INTRODUCTION. LI
Les deux Mémoires ne paraissent pas avoir été mieux accueillis que ne l'avaient été les réclamations précédentes ; mais Soulavie revint à la charge, et, cette fois, il proposa au gouvernement impérial d'acquérir toutes ses collections diplomatiques, auxquelles les circonstances semblaient donner un prix considérable * . Il offrit même à l'Empereur la portion de ses recueils qui avait trait aux anciens projets de descente en Angleterre. Au milieu de cette négociation, la mort surprit Soulavie. Agé de soixante-deux ans, il succomba à Paris le 11 mars 1813.
Par son testament il avait légué à l'Empereur les documents dont nous venons de parler en dernier lieu, et le legs fut accepté ; mais pour le reste des papiers du ministère secret, le duc de Bassano, ministre des affaires étrangères, qui avait été, sous la République, le collègue en diplomatie du défunt, fit intervenir les droits tout puissants de l'administration, et réclama la totalité du fonds, quarante et un volumes in-folio et douze volumes in-quarto, mémoires et dépêches de Favier, de M. d'Argenson, ou [de Tercier, correspondance originale du comte de Broglieavec le roi Louis X"V, mémoires diplomatiques, etc. '. Une ordonnance du tribunal de la Seine prescrivit, conformément à cette réclamation, la remise, qui fut effectuée le 2 avril 1813. Ajoutons que M. de Bassano avait promis aux héritiers de Soulavie une indemnité de vingt mille francs ; mais
(Arch. nat., F 6572). Cf. Flammermont, les Papiers de Soulavie aux Affaires étrangères, dans la Revue historique, mai-jmn 1884, p. 107.
1. Il avait fait des démarches pour que l'Académie des Inscriptions, dont il avait été jadis le correspondant, vérifiât l'authenticité et la valeur des papiers ; mais on ne donna pas suite à cette requête .
2. La description de ce fonds est donnée par Soulavie dans son Second Mémoire à l'Empereur.