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Livre VIII. — Période du règne de l'Empereur Ferdinand

Livre ÏX. — Matériaux pour servir à l'histoire de ma vie publique (suite). Chapitre final : Retraite de Metternich.

Nous publions actuellement les livres IV, V et VI, en deux volumes, qui forment les tomes III et IV de l'ouvrage total.

Les courtes réflexions par lesquelles le prince de Metternich continue, pour l'interrompre bientôt, le récit de sa vie après la fin du dixième chapitre (tome I", p. 215), ont trait, ainsi que nous l'avons dit plus haut, au règlement des affaires intérieures de l'Empire dans les premières années qui ont suivi le rétablissement de la paix générale. Aussi ces réflexions présententelles, sous le rapport du sujet lui-même aussi bien que de l'époque dont il est question dans l'ouvrage, quelque connexité avec le contenu du livre IV, auquel ils peuvent servir d'introduction. C'est cette considération qui me détermine à placer ici un court fragment, qui est resté incomplet. En voici la reproduction fidèle :

« J'ai employé les années 1804 et 1805 à classer mes vues, et je les ai rangées en deux catégories : 1° celles qui rentrent dans le domaine de la morale générale; 2° celles qui ont un caractère matériel et spécial, en tant qu'elles se rapportent à l'économie politique. Je me suis réservé de traiter moi-même la première partie ; relativement à la dernière, j'ai invoqué le concours du

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comlr (1(; Siadioii, à «|iii l'Eiiiporcur avait, sur ma (IcmaïKlo, coiilic la dircclioii des finances; du prince (lliarlos de Scliwarzenberg , qui (Hait à la tcto du di'parlcniciit de la ^mcrre , et du comte .losepli Zi( liy, ministre d'Ktat et de conférence, dont l'esprit était fait pour accueillir tout ce qui est juste, et dont les connaissances étaient complètes en tout ce qui concernait les affaires des pays allemands et honfjrois de l'Empire.

«.le pouvais compter d'une manière absolue sur les lumières et sur le dévouement de ces collègues, il n'y avait pas lieu d'en douter. Par contre, je me croyais moins sûr du concours de l'Empereur lui-même et des chefs de tous les autres départements, à l'exception du ministre des finances et du ministre de la guerre, dont je viens de parler. J'avais quelques appréhensions à l'égard du Souverain, parce que je connaissais sa réserve vis-à-vis de tout projet d'innovation en matière administrative ; à l'égard des chefs de département, parce que je n'ignorais pas la puissance de l'influence que le pouvoir central collectif exerce sur leur manière d'agir et même sur leur manière de voir. Les hautes fonctions de l'Etat étaient exercées par des présidents et non par des ministres. Il y a ici, dans la forme, une différence qui se révèle inévitablement dans la pratique. Avec un pouvoir centrai collectif disparaît la responsabilité personnelle, attendu qu'elle se résout en une responsabilité collective. La discussion présente des avantages, mais aussi des inconvénients; les premiers consistent dans l'examen sérieux et approfondi des questions, les derniers dans la lenteur de la marche des affaires.

AVIS AU LECTEUR

« Le seul département des affaires étrangères faisait exception, par la force des choses, pour ce qui concerne l'organisation du Cabinet. Celui qui l'avait créé, le prince de Kaunitz, l'avait bien senti; aussi avaitil supprimé la forme collective lorsqu'il avait institué la chancellerie intime de palais, de Cour et d'Etat... »

C'est par ces mots que se termine le manuscrit de l'Autobiographie; on voit, à n'en pas douter, que l'auteur avait l'intention de continuer ses Mémoires en temps et lieu. Le chancelier d'Etat a donc repris la plume qu'il avait déposée, mais uniquement dans le but d'expliquer son attitude lors de la période du règne de l'Empereur Ferdinand, et d'exposer les causes des événements qui ont fini par amener sa retraite du service de l'État, lors de la révolution qui eut lieu en mars, à Vienne. Le livre IX renseignera le lecteur à cet égard.

L'accueil que le public a fait à la première partie de notre ouvrage atteste l'intérêt, aussi vif que général, qui s'attache à la grande figure historique du chancelier d'État.

Déjà la voix publique s'est prononcée sur ces Mémoires. Malgré toutes les divergences d'opinion et les différences de nationalité, nous avons pu constater l'unanimité à peu près absolue avec laquelle on reconnaît l'intelligence supérieure de l'illustre homme d'État, et l'importance du rôle qu'il a joué à l'époque où l'Autriche a travaillé avec le plus d'éclat à fonder sa grandeur.

Une nouvelle génération est venue. C'est à elle que ces Mémoires sont destinés à présenter une image plus

AVIS AP i.r.r.Tr.cii.

vive et, sous bien des r.ipports, plus ( ()m|)l<lc dr la \ ic tlii priiHMî (le Mclteriiicli ; e'est à elle (jn'ils «loivent faire voir riionime lui-même dans la peisoiiiu' du cliaiiceliei-.

Cette deuxième partie, (jue nous publions en ce moment, et celles qui paraîtront dans la suite, contribueront peut-être à ce résultat. Nous y laisserons, comme nous l'avons fait jusqu'ici, la parole au prince luimême et aux faits qu'il a vus s'accomplir ; ce sont déjà des faits que les documents eux-mêmes qui sont sortis d'une telle plume. Quant au jugement final, il sera prononcé par la voix impartiale de l'histoire, au tribunal de laquelle chacun finit, tôt ou tard, par trouver justice,

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