INTRODUCTION. XXXI
et que les simples se laissent iromper. Tous les jours, les prétendus Mémoires de Massillon sont cités avec complaisance, et dans les journaux et même dans les livres ^ Ainsi, des faits hasardés, des opinions plus hasardées encore se fortifient d'une autorité qui n'existe pas ; et si, faute de réclamations suffisantes, l'ouvrage est une fois admis comme authentique, il finit par compromettre le nom même dont on a dérobé l'appui. La gloire des grands écrivains fait une partie essentielle de la gloire nationale, et doit être défendue contre toute espèce d'outrages. Les calomnies volontaires et dire€tes ne sauraient leur nuire : beaucoup d'exemples le démontrent. C'est sans le vouloir, mais plus sûrement, qu'un entrepreneur les calomnie, en leur Imputant ses ouvrages -. »
Concurremment avec cette collection, grâce à une activité de production qu'on devrait admirer, si elle avait réellement ser\i la cause de l'histoire, Soulavie reprit son travail des Mémoires de Richelieu. Un cinquième volume fut annoncé par \e Moniteur, le 14 janvier 1791, et par le Journal, le 23 du même mois ^ ;
1. AinsiÉd. Fournier (L'Esprit dans l'histoire, t. II, p. 302)acceptait encore l'authenticité des Mémoires.
2. Ailleurs (p. 198) : « Les Mémoires du duc de Choiseul, ceux du duc d'Aiguillon, ceux du comte de Maurepas, sont des spéculations de librairie, plutôt que des monuments historiques ; ils n'ont rien d'intéressant que leur titre, et rien n'y mérite l'attention, si ce n'est quelques lettres, quelques pièces déjà connues depuis longtemps. — D'après une note de Soulavie {Mémoires de Richelieu, t. IX, p. 357 à 359), Cliénier, ce « poetereau journaliste, cette espèce d'académicien ><, aurait publié dans un journal de 1792 l'article que nous venons de citer et qui fut plus tard reproduit dans le Tableau de la littérature.
3. Comme ce volume est introuvable il est bon de reproduire l'annonce insérée au Journal de Paris, v3 janvier 1791, supplément, p. ix: « Suite des nxémoires du maréchal de Richelieu, écrits sous ses yeux parJ.-L. Soulavie. — A Pari-, rue de Condé, n° 7, et franc de port dans tout le royaume, en remettant aux directeurs