PLANCHE PREMIÈRE
Cette planche représente un cas à' anévrysme cirsoïde ou varice artérielle, {rayez Ohs. IV , § XXXI.
Nous avons déposé dans le muséum de la faculté de médecine la pièce anatomique d’après laquelle ce dessin a été fait.
1, artère humérale d’un calibre bien supérieur à celui que ces vaisseaux devraient oiî'rir chez une vieille femme de petite stature. La pai tie supérieure du système vasculaire artériel du bras est un exemple d’anévrysme vrai cylindroïde.
li, artère cubitale beaucoup plus volumineuse que dans l’état naturel. Outre l’accroissement de calibre, ce vaisseau présente une longueur plus grande et semblerait appartenir à un sujet d’une haute stature. Aussi voyonsnous cette artère cubitale, llexueuse, principalement dans sa moitié inférieure, où elle oifre en outre des renflemens dont nous parlerons plus bas.
3, 3,3, artère radiale avec un accroissement considérable dans sa longueur et dans sa grosseur 5 cependant elle est beaucoup moins flexneuse cjue l’artère cubitale.
4 , 4 5 leiillemens sphéroïdaux constituant un anévrysme mixte. L’incision de l’un de ces renflemens nous a fait reconnaître qu’à travers les éraillemens de la membrane moyenne, par la rupture de quelques unes des fibres de ce i'euillcl, s’engageait la membrane interne, qui n-’etait couverte et soutenue audehors que par la tunique celluleuse.
5, 6, 7, flexuosités et circonvolutions nombreuses des artèi’es cubitale et radiale dans la paume de la main. On voit que les branches de ces deux artères s’anastomosent entreelles un grand nombre de fois j on voit aussi que ces vais- -seaux , et principalement l’artère cubitale, sont très-gros , très-flexueux , et (ju’ils présentent en outre plusieurs renflemens globuleux qui étaient des anévrysmes sphéroïdes vrais ou des anévrysmes mixtes (4 r 5 , 6, 7).
Sur celte même artère cubitale on aperçoit en plusieurs points que le vaisseau a conservé son calibre dans l’espace de quelques lignes ou d’un pouce ou deux -, mais au dessous et au dessus de ce calibre demeuré inférieur à celui du reste de l’étendue de l’artèro, on distingue une dilatation globuleuse. Toute la paume de la main était remplie [>ar ces artères ainsi dilatées, et ces vaisseaux, parleur aspect, par la mollesse de leurs parois, ressemblaient parfaitement à des veines variqueuses.
AiNÉVRYSMES.
Les artères des doigts, non seulement les collatérales, mais encore celles qui sont sur la face palmaire de ces doigts, étaient très-dilatées, très-llcxueuses s’anastomosaient entre elles un grand nombre de fois, et ressemblaient bien plutôt à des veines variqueuses qu’à des artères.
L’artère interosseuse antérieure était aussi fort dilatée.
Le bras et l’avant-bras de cette femme offraient donc réunis des exemples 1 ' d’rt/te'i’/') sinecylindroïde, 2° à' anévrysme sacciforme ou sphéroïde, 5°d’n?(èvi'ymes mixtes, 4" et principalement à'anévrysme cirsoïde ou 'varicc orlérudAc.
PLANCHE JL
Celte planche représente un cas fort rcmarquabled’a/teV/'; sme nti.r/e et à'anévrysme cirsoïde, que nousavons observé à l’Hôtel-Dieii, avec MM. Dupuvtren cl Sanson , cl pour lequ<‘l l’amputation de la cuisse fut pratiquée. Nous avons disséqué h; membre avec soin et nous avons fait représenter par M. Chazal les principales altérations des artères de ce membre. ( Voy. Ohs. I, § LXXVi.
Fig. I. On voit ici l’artère poplitée ouverte dans toute sa longueur (A) -, sur la paroi interne de ce vaisseau on aperçoit la membiane intérieure ulcérée dans quelques points , mais sur une petite étendue; des plaques ostéo-ebondroïdes et des concjélions litlioïdes étaient situées entre la membrane interne et la membrane moyenne.
B, ouverture dans laquelle s’engage la membrane interne pour passer à travers une déchirure de la membrane moyenne, et constituer un anévrysme mixteexterne.
