CHAPITRE XIII
U goerre de nndépendance. — PanaeedaTessin. -• Gombttde Varèse. ^ Combat de San-Fermo. — Garibaldi k G6ine. -^ Hommages rendoB aa libèratear. — Combat de Layeno. — VeDgeanees d'Urban. — Prise de Lateno. * Récompenses «a ebaflsemsda Alpes. — Entrevoe de MMan. — BerganM. — Brescia. — Coadwt de Castelnedolo. -^ Paii de VUlafiranea.
A rottverture de la campagne de 1859, on eût pu cioire que Vaubli aUait envelopper un instant l'illustre condottiere. Qu étaitH^e, en effet, nuse dans la balance avec Timposante année à combattre, que cette poignée de braves qui se préparait à agir isolément sous ses ordres?
Ces prévisions heureusement ne se réalisèrent pas.
Gbex nous, le nom de Garibaldi était devenu tout à coup populaire.
A la fois léger et impressionnable de sa nature, le Français peut à la rigueur ne pas s'enAousiasmer tout d abord au récit d'une vie consacrée à raffranchissement de son pays; mais parlez-lui d'un homme qui, Vépée à la main, groupe autour de lui une légion d'autres hommes intrépides et qui les mène toujours en avant,
et VOUS Terrez comme il se passionnera , comme alors tous les détails sur votre héros^ tous les faits, vrais ou apocryphes , ayant trait à son histoire seront avidement lus ou écoutés par lui.
Voilà précisém^Qp q[^fi|iîfp.i^^jet de Garibaldi.
Une dépêche annonce de lui une victoire^ et immédiatement on s'intéresse à cet aventurier isolé et aux braves qui partagent sdn sort.
Le but militaire de son expédition est Ip spuîèYPment 46 la Valtelina^ viche prorâusd située au «oïd 4e la Lombavdie.
Il part de Turin avec 3,700 camarades, tous anciens volontaires de l'Indépendaàcet^u jeunes gens de bonne famille, que son renom et le prestige de ses exploits, le caractère libéral de tous ses actes, son intrépidité per- 4O|iur})0 à toutd épreuvd pi^ séduâs «t enthraaîasmés.
PiMTtdQt il 'êtk êmmi^ par aa pfaolamatian a^ pei»^ plw à» la f Mibandîn (3etta pKxâœiatlon, lamxoi t
Lombards!
Vous êtes appelés à une nouvelle vie el vous devez r^p(nidr.Q à cet appel comme jadis vos pères à Ponsid^ et I^egnanô. L^annemi eai èneore te mièmé : às^ssin, tniUârd, im^hbyablë^ atroce. ¥6^ irèrêë dé ioiAda les fft^Anees 'ont Jdré de ¥éihcre 6a de mourir avec vous!
lC'0lî*B^§ ^ %euifls Im im^^f \^ PUIM^Js, b writode d/9 vingt ^én^ffiçri$ j/e^sé^ ; p'est i) noifs .^e l^lss^ l( ipo^ fils un patrimpjne p^r 4^. toute souillure et de. dûmij^atioa ^tr^n-^ gère. Vîctor-Emmànuel, qu^ la volonjé nationale a choisi pour notre èhef suprême, m'envoie au milieu de vous, tous organiser pour da patriotiques batailles, le suis ému dé la sainte mission qfji lafjœttaaQfiéBç js suiafiai daimarehar à vo^^U. -
élift GAKibALDI. m
Kut àHnes dôfic ! resclâvâge ddft cèssèt- ! Qui peut ÈtàÉit une arme et ne la saiëit pàâ edt un traître. L'Italie, OTéc des étifaM» unis et affranchis de la domination étrangère,, laura recduquérir le rang que la Providence lui a assignée parmi les nations.
G. GAIUBUUJ)!.
La petite armée garibaldienne arrive le 20 mai au soir à Gattinara. tJne pluie battante a détrempé les chemins^ mais les volontaires exténués de fatigue et Hiaurtfitt de faim ne perdent pas pour si pei^ leur entrain et Imr galle.
Les habitants dé la petite tille font attx ehasseUrs âès Alpes une ovation populaire. C'est un concert unanime de félicitations^ d'encôu ragements et de vœux pour la délivrance des victimes de l'oppression autrichienne.
