‹ Mémoires authentiquesChapitre 43 sur 146 · Notammeut dans le Journal des Débats · texte numérisé non relu

Notammeut dans le Journal des Débats

2. « C'est, dit M. Mazon, l'œuvre la plus remarquable de Soulavie : étude large et puissante, où abondent l'érudition, les vues élevées, les pensées profondes ; malheureusement le défaut de concision, les incorrections et la trivialité du style sont aussi choquants que dans les autres productions de l'auteur. » {Petites notes ardéchoises p. 153 et suiv.).

INTRODICTION. XLIX

dit jusqu'ici, qu'une grande partie des pièces dont Soulavie a noyé le texte dans les faussetés et les erreurs volontaires de son récit, méritent une confiance réelle. Il en est ainsi des lettres de Louis XIV et de celles du maréchal de Villars, qui, selon Soulavie, lui avaient été communiquées par MM. de Vogiié ^ La correspondance de Villars avec le ministre Chamillart est actuellement conservée au Dépôt de la guerre, et, en confrontant avec les originaux le texte donné dans les Pièces inédites, on constate qu'il pèche seulement par quelques omissions ou inexactitudes 2. Nous n'en dirons pas autant de la Chronique scandaleuse qui forme le second volume de cet ouvrage, et qui serait, dit lauteur, un fragment de la Vie privée du maréchal de Richelieu.

Soulavie, on l'a déjà vu. s'était rallié de bonne heure à la cause impériale ' ; deux Mémoires adressés par lui à l'Empereur, en janvier 1810, renferment en effet l'expression d'un complet dévouement et ne se ressentent guère des opinions qui, quinze

1. Dans les Mémoires de Richelieu, en 1792 (tome V, p. 324, note), Soulavie avait dit ceci : « Villars a laissé les manuscrits de ses ouvrages à la maison de Castries et à celle de Vogué. Le feu marquis de Vogiié, lieutenant-général, en a communiqué les originaux à l'auteiu" de ces Mémoires, de même que six volumes grand in-folio de correspondances fort précieuses. »

2. Ainsi, la lettre du 7 juin 1703 n'est pas du 7, mais du 17, et la dernière page a été omise tout entière par Soulavie (Dépôt de la guerre, vol. 1676, n° 123i. Les deux lettres du 8 septembre 1703 et du 14 novembre 1704 sont conservées sous les cotes : vol. 1677, n° 2, et vol. 1797, n» 170 ; etc.

3. M. Marc Vernolt, dans le Monde illustré, n° du 30 avril 1870, a publié le programme d'une société qui se forma, en 1804, sous la direction de : « M. l'abbé de Soulavie ex-ministre plénipotentiaire », et qui proposa à l'Empereur d'entreprendre une série d'embellissements de sa bonne ville de Paris, parmi lesquels figurait la réunion de l'île Saint-Louis à l'Ile Louviers par un pont d'une seule arche.

t INTRODUCTION.

OU vingt ans auparavant, l'avaient jeté au plus épais de la cohue révolutionnaire. Ces deux pièces ont été complètement inconnues des biographes et des bibliographes ; la seconde seule a été, en partie, publiée dans un journal de province *. La première a trait au pillage et à la dispersion des papiers laissés par Soulavie à Genève, en 1794, réclamés vainement par le Directoire ou par l'administration française ; l'autre renferme l'historique et la description des papiers du ministère secret dont nous avons parlé plus haut, et de toutes les collections qui y avaient été jointes, ou que Soulavie y avait ajoutées, depuis que ces papiers étaient tombés en sa possession. C'était, outre quelques manuscrits à lui, une partie minime de ses collections et de la correspondance secrète que les clubs genevois avaient enlevée et dont il poursuivait la restitution depuis plus de quinze ans ^.

1. Par M. Mazon, qui adonné, dans l'Écho de VArdédie, 15, 19, 24, 26 mars et 2 avril 1870, une série d'articles sur les collections de son compatriote et la nomenclature de ses ouvrages M. Mazon a eu connaissance du second Mémoire, si rare que les bibliothèques ne le possèdent point, par M™" de Susini, fille de Soulavie, et il en a reproduit une partie. Les articles ont été réunis d'abord en 1871 sous le titre de Petites notes ardéchoises. Puis le même érudit a publié en 1893 an deux volumes in-8° une Histoire de Soulavie, très documentée. Dans le second volume, M. Mazon a consacré trois chapitres très importants à la bibliothèque de Soulavie, à ses papiers et collections, enfin à l'examen des ouvrages historiques qu'il a publiés. Nous en avons parlé ci-dessus à diverses reprises. »

2. Ces requêtes eurent cependant un résultat auquel Soulavie était loin de s'attendre : le gouvernement impérial, dont il avait attiré l'attention sur ses papiers, fit saisir par la police, en 18J1, tous ceux qui parurent avoir de l'intérêt. Baudard, chef de bureau aux Archives du ministère des Affaires étrangères, fut chargé de les examiner ; il en réclama la plus grande partie pour le département ; et plus d'un an après, ils furent livrés au comte d'Hauterive, qui en donna, les 23 mars et 5 mai 1813, deux reçus

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