‹ Mémoires authentiquesChapitre 96 sur 146 · COMMANDEMENT EN LANGUEDOC · texte numérisé non relu

COMMANDEMENT EN LANGUEDOC

en même temps d'être raisonnable et d'accepter le changement proposé. M. de Richelieu avoua qu'il avoit eu tant de peur la veille de la sentence de renonciation qu'il falloit faire à la Bretagne, qu'il n'eut pas de peine à dire à jVP^ de Saint-Florentin que, si elle lui conseilloit d'être content, il s'en rapporteroit à elle et à M. le cardinal. Dès qu'il eut lâché cette parole, elle partit sur le champ pour aller trouver le cardinal, en l'assurant qu'il en seroit aussi aise qu'elle, et, à son retour, elle assura M. le duc de Richelieu que le cardinal étoit très content. Lui, eut beaucoup de peine à cacher qu'il ne l'étoit pas autant. Il alla trouver le cardinal, à l'heure qui lui fut donnée par M™^ de Saint-Florentin, el lui marqua toute sa reconnoissance de ce qu'il voyoit bien qu'il avoit été obligé de faire pour lui donner une preuve de son amitié. Comme on aime les gens à qui on a rendu de grands services, le cardinal donna à M. de Richelieu encore plus de marques d'amitié qu il ne lui en avoit témoigné. Enfin, à la fin de l'année, M. le duc de Richelieu alla en Languedoc ' tenir les États et jouir de cette place,

me dit qu il y avoit encore des arrangements qui rendoient cette décision incertaine : ces arrangements ne furent finis que le 29. M. de la Fare vint ce même jour étiez moi, et me dit que leRoivenoit de lui donner la lieutenance générale de Bretagne, et à M. de Richelieu celle de Languedoc. Ces deux lieutenances générales ne sont nullement semblables, etc. » Quant à M. de Penthièvre, il eut comme compensation à ces arrangements une augmentation de 13,000 francs sur les appointements de sa charge de grand veneur. Arch. nat., 0^S2, f. 183.)

1. Voy. ses Instructions aux Arch. nat., carton TT 446, et, sur ses relations avec les protestants. TT 337 et 355.

42 MÉMOIRES DE RICHELIEL' 1738

qui seroit la plus belle que le Roi ait à donner dans ce genre-là, si elle étoil aussi stable que le sont les gouvernements K

1. Ce que M. de Richelieu ne dit pas, c'est qu'il déploya dans l'administration du Languedoc la même habileté, les mêmes ressources qui l'avaient fait triompher seul de tant d'obstacles à Vienne. Il se fit bien voir de ceux qui devaient être ses ennemis, ses rivaux naturels ; apaisa les dissensions qui séparaient soit le clergé et le parlement, soit les catholiques et les protestants ; enfin, il fit de sa province, pendant le temps qu'il y passa, un modèle de conduite et de dévouement.

Page 1