‹ Mémoires authentiquesChapitre 54 sur 146 · LX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LX INTRODUCTION

la Vie privée ait reproduit, comme des documents neufs et précis, les allégations de Soulavie, est-il besoin aujourd'hui de faire justice de ces contes, où son goût pour les récits obscènes et son besoin de calomnie se donnaient libre carrière ?

Enhardi par la facilité qu'il trouvait à mettre ce récit au compte de M. de Richelieu, Soulavie ne craignit pas d'emprunter aux pamphlétaires certains détails des chapitres intitulés : De Vambition du Régent et de son parti : considération sur les vues qii'on lui a attribuées, et Eclaircissements ultérieurs sur le chapitre précédent, par l'auteur des Mémoires du maréchal de Richelieu ^ Philippe d'Orléans visant à la couronne de France et méditant avec ses familiers les voies et moyens pour arriver au but ! Bien qu'elle ne fût pas nouvelle, cette imputation était si calomnieuse que Soulavie dut l'envelopper dans mille réticences, arrachant ou rendant tour à tour un prétendu aveu à M. de Richelieu, commentant une lettre écrite en 1725 au cardinal de Polignac et conservée, dit-il, « dans le troisième portefeuille des pièces relatives à l'ambassade de Vienne ^. » Il est bien inutile, encore une fois, de faire remarquer que cette lettre, à supposer qu'elle ait existé, ne dit point ce que Soulavie veut y trouver, et, s'il reste quelque chose de ces accusations dont l'histoire n'a guère à se préoccuper, c'est au compte de Soulavie qu'il faut les porter, et non à celui de M. de Richelieu.

Voici maintenant une question sur laquelle la curiosité pubhque, longtemps surexcitée et tenue en haleine, s'est abattue

d'une princesse généralement estimée ? Puisque nous donnons dans le présent volume les Mémoires que M. de Richelieu dictait et écrivait lui-même, on verra si leur ton a le moindre rapport avec celui que lui prête son historien.

2. T. III, p. 349. — On possède, outre les minutes de cette correspondance, le registre à secret où M. de Richelieu la faisait mettre au net, et la lettre du 22 décembre 1725 ne s'y trouve point.

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