‹ Mémoires authentiquesChapitre 38 sur 146 · XLIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLIV INTRODUCTION

arrestation. Mais Barère, qui appréciait la possibilité de trouver un asile auprès de Soulavie, sut empêcher le départ de son successeur Rivais. D'ailleurs Soulavie s'était hâté d'envoyer à Robespierre une longue et emphatique justification, qui n'était qu'une apologie du dictateur, et à laquelle il avait joint une magnifique truite destinée à la table de « l'incorruptible ». Cette pièce, tombée après thermidor, entre les mains des vainqueurs, devait décider la chute de Soulavie ; momentanément, il lui dut son poste, qu'il garda jusqu'en août 1794. Pendant ce temps, tout en correspondant ^ avec ses amis de France, il publia plusieurs brochures politiques sur létat de la Suisse. Mais, après le 9 thermidor, il partagea le sort de ses amis. Un membre de la Convention l'accuse de « ne point se conduire dans sa mission avec la dignité qui devait caractériser le député

1. Il écrivait au président de la Convention (Arch. nat., F 4385) : « Citoyen président, A la requête de la famille de Marat domiciliée k Genève, j'ai l'honneur de présenter à la Convention des actes et une lettre remis en cette légation relativement à la mort de ce représentant du peuple français. J'ajouterai, citoyen Président, que les bons patriotes genevois se sont écriés en apprenant cette cruelle mort : On voit maintenant de quel côté étaient les désorganisatevrs, les assassins, les ennemis de la République et les agents des Autrichiens et des Anglais. — Vous apprendrez avec plaisir, citoyen président, que l'assemblée nationale genevoise continue ses travaux constitutionnels dans les principes de l'égalité et de la liberté, et que, si l'ancienne aristocratie de ce pays persécuta jadis Jean Jacques Rousseau, le peuple victorieux a établi maintenant à son honneur des fêtes annuelles. — Recevez, citoyen président, mon adhésion à la Constitution, en qualité de citoyen français et ma promesse de la faire aimer et de la défendre jusqu'à mon dernier soupir. — Soulavie, résident de la République une et indivisible près celle de Genève. A Genève, le 19 juillet 1793, l'an 2" de la République. » — Une autre lettre aux représentants du peuple à Commune-Affranchie, prouve qu'il avait pour tous les Marat une affection particulière. (Catalogue des autographes de M. B. Fillon. série IV. pièce 77.)

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