‹ Mémoires chirurgicaux sur différentes espèces d'anévrysmesChapitre 8 sur 19 · SECONDE PARTIE · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE

DES ANÉVRYSMES MIXTES.

K Dans tout ce que j’al dit^ je n’ai cherché que le vrai,

» non pas uniquement pour l’honneur de le dire , mais » parce que le vrai est utile aux hommes. »

IIelvltius. De V Esprit.

§ LXX. Un second genre d’anëvrysme sur l’e.xistence duquel nous désirons appeler rattention de TAcadeinie des sciences, est V anévrysme mixte. Dans cette maladie, certaines membranes d’une artère sont ëcartees les unes des autres , divisées ou rompues, tandis que d’autres sont dilatées et font hernie à travers rëraillement ou la solution de continuité des premières. Deux variétés ont e'te indique'cs de cet anëvrj^snie : dans l’une anévrysme mixte externe), la membrane interne de Tartère est déchirée ou détruite, et les tuniques moyenne et externe, dilatées, font sailliedans la cavité du tube vasculaire; dans l’autre, au contraire, existe un éraillement ou une soliuion de continuité des fibres du feuillet moyen de l’artère et une dilatation de la membrane interne, qui .s’engage à travers la déchirure ou l’éraillement des fibres de cette membrane moyenne, et forme une hernie à l’extérieur du vaisseau. Cet anévrysme est appelé mixte interne , ou aneiuysma herniam arleriœ sislens.

$LXXI. G.Hunteradnfèt l’existence de ces anévrysmes, et Haller a cherché à la démontrer par des expériences faites sur les vaisseaux artériels du mésentère des grenouilles. Il incisait les deux feuillets externes, et produisait l’anévrysme herniaire. Cependant, des expériences physiologiques sur des animaux tels que ceux sur lesquels Haller a expih’imenté, sont trop loin de ce qui

lO.

ANÉVRYSMES.

se passe dans notre économie, pour pouvoir faire prendre ces expériences comme une demonsirationde l’existence de ce genre d’anevrysme. Aussi,lespathologistesont-ils parle des anévrysmes mixtes , bien moins pour en faire l’histoire, cpie pour en contester la réalité, et le plus souvent ils se sont bornés à une simple indication de cette maladie, sans croire à sa formation.

^ LXXII. Cependant, MM. Dubois et Du puytren présentèrent, il y a plus de vingtans,à laSociétéde la Facultéde médecine, une pièce pathologique sur laquelle on voyait la membrane interne de l’aorte, dilatée, faisant hernie à travers la membrane iiîoyenne, et cette poche herniaire était remplie de sang. Ce fait important restait isolé, et l’on attendait de nouvelles observations, pour constater définitivement la réalité et les phénomènes anatomiques et pathologiques de ce genre de maladie.

§ LXXlll.On lit, dans des ouvrages modernes, que tout ce que Ton a décrit comme anévrysme mixte, formé par la rupture des tuniques interne et musculeuse d’une artère, et par la dilatation de la tunique celluleuse, n’est autre chose que l’anévrysme vrai parvenu à un certain point de développement ; 2° que l’anévrysme mixte, produit par la dilatation de la tunique interne, ou de celle-ci et de la musculeuse, formant une sorte de hernie à travers la membrane celluleuse, n a jamais existé.

^LXXIV.L'a se bornaientnos connaissances,lorsquele hasard nous fit rencontrer le premier exemple d’anévrysme mixte, dont nous avons donné l’histoire, en àe\3i varice artérielle

{Voj. pl. 1 ), et depuis cette époque, plusieurs autres faits analogues se sont olf ‘i ts 'a notre observation.

§ LXXV. Nous avouerons qu’il nous a fallu, malgré notre habitude de faire des recherches délicates>i’anatomie de structure et d’anatomie pathologique, plusieurs faits, scrupuleusement examinés, pour ne laisser aucun doute dans notre esprit, et pour nous donner cette conviction qui permet de lutter contre les autorités les plus respectables, parce que l’autorité des faits est la première de toutes et la seule infaillible et irrécusable.

ANEVRYSMES.

C’€)st celte conviction intime qui nous a déterminé à prendre la plume, ];our déclarer inexactes les allégations des hommes pour lesquels nous avons, depuis long-temps, contracté l’habitude religieuse de respecter l’opinion. Pascal avait raison de dire que rien n’est brutal comme un fait.

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