‹ Mémoires authentiques sur Garibaldi mis en ordreChapitre 22 sur 33 · VICTOR- EMMANUEL · texte numérisé non relu

VICTOR- EMMANUEL

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gnages de sympathies de ses amis politiques d'Italie et de France.

M« Planât de la Faye, ancien officier d'ordonnance de l'empereur Napoléon P% lui envoya une paire de pistolets, comme gage de sa profonde estime et de sa sincère admiration. Voici la lettre que lui écrivit Garibaldi à ce sujet :

« G6me, 29 mai 1859.

c Mon cher Monsieur,

c Les beaux pistolets que vous avez eu Tobligeance de m*offrir, \ moi, qui ai si peu de titres à votre attention, ont vivement excité ma reconnaissance. Vous êtes de ceux qui ont mérité le nom de brave dans le monde entier, et les vrais braves ont toujours un excellent cœur. Vos magnifiques armes m'arrivent dans une excellente occasion : c'est poiur moi im cadeau de bon aujgure.

c Oh! mon bien cher ami! le jour si impatiemment attendu depuis tant d'années a lui enfin pour nous ! Nous avons combattu et nous combattrons à outrance les ennemis, les assassins de ma malheureuse patrie; et le sang que nous verserons, en sabrant ces hordes cannibales, scellera la fraternité de deux nations qui furent et seront des sœurs inséparables : la France et ntaUe!

« Je vous réitère mes biens sincères remerctments, et suis, avec affection,, votre ami dévoué ,

« Garibaldi. »

Cependant^ après la prise de Yarèse et de Côme, le nord du lac Majeur et ce lac lui-même étaient encoro au pouvoir des Autrichiens.

Deux vapeurs, au pavillon impérial, le Benedeck et le Radetzki, aimés chacun de quatre canons, menaçaient

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ses rives 9 et transportaient des troupes sur tout le li lierai. Au repos , ils s'abritaient dans une anse que protégeait le fort de Laveno.

Le général de Tlndépendance eut hient6t e<MDpris que la possession de ce retranchement lui donnerait celle des vapeurs et obligerait les Autrichiens à abandonner cette mer intérieure.

Un soir donc^ il arrive inopinément à sa base à la tête d'une colonne de chasseurs des Alpes y et monte intrépidement avec elle à Tassant, tandis qu'une autre colonne doit attaquer la place du côté opposé et, forçant Tennemi à se diviser, décider d'un succès qu'il ambitionne par-dessus tout.

Il avait réussi dans sa tentative, et attendait, en se battant comme un lion, que le désordre des assiégés lui annonçât l'apparition de la seconde colonne. Celle-ci , malheureusement, s'était égarée en chemin, Elle n'arriva au but qu'avec le jour, c'est^-dire au moment où les Autrichiens pouvaient profiter de l'avantage de leur position.

Après une journée d'héroïques efforts, il feUùt donc se retirer, d'autant plus vite, qu'on entendait le canon gronder d'un autre côté.

A son tour, Urban avait tenté une diversion, et, profitant du départ de la garnison de Yarèse pour Laveno, il était venu assaillir cette ville sans défense à la tête d'une colonne de seize mille hommes.

C'était dans la matinée du 31 mai.

Urban envoya Tordre qui suit k la populations

«c Yarèse, en punition de Taccuéil qu'elle a fait aux

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ennemis du gouvernement impérial , est frappée d'une amende de trois millions de livres à payer de la sorte i

(( Le premier million^ dans le délai d'une heure; le deuxième y une heure après ; le troisième, une heure à la suite du deuxième. »

À cette nouvelle , tous les habitants valides prirent immédiatement la fuite. Il ne resta dans les murs que les vieillards y les infirmes, les malades et les blessés du combat du 84 mai.

Urban fit sur-le-champ bombarder et canonner la place. Des malheureux qui n'avaient pu s'éloigner, une partie fut écrasée sous les décombres, l'autre périt dans rincendie.

Quand vint le soir, le lieutenantr-maréchal lâcha ses soldats dans les rues , et tout ce qu'il y avait encore d'argent, dW et d'objets précieux fut détruit ou pillé par les Autrichiens.

Us se retirèrent avant lô jour, au moment où Garibaldi accourait.

Le général italien ne put même les rejoindre. Les soldats d'Urban avaient compris que, si on les atteignait les représailles qu'on exercerait sur euE seraient terribles, et ils ne s'arrêtèrent qu'à Milan.

Trois jours après, le 4 juiii, Tannée alliée remportait la victoire de Magenta.

Dans l'intervalle , Garibaldi avait rétabli Tordre à Varèse, assuré ses quartiers à Côme, conquis par surprise les deux vapeurs autrichiens mouillés sur la rive du lac, et contraint ensuite la garnison de Laveno^ isolée de tout secours, à se retirer précipitamment*

Aussi, lors de Tentrée de Napoléon III et de Victor- Emmanuel à Milan, Tordre du jour suivant fut-il publié :

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