ACTE DE GARANTIE
299. Ij'Kmpereur Alexandre propose un acte réciproque de garantie , portant su7' l'état de possession actuel de c/iacune des parties contractantes.
Il paraît que l'Empereur Alexandre vise même à établir le casus fœderis sur la base de tous , contre celui qui étendrait d une manière quelconque son état de possession actuel. — II borne l'acte et la garantie explicitement aux possessions en Europe.
Il n'existe non-seulement aucune difficulté pour les Cours d'Autricbe et de Prusse de prendre part à un pareil acte, mais elles y trouveront une sécurité particulière. Il n'en est pas ainsi du Gouvernement britannique , vu l'impossibilité dans laquelle il se trouve placé de prendre une part directe , et obligatoire pour lui, à un acte de garantie aussi étendu.
Les Cours continentales doivent-elles rejeter la proposition de l'Empereur Alexandre , parce que l'Angleterre ne peut se placer parmi les parties contractantes?
Doivent-elles conclure le traité avec l'exclusion de l'Angleterre ?
Telles sont les questions les plus importantes du moment.
N'existerait-il pas une forme qui offrirait tous les avantages résultant :
■166 HECLEIL DE DOCUMENTS (1818-1822).
1* Du sentiment de sécurité qui serait la suite d'une pareille transnction ;
2" De i'iuipossibilité morale dans laquelle se placerait l'Empereur Alexandre de viser à l'extension de ses frontières;
3° De la force que le Gouvernement civil prussien acquerrait sur le parti militaire , qui ne vise qu'à troubler l'état de possession de ses voisins ;
A" De l'effet que produirait un pareil acte sur l'esprit des peuples et des partis, sur celui de ces derniers surtout, qui n'entrevoient plus guère de chances de salut pour le succès de leurs criminelles espérances que dans le mouvement politique?
Vu le principe d'union et de solidarité morale qui doit exister entre toutes les puissances, et spécialement entre celles du continent et l'Angleterre , quelle pourrait être la forme qui, sans faire porter la question matérielle àe la garantie réciproque sur l'Angleterre, assurerait et vexiàvaxi évident le concours moral de celte puissance à une pareille transaction?