LXXIV INTRODUCTION
Tencin avec M. de Richelieu (1790, 2 vol. in-8)^ soit par le témoignage de Soulavie lui-même, qui avait été son compagnon de travail, presque son collaborateur, avant de devenir son rival et de dénigrer ses productions. Cependant Barbier et Quérard attribuent la rédaction des deux premiers volumes de la Vie privée à Faur, ancien secrétaire du duc de Fronsac, et croient que le troisième volume, uniquement consacré aux aventures galantes, est de son invention 2. A ce compte, Laborde n'aurait été que le compilateur ou l'éditeur. Quoi qu'il en soit, voici comment la Vie privée elle-même établit l'origine des documents authentiques qui font le prix du livre et la valeur respective de tous les travaux entrepris ou exécutés sur le même sujet.
« Depuis longtemps, on prioit le maréchal de dicter quelques détails sur sa vie et de permettre qu'on les rédigeât sous ses yeux ; plusieurs personnes s'ofTroient à tenir la plume ; mais c'étoient toujours de nouvelles difficultés de sa part. Il a confié des matériaux à plusieurs particuliers, qui en ont fait peu d'usage. Toutes les recherches faites dans ses papiers ont eu très peu de suite, parce que le maréchal n'en mettoit à rien. A dire la vérité, ses papiers furent dispersés, et ce fut à qui en réuniroit le plus ; mais nous assurons le public que nous sommes seuls possesseurs des manuscrits connus du maréchal. »
Parmi les aspirants à ce poste d'historiographe, le maréchal, continue la Vie privée, avait distingué l'abbé de Voisenon, celui que Voltaire appelait l'évêque de Montrouge. « Un jour, lui « disait-il, je me confesserai à vous, et je vous permets de « révéler ma confession. Vous l'écrirez, petit abbé, et mes