‹ Mémoires authentiquesChapitre 73 sur 146 · LXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXVI INTRODUCTION

nage. Mais pourquoi les auteurs de la Vie privée jugèrent-ils à propos de présenter leur livre sous le couvert d'une espèce de légende? Le maréchal, disent-ils, avait, dans les derniers temps de sa vie, confié à un ami, M. de***, ses recueils d'anecdotes galantes, de lettres, de manuscrits, pour faire connaître plus tard « ses folies ». M. de*** mourut quelque temps avant le maréchal, et ses héritiers, de bonne ou de mauvaise foi, vendirent au plus offrant les papiers qui n'avaient été confiés qu'en dépôt ; la trace en était déjà perdue, quand l'éditeur (en 1790) rencontra leur détenteur dans une société où l'on parlait du livre à la mode, les Mémoires du maréchal. Cet homme, dont le nom ne nous est pas donné, s'offrit obligeamment à communiquer ce qu'il possédait, dans l'espérance qu'on restituerait les faits trop souvent altérés et les détails dont Soulavie était si mal instruit. Il finit même par abandonner la propriété des originaux aux amis du maréchal, qui s'associèrent pour en exécuter la publication. Une première édition parut tout aussitôt, en 1791, chez Buisson ' dans le format in-S" ; une seconde,

1. Voyezle Journalde Paris, 13 août 1791 qui contient l'énumération détaillée des livraisons parues chez Buisson du 8 septembre 1790 au 10 juin 1791. — Des extraits de la Vie privée avaient été donnés dans le Mercure des 2, 9 et 16 avril, accompagnés d'articles de C. . . [Chamfort] . Il commence par rappeler l'engouement qui avait accueilli les quatre volumes de Soulavie, et qui venait de ce que ces volumes contenaient tout autre chose que les Mémoires de Richelieu, et surtout des hors d'œuvre absolument opposés à l'esprit et aux principes du maréchal. « Ce ridicule fut senti, mais pardonné en laveur de l'intention, le texte du sermon plaisait, et on fit grâce à l'inconvenance de le faire prêcher par M. de Richelieu.» Au contraire, la Vie privée ne donne que ce qu'elle avait promis. Partout, C. . . affecte de croire qu'elle est écrite par Richelieu luimême, pour mieux insister sur « les côtés immoraux, sur les opprobres et les horreurs » auxquels 1789 avait mis fin (p. 26 et suivantes). C. . . termine en faisant ressortir la valeur des pièces mises en appendice (p. 100).

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