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XLII INTRODUCTION

Mémoires de Richelieu, ni à leur auteur ; mais il est douteux aussi que ce succès-là puisse jamais passer pour un brevet d'honnêteté.

En juillet 1793, Buisson publia deux nouveaux volumes, à la publication desquels Soulavie ne saurait avoir été étranger :

« Politique de tous les cabinets de V Europe pendant les règnes de Louis XV et de Louis XVI, contenant : des pièces authentiques sur la correspondance secrète du comte de Broglie, un ouvrage dirigé par lui et exécuté par M. Favier, plusieurs mémoires du comte de Vergennes, ministre des affaires étrangères, et de M. Turgot; manuscrits trouvés dans le cabinet de Louis XVL »

C'est, dit l'annonce [Journal de Paris, p. 790), la première preuve authentique de cette organisation secrète à la tête de laquelle brillaient M. de Broglie, et surtout Favier, « Ihomme de l'Europe le plus versé dans les affaires politiques, etc. ». La partie principale de l'ouvrage est précisément le grand mémoire dressé par Favier en 1773, et les éditeurs le donnent comme propre à régénérer la politique française *.

conduit par l'amour de la vérité. Ce qui me permet d'assurer que je ne me suis pas trompé, c'est que les historiens des âges futurs trouveront, dans les Mémoires encore manuscrits qui viennent de nous être communiqués pendant l'impression de ceux-ci, les mêmes vues, la même manière de juger les événements et les personnes. »

1. Selon Barbier, cette publication fut faite par l'avocat Roussel (Pierre-Joseph-Alexis), d'Épinal, qui imprima aussi en 1802, le curieux récit d'une visite faite au château des Tuileries, après le 10 août 1792 (le Château des Tuileries) ; et donna enfin, un peu plus tard, sous des pseudonymes ou des anagrammes transparents, la correspondance secrète de plusieurs grands personnages de la cour de Louis XVL Roussel s'était procuré tous ces documents en qualité de secrétaire de la commission chargée de trier les papiers de l'Armoire de fer et autres ; lorsque, sous l'Empire ou peu avant, la police lui fit subir une détention arbi-

INTRODUCTION. XLIIl

On a déjà dit que Soulavie était entré très avant dans le mouvement révolutionnaire ; ses liaisons, son apostasie, son mariage civil, et ses déclamations historiques lui valurent une récompense : au mois de juillet 1793. le gouvernement républicain renvoya en qualité de chargé d'affaires à Genève ' ; il n'y resta pas longtemps : dès le mois de novembre, Chaumette le dénonçait aux Jacobins et demandait sou rappel - ; et le 6 décembre, Robespierre décréta sa révocation et ordonna son

traire pour avoir annoncé trop bruyamment les Mémoires de Louis XVI de son ancien collègue Soulavie, on trouva en sa possession une malle pleine de lettres qui venaient des Tuileries ou de Versailles. (Voy. Saint-Edme, Biographie de la police.)

Mentionnons encore quatre volumes parus chez Buisson à la fin du 1" semestre 1793, sous le titre de .Youveau siècle de Louis XIV, ou poésies-anecdotes du règne et de la cour de ce prince, recueil de poésies et surtout de chansons du temps avec des notes historiques {Journal de Paris, p. 734|. L'auteur de cette compilation, puisée sans doute dans le chansonnier Maurepas, était, selon Barbier, Sautereau de Marsy, l'éditeur des Mémoires de Duclos ; Sautereau était aussi avec Gorancez le principal rédacteur de la partie littéraire du. Journal de Paris et publiait en même temps cet Almanach des Muses qu'on voit se maintenir au plus fort de la terreur.

1. Moniteur, 8 juillet et 5 août 1793. Soulavie retrouva à Genève son compatriote l'ex-jésuite Barruel qui le traite fort mal dans ses Mémoires pour servir à t histoire du jacobinisme, U, 11"2 : « Il était réservé à Clavière et ensuite à Robespierre de prendre part à toutes intrigues à Genève, et d'envoyer l'apostat Soulavie les couronner par les proscriptions, l'exil et par tous les moyens de la philosophie passée du château de Ferney à l'antre des Jacobins.

2. Séance du 18 brumaire : « Chaumette dénonce notre agent de Suisse, l'abbé Soulavie ; il demande son rappel et désire que la Société mette à son grand ordre du jour s'il est convenable que la Nation française entretienne près des autres puissances des ambassadeurs. >' (Moniteur du 12 novembre 1793). — La cause de la dénonciation était le concours apporté par Soulavie à la fuite de son compatriote Gamon, décrété d'accusation comme partisan des Girondins.

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