INTRODUCTION. XXIX
éditeur concurrent, que Soulavie en altérait complètement le texte. Ce fut l'objet d'une polémique ', dans laquelle « lillustre curé de Sevent » se défendit fort mal de l'accusation de « bri-
vérité ; leur intérêt est de n'en montrer que ce qu'ils veulent, comme ils le veulent et quand ils le veulent : le temps des honteuses révélations est arrivé.
« Nous profitons de cette occasion pour assurer que nous n'avons rien ajouté ni retranché aux Mémoires de Massillon, et Aiguillon, de Duclos, etc., publiés chez Buisson. Nous en avons remis un exemplaire à la Bibliothèque Nationale, à Paris, rue de Richelieu, avec un fragment du manuscrit original à côté de l'imprimé, pour prouver l'authenticité de ces précieux matériaux, qui ont contribué à l'avilissement de la Royauté et de l'Aristocratie. J.-L. Soulavie, éditeur des Mémoires de Maiirepas. » {Mercure français, "27 octobre 1792, p. 107). — La 3« édition fut ainsi annoncée dans
le numéro du Journal de Paris du 18 juin 1792 :« plus
correcte que les précédentes, où les pièces du temps étaient défigurées de la manière la plus étrange on l'a augmenté d'un
quatrième volume qui doit paraître sous peu de jours et que ceux
qui ont les premières éditions pourront acquérir séparément
Ce qu'on a toujours reproché au comte de Maurepas est la légèreté dont il faisoit profession au milieu des plus graves affaires. On imagine aisément qu'il n'a pas mis plus d'importance à ses Mémoires, qui ne concernent que ses premiers temps et qui ont été rédigés par M. Salé son secrétaire. Ce sont moins des mémoires en règle que des notes rédigées sans scrupule et sans soin. Il faut donc les lire avec précaution. >♦
1. 'Voy. Journal de Paris, 9 décembre 1790 ; Mercure de France, i\ et 25 décembre, et un article inséré à la fin de la première édition de la Vie Privée. — Chamfort (article du H décembre) avait affirmé l'authenticité des deux volumes de Mémoires secrets de Duclos parus chez Buisson, et Buisson lui-même avait sommé Soulavie de déposer son manuscrit chez un notaire pour l'y comparer avec le manuscrit corrigé et annoté par Duclos. Les éditeurs de la Collection des Mémoires répliquèrent que leur première livraison était parue depuis le .30 novembre et leur manuscrit déposé depuis quatre mois aux bureaux de la rue de Condé ; ils indiquaient en même temps des lacunes considérables dans l'édition de Buisson, « qui n'est que lambeaux. . . Nous ne répondrons pas aux injures que