C, autre exemple d’anévrysme mixte ; on voit en cia tunique extérieure ou feuillet celluleux, et au-dessous existait en rapport, avec cette première lame, la membrane interne, <jui faisait une sorte de hernie à travers la destruction ou l’éraillement du feuillet médian de l'artère.
D, D, D, D, artères tibialespostéiieurc et péronière, considérablement dilatées et présentant dans toute leur longueur, de distance en distance, des nodosités qui sont de petits anévrysmes vrais saccifonnes la membrane moyenne, après avoir cédé en se dilatant, présente à un degré plus considérable, un éraillement à travers lequel s’engage la membiane interne , mais il n’y a pas encore de rupture de fibres ; c’est lorsque la tumeur devient un peu plus volumineuse que cette déchirure survient et qu’elle livre un passage facile à une portion dilatée et plus ou moins considérable delà membrane interne. C’est une espèce de hernie de ce feuillet à travers la lame médiane , hernie dont la tunifjue celluleuse constituci ait le sac.
Fig. 2. Ce que nous venons d’indiquer se trouve représenté par la figure 2, qui montre une coupe de profil de cette espèce A' anévrysme mixte.
A, poche herniaire formée par la inembiane interne et par la tunique
ANÉVRYSMES.
celluleuse, adossées l’une à l’auHe sans être séparées par le feuillet médian, qui a été rompu et détruit.
B, B , les deux extrémités de ce feuillet médian ou fibreux, vu dans ce point de la rupture. Au delà l’on voit le rapprochement et l’adossement des feuillets interne et externe.
Fig. 3. Portion de l’artère fémorale présentant une dilatation morbide dans toute son étendue et en outre deux anévrysmes mixtes.
A , A , les deux extrémités de la portion du tube artériel enlevée à l’artère fémorale.
a, membrane interne de l’artère présentant une dilatation et s’engageant à travei’s une ouverture formée par l’éraillement et la destruction des fibres du feuillet médian de l’artère. On aperçoit sur la face externe ou convexe de la membrane, des plaques formées par une matière inorganique.
b, b, fibres circulaires de la membrane moyenne. On remarque plusieurs de ces fibres qui ont été distendues par la dilatation de la membrane interne, et qui ont cédé à cette distension, et ont permis à la membrane interne de s’engager dans l’ouverture résultant de cette rupture ; dès’- lors l’écartement a du aller en augmentant, et la membrane interne a formé une hernie à travers cette ouverture.
c , c , c , c , quatre lambeaux résultant de la section de la tunique celluleuse, qui, par leur écartement , laissent distinguer la membrane moyenne ou feuillet fibreux, son éraiilement , et la membrane interne dilatée qui s’engage dans l’ouverture de la lame médiane. Plus bas est un second anévrysme mixte. La tunique celluleuse est fendue , séparée des tissus sous-jacens et portée en dehors. La membrane interne est ouverte pour laisser voir la cavité de 1 artère dilatée; elle constituaitla tumeur anévrysmale dans laquelle aucun caillot sanguin ne s’était formé et n’oblitérait totalement ou en partie la cavité du vaisseau, comme le présentent les anévrysmes faux consécutifs. Une érigne engagée dans la fente de la membrane interne porte un des bords de cette membrane en dehors pour laisser apercevctir l’intérieur de l’artère. Sur la face externe de ce vaisseau et dans les points les plus proéminens de la tumeur on ne distingue aucune fibre circulaire rappelant l’existence du feuillet médian. Ce n est qu’en se rapprochant des points où le vaisseau reprend sa forme naturelle qu’on voit reparaître les fibres circulaires de la membrane moyenne. Sur le bord opposé de cette section de la tumeur anévrysmale, on distingue J adossement des deux seuls feuillets , l’interne et l’externe, restant à l’artère.
Fig. 4. Portion d’artère prise sur le même individu et présentant un anévrysme mixte. Le vaisseau est vu par la face interne, d’après une section longitudinale ou parallèle à l'axe de ce vaisseau.
a . a, a, a, lambeaux résultant de la section de !a niombrane interne. Sur
A.NÉVRYSMES.
la face interne de ces quatre lambeaux , qui sont renversés, on aperçoit de petites plaques d’un blanc jaunâtre formées de matière inorganique.
é, membrane moyenne de l’artère. Plusieurs portions de ces plaques de matière inoi-ganique situées entre la membrane interne et le feuillet moyen , sont restées sur la face externe de ce feuillet médian.
c, tunique externe ou celluleuse se laissant voir à travers l’éraillement des libres du feuillet médian; la membrane interne dilatée, s’engage dans cette ouverture transversale.