Le 22» Garibaldi arrive à Borgomanero. Le 23 , il entre à Gastelletto, sur le lac Majeur. Pour les Autrifchiensy 6omme pour tout le monde, il se dirige sur Ârona. Mais comme notre héros est aussi économe de la vie de fies compagnons d'armes qu'il Test peu de la ttenne, et comme beaucoup d'entre eux sont Lombards^ il juge prudei^t de déjouer l'attention de Tennemi et de les introduire par surprise dans leur terre natale.
Il envoie donc à Âron:^ des émissaires chargés de lui jpréparer des logements pour ses hommes et pour ses chevaux, et, tandis qu'à une heute et denûe ils se dirigent vers ce pcunt, lui, aVec ss^ petite trtfupe^ s'élance à marches forcées du côté de Varèse^ passe le Tessin sur un bac, près de Sesto-Calende, et ^ntrè le toir même en Lombardie.
Des habitants du pays avaient devancé la colonne expéditionnaire et annoncé à Yarèse l'arrivée des chasseurs des Alpes.
La municipalité fit afficher immédiatement la proclamation suivante :
Ce soir, vers minuit, doit arriver parmi dous une colonne de Tarmée italienne sous les ordres de Giuseppe Garibaldi, général du magnanime roi Victor-EmmanueL La municipalité, en donnant cette nouvelle à ses concitoyens, s'en réjouit» partageant avec eux Témotion et la Joie de la patie reconnaissante.
Les eiQUèmes de Toppression étrangère étant tombés, au milieu de nous reparaîtra le saint drapeau tricolore, drapeau d'ordre, de concorde, de liberté et d'avenir. Bénis soient les braves qui nous le rendent I Accueillons-les avec joie ! Suivons les inspirations de notre coeur, et que notre parole de bienvenue soit : Vive F Italie!
A l'hôtel de ville, le 23 mai 1859, six heures du soir.
Le maire, Carcano; le$ adjoints, Picinelli, Morandi, del Bosco, Pazelli; secrétaire^ Zanzi.
Quand les Autrichiens apprirent par quel^snbferfuge leur adversaire avait évité une rencontre qui semblait imminente, ils voulurent lui r^dre la pareille en le pu^ nissant de les avoir si bien joués.
A cet effet, ils se massèrent aux abords de Ck)llarato, de façon à se trouver placés entre l'intrépide général et le Tessin, et à pouvoir lui couper la retraite dans le cas où, comme ils en avaient Tespérance, ils le mettraient en fuite après Tavoir battu à Yarèse.
Mais Garibaldi était trop habitué aux escarmouches
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de cette guerre de partisans pour se laisser prendre à un piège aussi grossier.
n fit barricader Yarèse et confia la garde de ces fortifications improvisées aux habitants^ auxquels il adjoi* gnit deux cents de ses braves; puis, déguisant sa marche, il fit, avec le gros de sa petite armée^ un détour rapide et revint attaquer les Autrichiens de flanc et en queue, au moment où ils en étaient au plus fort de la lutte avec la population varésienne.
Surpris de tous côtés, les impériaux se débandèrent ; mais chaque issue était gardée avec soin, et la retraite, devenant impossible, une déroute affreuse s'ensuivit.
Cette journée de Yarèse fut une de celles où notre illustre condottiere montra le plus de courage personnel, mais ce fut aussi, et principalement, une de celles où il fit preuve de la plus rare habileté stratégique.
Elle eut, en outre, l'avantage de stupéfier les Autrichiens, auxquels on avait annoncé une horde de brigands, et qui furent tout surpris de se trouver en face d'une armée, peu nombreuse , il est vrai, mais aussi compacte, aussi bien disciplinée et maneuvrant avec autant d'habileté que la meilleure armée régulière.
Ce n'est qu'à Camerlata que les vaincus purent réussir à reformer leurs rangs, dispersés dans toutes les di* rections.
Avant de poursuivre sa marche victorieuse, Garibaldi tient à assurer sa conquête, et, faisant une première application des instructions publiées, aux approches de la guerre, par la Société nationale italienne^ il légalise l'insurrection naissante en nommant le vm^e 4e Yarèse,
M. Carcano^ commissaire provisoire au nom de Victor- Emmanuel.
Ce digne magistrat^ qtii comprenait sa mission^ fit immédiatement paraître Tarrêté suivant :
Le commiêêairepropiêoire de 5* lU. le rét de Sardaigne à Varèse et aux environs.
