‹ Mémoires authentiquesChapitre 36 sur 146 · M, INTRODUCTION · texte numérisé non relu

M, INTRODUCTION

inipérialislo et solliciteur, il nest pas douteux que ses relations avec les principaux membres du gouvernement révolutionnaire lui permirent d'accaparer pour son usage personnel une partie des papiers pillés aux Tuileries et d'en utiliser quelques documents pour les M'-moires de Richelieu, qu'il terminait à la même époque, ou pour les publications qui suivirent '. Quant à avoir acquis ces archives, antérieurement à la Révolution, des « officiers du prince de Conti ». le chef du ministère secret, ceci est inadmissible, et il ne paraît pas plus probable, partout ce que Ton connaît des papiers du maréchal de Richelieu, que Soulavie y ait pu trouver aucune trace de la politique secrète dont ce duc avait été le premier instigateur.

La publication des Mémoires du maréchal de Richelieu ne se termina donc que dans les derniers jours du mois de décembre 1792. Non seulement le cinquième volume, dont nous avons indiqué la pubhcation au commencement de l'année 1791. corrigé et remanié, reparut avec les quatre volumes suivants ; mais même la première partie de louvrage, celle qui datait de 1790. en raison « d'un épuisement prématuré de la première édition ». fut rééditée aussi, ce qui permit à lauteurde faire droit à la plus juste des réclamations et de « mettre à Taise sa propre philosophie et son patriotisme révolutionnaire », en retirant la parole au maréchal et supprimant le caractère d'autobiographie qui, selon lui. avait été stipulé jadis -. Au milieu de lengoue-

1. C'est de la même façon que les Mémoires diplomatiques du comte de Broglie, trouvés dans le cabinet même du roi. virent le jour.

2. Voy. Moniteur, i" février, et Journal de Paris, i{ mars 1793. — L'article de ce dernier journal, assez insignifiant, bien que fort louangeur pour Soulavie, fut suivi de plusieurs extraits pris parmi les anecdotes ou les chapitres à sensation. Voy. p. 365, 370, 629 et 630. Dans le numéro du 6 juin 1793, p. 629, Soulavie y est qualifié ministre de la république en Danemark, ce qui ajoute à l'importance de ses points de vue politiques contre le système « autri-

INTRODUCTION. XLl

ment dont un pareil ouvrage pouvait alors être 1 objet, il s'était trouvé une plume honnête pour flétrir publiquement, au nom des Richelieu, des Choiseul ou des Maurepas. le? procédés historiques, ridicules et odieux deSoulavie. Celui-ci. en substituant la troisième personne à la première, ne pouvait prétendre que l'amendement fût suffisant ; mais "il s'écria dans un bel accès d'indignation : « Je consens qu'on déchire les frontispices de mon livi'e et qu'on ôte le titre de Mémoires de Richelieu : il restera malgré eux celui de Mcmoires d'un honnête homme. Et que m'importp qu'un plat académicien dise que l'auteur de cet ouvrage n'a ni goût, ni connoissances. ni jugement, ni style. si son livre est du goût des amis de la vérité, et si les amateurs de l'histoire ont épuisé les éditions des quatre premiers volumes imprimés à Paris, à Liège, à Maëstricht. à Lyon et à Bordeaux '... » Tl est vrai que le succès ne fit point défaut aux

chien ». Cet article doit f'tre de Soiilavie lui-même; mais au moins il n'pst plus question ni de Mémoires ni d'authenticité. Peu après, le 4 juillet 179-3. il fît insérer dans le journal I'pxtrait de son Histoire inédite de la Révolution, relatif à l'exécution du roi. C'est là qu'après avoir montré la fin tragique des différents rois, il s'écrie : « Si ce tableau effrayant ne peut désarmer Cobourg. Dumouriez, d'Orléans fils, etc., etc., etc., qu'ils apiirochent : il y a en France dix millions de Jacobins dont Brutus est le patron. Les royalistes aiment les têtes couronnées ; eh bien ! tous les mois, ils en auront une nouvelle qui fera l'objet de leur culte (p. 74-5). — Cette apologie du régicide est intitulée : « J.-l.. Soulavie aux puissances étrangères belligérante? contre nous ; aux grands de l'armée de la Tendée ; aux armées contrerévolutionnaires et royalistes et à tous les républicains hypocrites amateurs de la royauté. « — L'article de Castera sur les cinq derniers volumes des Mémoires de Richelieu, dans le Mercure français (il juin 1703, p. 81 et 82l, ne dit rien : c'est une tirade contre le régime déchu, suivi d'une épigramme faite à la mort du maréchal, et qui ne gagnerait pas à être reproduite.

1. Mémoires, t. IX. p. .359. — Item. p. 503 et 504, et dernière : '< En terminant ces Mémoires, je proteste que j'ai été sans cesse

Page 1