ENTRÉE DE METTERNICH AU SERVICE DE L'EMPIRE
Portrait de Thugut; sa retraite. ■ — Cobenzl. — Entrée au service de l'Empire. — Entretien avec l'Empereur François. — Metternich nommé ministre à Dresde. — Ses débuts dans la vie publique. — Ses principes. - — Il se rend à son poste. — M. Elliot. — Dresde considéré comme poste d'observation pour les Cours du Nord. — Fabrication de correspondances diplomatiques.
Lors de la conclusion de la paix de Lunéville (1801), la faiblesse du cabinet autrichien et ses éternelles fluctuations étaient arrivées à leurs dernières limites. Pendant une lutte de dix ans, la Cour impériale avait opposé aux principes subversifs de tous les gouvernements qui s'étaient succédé en France depuis 1792, une digue tantôt puissante, tantôt fragile; ces alternatives de force et de faiblesse ne montraient que trop l'absence totale d'un plan suivi. C'était là précisément la grande faute du cabinet; c'est là ce qui explique ces triomphes d'un jour effacés par les revers du lendemain. Plus qu'à toutes les autres causes, la France doit ses succès prodigieux à 1 inconséquence des ministères qui prirent successivement la direction des affaires publiques après la mort du grand homme d Etat qui pendant quarante ans était resté à la tête du cabinet de Vienne, mais qui par malheur n'avait pas été, dans les derniers temps, épargné par les infirmités de l'âge. Les vues qui ont toujours formé la base de la politique autrichienne sont les plus pures qu'on puisse