‹ Mémoires authentiquesChapitre 34 sur 146 · XXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVIII INTRODUCTION

tome IX (p. 437 et 438), qu'il avait en main les papiers saisis dans le cabinet du roi, et qu'il s'occuperait sans retard de l'impression des Mémoires du règne de Louis XVI ; il répéta encore la même chose dans la préface des Mémoires, lorsqu'ils

Louis XVI, comment il parvint à obtenir communication des papiers secrets remis au comité de surveillance par les vainqueurs du 10 août 1792. Fauchet, Rovère et Bazire y consentaient déjà. Mais Chabot craignait que son collègue renégat ne fit « comme ce membre du comité pleurant comme une bête sur une lettre d'Elisabeth à son frère Capet ». Cependant il se fia au patriotisme du « bonhomme •», et le comité laissa Soulavie copier, analyser et faire des extraits, mais à condition qu'il mettrait à la fin du t. IX des Mémoires de Richelieu, alors en cours d'impression, un erratum justifiant la qualité d'/ui?nifïp homme donnée par lui à Louis XVI.

Soulavie put continuer son travail non seulement au Comité, mais aux Tuileries même et à Versailles. En 1793, il fut chargé, avec Verninac, comme commissaires du pouvoir exécutif, de faire des recherches au château de Versailles, « pour des travaux relatifs aux missions diplomatiques qui leur étaient confiées », et ce furent eux qui, assistés des administrateurs du département de Seine-et-Oise, découvrirent et transmirent à la Convention les trois Livres rouges qui contenaient l'enregistrement des dépenses secrètes de Louis XV et de Louis XVI.

On sait qu'une partie seulement du dernier de ces trois volumes avait été publiée antérieurement par l'Assemblée nationale. Les premières feuilles, relatives au règne de Louis XV, avaient été dissimulées par Necker, et les deux volumes qui se rapportaient aux années 1750 et suivantes, furent découverts dans le courant du mois de lévrier, et Soulavie en donna avis le 24 mars suivant, dans le Journal de Paris (p. 358). Veut-on un échantillon du style patriotique qu'il aimait à déployer en ces occasions ? « Ils reviendront, dit-il en terminant, les âges de docilité publique, malgré Pitt, malgré le Vatican, malgré les inquisiteurs espagnols, malgré même la politique autrichienne ; mais ils reviendront au profit de la république, et nous verrons en France les beaux siècles des Suisses et des Américains. Encore peut-être quelques revers, encore quelques combats contre la royauté, contre l'hypocrisie sacerdotale, contre l'esprit et les mœurs aristocratiques, contre

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