En vertu des pouvoirs à lui conférés par rarrété d'aujourd'hui du général Giuseppe Garibaldi, commandant les Chaêseurê dm Alpes, le soussigné foit savoir ce qui suit :
1<^ Le gouvernement autrichien est déclaré déchu ; il est remplacé par celui du magnanime roi Victor-Eomianuel de Sardaigne, au nom duquel les autorités gouverneront désormais, conformément aux instructions qui leur seront données.
2* Les mesures d'ordre public et oelles qui ont trait à la d^'^ f^nse du pays sont concentrées dans le soussigné, et coidées, pour Texécution, au patriotisme du peuple et de U garde natio^nale qui va être organisée.
Que les habitants aient pleine confiance et qu'ils comptent sur le soussigné : il tâchera de répondre dignement aux bonnes intentions du magnanime roi qu'il représente et du général qui M a conféré ces pouvoirs extraordinaires poiff le bi^ du pays et de ritalie dans les grayes circonstances actuelles.
£e maire, commissaire royal sarde extraofrdina^,
GaroMo.
Un autre arrêté,' rédigé d'après les mêmes insirao tiens, régla Tebrôlement de deux bataillons de volontaires et ordonna Torganisation de la garde natiofialeé
Les Autrichiens se i^elbrmèrent en masse compacte à Gamerlata, position avantageuse d'où l'on peut défendre Gôme Sans avoir à essuyer de trop grsmdes pertes* Us
étaient huit mille avec de Tartillerie, sous le commandement du feld-maréchal Urban.
Garibaldiy partant le 26 mai de Yarèse pQ\ir Gôme, feignit de prendre la route postale en sortant de Binago.
Trompé par ce stratagème ^ l'ennemi , espérant lui fendre sa surprise , traverse G6me pour écraser les chasseurs des Alpes du côté de Yarèse. Il était alors onze heures du soir.
Le lendemain matin y les Autrichiens occupaient les hauteurs qui se trouvent entre les deux villes* Notre héros les prend en face et de flanc, les culbute et les met en fuite.
Tandis que la plus grande partie de nos braves chasse devant eux les impériaux jusque dans Côme, Garibaldi se détourne de sa route, attaque, à San-Fermo, une colonne qui, mal dirigée, croit rejoindre la brigade déjà battue, pour la renforcer, et, la poussant Tépée dans les F6Îns, la fait traverser Borgho-Yico, puis arrive à Gôme, où, dans sa fuite, elle rencontre la colonne prln* cipale, déjà en déroute du c6té de Gamerlata.
k G6me, les deux détachements de chasseurs des Alpes opèrent leur jonction et se précipitent ensemble sur les traces des fuyards, en plein chemin de Milan, tandis que la municipalité s'apprête à célébrer la délivrance de la ville.
Le général italien poursuit encore Tennemî pendant deux heures ; mais la fatigue ayant également atteint vainqueurs et vaincus, il revient à Côme, où il opère son entrée solennelle à six heures du soir.
Immédiatement après, il fait publier et afficher la proclamation suivante :
Citoyens,
Tous les jeunes gens en état de manier un fusil sont appelés sous la bannière tricolore.
Aucun de vous ne voudra assister à la gu«rre sainte sans y prendre une part active.
Le moment est venu de prouver que vous ne mentiez pas quand vous parliez de votre haine pour l'Autriche.
Aux armes donc!
Aucun sacrifice ne doit nous sembler au-dessus de nos forces, dès que nous savons qu*en nous l'imposant, nous contribuons de tout notre pouvoir à la conquête de l'indépendance italienne.
Garibaldi.
Le résultat de cette affaire de Côme fut la retraite d'Urban sur Monza et la délivrance de la Yalteline, qui s'insurgea et proclama Victor-Emmanuel.
Jamais libérateur ne fut accueilli par les populations comme Garibaldi par les habitants de Côme. On voulut le porter en triomphe. On lui improvisa une de« meure royale. On pavoisa, on illumina la ville.
Mais, aussi modeste que brave, il refusa de se prêter à cette ovation, et alla descendre à ime simple auber^ de Côme, à Fhôtel Sainte-Ânne, où il occupa un très* petit appartement.
C'est là qu'il reçut un grand nombre de visites, la plupart intéressées. C'étaient, en général, des rédacteurs de journaux de Paris ou de Londres, qui brûlaient de connattre le héros de l'Indépendance.
Là aussi, il fut bientôt entouré d'incessants témoi-