle qui attribuait le traité de Vienne à M. de Choiseul. La Harpe avait étudié spécialement cette question et publié, peu de mois auparavant, dans le Mercure, un article sur ce traité, œuvre de M"^ de Pompadour et de Bernis. Le critique avait tout au moins le tort de proclamer son désintéressement à l'égard de M. de Choiseul, après avoir été son protégé et avoir même reconnu ses bontés dans plusieurs dédicaces. La Harpe répondit (n° 73, supplément) que, loin de se joindre aux accusations calomnieuses dont M. de Choiseul avait été l'objet, il s'était empressé, à l'apparition des Mémoires de Choiseul, de rendre justice aux mérites du ministre, et que la famille lui en avait transmis ses remerciements par l'abbé Barthélémy.

2. Voici dans quels termes la Harpe, dans le Mercure du 23 juin 1792, p. 89, apprécie ces prétendus Mémoires : « îl n'est pas à craindre que l'on conteste au comte de Maurepas ses Mémoires : ils sont écrits avec une telle négligence et en si mauvais langage, qu'il n'y a personne qui ait pu les faire. . . » — Dans trois autres articles (30 juin, 7 et i4 juillet), tout en admettant l'origine et en faisant ressortir l'importance de l'ouvrage, il le traite avec sévérité de « bigarrure grotesque » : quant à l'auteur, il le qualifie

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trois éditions en deux ans. Apocryphes encore les Mémoires de M'^^ de Pompadour (en l'an X}, soi-disant sortis du portefeuille de la maréchale d'Estrées, et récemment réimprimés. Si les Mémoires de Duclos étaient authentiques, il fut prouvé, immédiatement après l'annonce des premières livraisons, et par un

d' « abbé renégat qui crache sur la religion, .. .obscur et inepte compilateur, qui ne peut rien être dans les lettres. » — En réalité, rien de plus vide et de plus pitoyable que ces Mémoires ; tout y est de seconde main et fort douteux, sauf quelques pièces sans importance soustraites aux archives administratives du ministre. Quant aux anecdotes qu'il contient, elles proviennent presque toutes d'un manuscrit composé vers 1732 et signalé parMonmerqué, qui le possédait dans sa bibliothèque. — Comme pour les précédentes publications de Soulavie, les démentis ne tardèrent pas. Le 4 août 1792, le Mercure français reçut la lettre qui suit, publiée dans le numéro du 31 août, p. 84 : « Étant assurée, Monsieur, que feu M. de Maurepas n'a jamais écrit aucun mémoire des événements qui se sont passés pendant son ministère, et qu'il n'a recueilli ni fait recueillir aucune note par ses secrétaires, ce que les personnes qui vivaient habituellement avec lui certifieraient comme moi, je désavoue les Mémoires qui paraissent sous son nom, comme ne lui appartenant point. Je vous prie, etc. La Vrillière de Maurepas. » — Suivant son habitude, Soulavie se défendit insolemment :

« Réponse du propriétaire des Mémoires de Maurepas à i)/™^ de Maurepas, sur sa réclamation insérée dans h n" 36 du Mercure Français, 1792. La maison de Choiseul a désavoué, il y a trois ans, les Mémoires que le duc de Choiseul avait lui-même fait imprimer à Chanteloup. Le feu duc de Richelieu désavouait aussi les Mémoires qui portent le nom de son père (après avoir fourni luimême une partie des matériaux) ; c'est qu'il voulait en faire composer à sa manière et dans son sens. Quel fut l'effet de ces désaveux ? Ils excitèrent la curiosité du public.

« Il était de même dans l'ordre que M™« de Maurepas désavouât ceux de son mari, écrits durant son exil par Salé, son secrétaire et son ami. Je réponds à ce désaveu en déposant chez le citoyen Buisson, libraire, rue Hautefeuille, n" 20, le tome P'' du manus crit original dont il s'agit ; je déclare que je le tiens de M. de Laborde, du Carrousel, et que je l'ai conféré avec un autre manuscrit. Les rois et les grands n'aiment pas qu'on dise la

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