Fig. 2. Pied et partie inférieure de la jambe du sujet qui présentait les nombreuses tumeurs anévrysmales que nous avons fait représenter sur celle planche et sur la suivante.
A, artère tibiale postérieure considérablement dilatée et montrant, outre l’augmentation générale de son calibre sur toute sa longueur, une multitude de dilatations latérales, qui sont autant d’anévrysmes mixtes.
B, artère tibiale antérieure dépassant de quelques lignes la section des os de la jambe.
A’, A’, dilatations latérales de l’artère , formant de petits anévrysmes mixtes.
C, C, portion de l’artère tibiale postérieure longue de plus de deux pouces et prise dans un point correspondant à l’existence d’une tumeur anévrysmale ; C, , C , indique plus particulièrement la tunique extérieure ou celluleuse.
D , D , membrane interne dilatée ne correspondant par sa face libre à aucun caillot sanguin , et par sa face externe n’adhérant point au feuillet médian. On peut reconnaître que cette membrane interne a une ampleur supérienre au diamètre transversal du tube artériel.
E, partie de l’artère où existait encore le feuillet fibreux ou médian de ce vaisseau.
F, F, parties inférieures de la même artère présentant aussi des nodosités anévrysmales.
G, divisions de cette artère tibiale postérieure en artères plantaires. Un voit que ces vaisseaux sont d’un calibre supérieur de beaucoup à celui de leur état normal, qu’ils sont flexueux et couverts de nodosités. Tous ces petits renflemens sont autant d’anévrysmes vrais sacciformes, ou d’anévrysmes mixtes, à des degrés dilférens de développement.
I, I, mêmes dispositions pour les divisions et subdivisions des artères plantaires.
K. les branches antérieures de ces artères plantaires cacliéits en partie sous le tissu cellulaire adipeux de la plante du pied, qui laisse apercevoir le tiajet et la disposition noduleuse des artères. L’aflection anévrysmale chez ce sujet avait envahi non seulement les troncs, mais eneew e les branebeset les rameaux des artères du membre.
AJXijVflïSMES.
PLx\NCHE m.
La figure unique de cette planche représente la raêine jambe que celle dont a planche précédente donne l’image-, mais ici le membre est -vu par sa face externe.
A , artère tibiale antérieure considérablement dilatée.
B , portion supérieure de l’artère tibiale postérieure, aperçue au-dessus de la section des os.
G , nodosités sur divers points de l’artère tibiale antérieure, formant les unes des anévrysmes vrais, les autres des anévrysmes mixtes à leur premier tlegré.
D, bifurcation de l’artère tibiale antérieure 5 dans le point de division existe un anévrysme mixte.
E, autre anévrysme mixte plus considérable, situé dans le point où 1 artère tibiale antérieure prend le nom d’artère pédieuse.
F, F, F, divisions et subdivisions de l’artère pédieuse offrant une multitude de renflemens noduleux, qui sont autant de petits anévrysmes vrais ou d’anévrysmes mixtes.
G, dilatation plus considérable de l’artère pédieuse, constituant un anévrysme mixte.
I , branche de l’artère pédieuse s’anastomosant avec des ramifications de l’artère péronière. — Toutes les divisions et subdivisions de ces vaisseaux présentent, sur toute leur longueur , de nombreuses nodosités qui sont autant de petites tumeurs anévrysmales. Les plus proéminentes constituaient des anévrysmes mixtes.
K , artère naissant de la branche transversale anastomotique entre l’artère pédieuse et l’artère péronière. Elle offre des nodosités semblables aux autres vaisseaux de cette région du pied.
Ij, autre branche provenant de l’artère péronière et anévrysmalique dans toute sa longeur et dans toutes ses ramifications.
M,N, O, P, diverses branches des mêmes artères et qui sont très-dilatées et iroduleuses. — Elles allaient s’anastomoser avec des ramifications de l’artère plantaire externe , présentant une disposition morbide semblable. Ainsi toutes les artères de la jambe étaient afi’ectées de la même maladie, et les tumeurs anévrysmales formaient sur les vaisseaux une sorte de chapelet ou de grappe dont les grains très-rapprochés variaient pour leur volume. { Anevrysma racemosum, )