XXXII INTRODUCTION
dix jours après ce dernier avis, la même feuille enregistrait l'apparition d'une Vie privée du maréchal de Richelieu, non point la Vie que devaient donner les éditeurs de la Collection des Mémoires historiques, mais celle qu'un auteur rival, plus prompt et plus avisé, publiait chez Buisson, l'ancien éditeur de Soulavie * . Aussitôt celui-ci protesta ; les termes de sa réclamation, adressée soi-disant au duc de Richelieu le 25 janvier, mais publiée seulement par le Moniteur, le 20 février, c'est-àdire seize jours après la mort du duc, et en toute sécurité, doivent être étudiés avec attention. Voici ce texte :
« Monsieur,
« A la mort de M. votre père, je vous offris généreusement
tout ce que j'avais de lui. Au lieu d'accepter, vous désirâtes
que je continuasse mon ouvrage ; vous m'appelâtes de Caen
pour le hâter ; et parce qu'il s'y trouvait, disiez-vous, des véri-
de la poste 5 livres pour les quatre livraisons du 5« volume (de 400 pages), avec l'adresse bien écrite et la lettre d'avis aftVanchie. On est assuré par là de l'édition originale, et de recevoir gratis, en s'adressant au bureau, les sept chapitres avec les cartes que les contrefacteurs ont enlevées de nos Mémoires, ce qui leur permet de les vendre à vil prix dans les provinces. » Ce volume est introuvable, disons-nous ; et pourtant il est certain qu'il a existé, puisque, dans le tome VI«, qui ne parut qu'en 1793, avec la fin des Mémoires, Soulavie lui-même fait un renvoi aux pages 103, 108, etc., de \ai première (dition du tome V«, et que ce renvoi ne concorde pas avec le seul tome "V' que nous ayons, qui est daté de 1792. Voy. tome VI, p. 53.
1. Vie privée du maréchal de Richelieu, contenant ses amours et intrigues, et tout ce qui a rapport aux divers rôles qu'a joués cet homme célèbre pendant plus de 80 ans. — 3 vol. in-S", formant 1400 pages, imprimées sur caractères de M. Didot. A Paris, chez Buisson, libraire, rue Hautefeuille, n" 20 {Journal de Paris, 3 février 1791, p. 140). — Le Moniteur (15 mars, 3 et 23 avril 1791) donna trois très longs articles, qui ne renferment d'ailleurs aucune allusion à l'auteur du livre, ou à l'origine des documents.
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tés fort déplaisantes a la cour, vous publiâtes dans les papiers publics que vous en aviez chargé M. Sénac, sans vous arrêter par l'idée qu'on recherche fort les mémoires désavoués, et quon na jamais aimé les histoires de commande. Il parait à présent, Monsieur, une prétendue Vie de ^I. votre père, en trois volumes, chez M. Buisson, libraire ; la vérité y est bien étrangement déflgurée ; les lecteurs avouent déjà que ce nest qu'un plagiat désordonné de mes quatre volumes, rempli jusqu'en 1788 d'anecdotes souvent fausses, et fournies par quelques valets bien mécontents. J y trouve. Monsieur. «tY't- mes apostilles, les lettres originales que je vous ai rendues, en retirant un récépissé en 1789, et qui ne devraient pas s'y trouver ; car, tenant ces pièces de M. le maréchal, vous les ayant offertes, et engagé par vous à continuer mes travaux, vous avez sanctionné ma propriété. Et parce que le pubhc, à cause de votre désaveu, à cause de M. Sénac, à cause de cette Vie privée., peut être trompé, et quil n'entre point dans mes principes de le tromper, mais, dans mes devoirs d'historien de dévoiler ceux qui le trompent, je me vois obligé, après tous les égards respectueux que jai eus pour vous, de publier deux de vos lettres, en attendant les autres. Vous dites dans une : « Vous pouvez aller, .Alonsieur, quand il vous plaira, a la bibliothèque pour continuer votre travail ; vous y trouverez mou secrétaire qui vous donnera communication de ce que vous désirez. Je ne doute pas qu'il ne sorte de votre plume des choses intéressantes, etc. « —Vous dites dans une autre, lorsque je vous demandais des détails sur les affaires étrangères : « Si .AI. Montmorin me parle de vos tiavaux. je me ferai un devoir de rendre justice à la vérité, puisque j'ai appris que vous aviez eu effectivement connaissance des manuscrits de mon père, etc. >> — Au reste, malgré M. Sénac, malgré sa Vie privée, malgré l'avidité de la librairie, je publierai bientôt et en totalité, sous le même titre de Mémoires de