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REGLEMENT DES AFFAIRES INTERIEURES DE L'EMPIRE

RECUEIL DE DOCUMENTS (I8I6 et 1817).

IDÉE d'un concordat AVEC LA COUR PONTIFICALE POUR TOUS LES ÉTATS DE LA CONFÉDÉRATION GERMANIQUE.

208. Metternich ù l'Empereur François (Rapport), Vérone, le 5 avril 1816.

208. Pendant que l'on discutait au Congrès de Vienne les intérêts de rAIlemagne, j'avais déjà pris à tâche d'appeler l'attention des représentants des Cours allemandes sur les avantages que non-seulement l'Alleiiiagne en général, mais encore les Princes eux-mêmes, trouveraient à traiter de la même manière, à la Diète future, la question religieuse, qui depuis longtemps était restée en souffrance. J'eus alors les entretiens les plus suivis avec les deux vicaires généraux de Constance et de Munster, qui étaient à Vienne, et dont les principes m'étaient connus depuis longtemps. Je crois avoir contribué pour une bonne part à écarter les vues d une prétendue députation de TÉglise d'Allemagne qui était réunie à Vienne, députation qui se composait de quelques têtes folles et qui, pro- III. 1

s RECUEIL DE DOCUMENTS (1816 ET 1817).

bablement sans s'en douter elle-même, s'évertuait à taire le jeu de la fraction la plus ])assionnée de la curie romaine. Le principe que la question reiijjieuse devrait être discutée en commun à Francfort fut, en général, accueilli favorablement par tous les Souverains allemands de deuxième et de troisième ordre; seul le Roi de Wurtemberg, qui était entiché de ses prétendus droits de souveraineté jusqu'à la petitesse, et qui d'ailleurs, par suite de ces mêmes principes, s'était abstenu de prendre une part directe aux négociations fécondes qui venaient d'avoir lieu à Vienne, cherchait à s'isoler complètement dans la question religieuse comme il l'avait fait dans la question politique, et essayait d'entamer des négociations directes relativement à un concorda avec la Cour pontificale.

Le cardinal Consalvi, de la conduite politique duquel nous ne pouvons , en général , assez nous louer , est resté , dans cette circonstance, fidèle à la promesse que j'avais su obtenir de lui, qu'il ne s'engagerait dans aucune négociation particulière avec des Souverains allemands sans mon assentiment préalable. Il en a référé à Home. La clôture du Congrès et les grands événements militaires et politiques qui l'ont suivi ont coupé court à ces premières intrigues.

Depuis que les plénipotentiaires allemands sont réunis à Francfort, je n'ai cessé d'y envoyer aux ministres de Votre Majesté des instructions en vue du but à poursuivre; j'y étais amené tout naturellement par les efforts du Roi de Wurtemberg pour arriver à conclure au plus tôt un concordat particulier avec le Saint-Siège. Jusqu'à ce jour, j'ai parfaitement réussi à empêcher la conclusion de ce concordat.

Comme je suis parfaitement d'accord avec le conseiller d'État et de conférence Lorenz* quant au but que nous voulons atteindre en demandant la discussion en comyyiun des intérêts de l'Église d'Allemagne, discussion basée sur nos principes en

* Il avait fait, relativement à la future constitution ecclésiastique de l'Allemagne, un rapport officiel qui avait été soumis à l'approbation de Metternich.

{Note de l'Editeur.)

«:<»N«;()iii> A r .\vi;(, i,a coi a 1M)^ iiiicai.k (ihig). 3

inalicrc i'ci:li'->i;i^lii|ii(' , il ne me reste plu-, , ;ij)rc-, le-, (|(';in;ii ( lies (iiii uni été déjà laites, (|n à lixer lit liiarelii; :'i suivre <hiiis une (les alïjtires les |)liis iiuporlautes doiil le ré{j;lein(Mit soit réservé à la Dièle ("uliire.

Ainsi que dans toute {jrande iié{jocialion, I(î point de vue auipiel on se ])laec est, dans celle (jui nous occupe, d'une iniporlanee majeure. A mon avis, il faut amener iAllenuignc à arci'jiler une conslilulion cccicsiabticjne et à admettre des principes (lui soient /es nôtres, sans (lue tuius ayons l'air de vouloir imposer nos principes à l'Allemagne.

En faisant ce qu'il Taut pour arriver au j)remlcr résultatque j'indiqye, nous donnerons certainement aux Souverains allemands un exemple de nature à leur ôter toute inquiétude, nos principes deviendront d'autant plus populaires qu'ils paraîtront avoir surjji spontanément en Allemagne ; quant à noire attitude vis-à-vis du Salnt-Siép;c , elle restera correcte et énergique; que dis-je ! nous rendrons même service à la Cour de Home dès que, par notre seul exemple, nous élèverons une digue contre des prétentions exagérées qui pourraient se produire, comme il arrive toujours dans les affaires humaines. Guidé par ces considérations réunies, je regarderais comme bien préférable de pouvoir s'assurer des vues de quelque ecclésiastique de marque en Allemagne, auquel on pourrait laisser en toute sécurité l'initiative de l'organisation à faire, au lieu de la prendre nous-mêmes. Il me semble incontestable que la personne la plus apte à jouer ce rôle serait le baron de Wessenberg, qui, dans l'intervalle, a été nommé coadjuteur de Constance et qui a été confirmé dans ces fonctions par le Pape ; il jouit d'ailleurs de la confiance générale en Allemagne, et possède aussi, comme je le suppose, celle du conseiller d'Etat et de conférence Lorenz.

Dans le cas où Votre Majesté daignerait partager cette manière de voir, je demanderais que cet ecclésiastique fût mis immédiatement au courant de nos vues , et l'on ne saurait , je pense, mieux l'en instruire qu'en envoyant le vice-directeur des études tbéologiques , Augustin Braig, se mettre en rap-

port avec lui. Une pareille démarche aurait, de plus, Tavantaçe de nous procurer la certitude que le baron de Wessenberç, qui est, à tous les égards, entièrement dévoué au système politique de la Cour impériale, partage aussi nos principes dans Tapplication étendue que nous voulons en faire. Par suite de cette démarche, notre lé.gation directoriale à Irancfort se trouverait dans une situation tout à fait conforme à mes vues ; elle appuierait les vœux de l'Eglise d'Allemagne, au lieu de prendi'e l'initiative de ces vœux.

Pour plus de sécui'ité, non-seulement j'approuverais entièrement, mais encore je regarderais comme une mesure trèsdésirable le fait d'envoyer plus tard le susdit Augustin Braig à Francfort , pour assister de ses conseils la légation autrichienne.

Nous avons encore assez de temps devant nous pour prendre des dispositions ; cela résulte de la nature des négociations qui doivent s'engager à Francfort. Lorsque la Diète sera constituée, ce qui pourrait bien exiger encore trois ou quatre semaines à partir du jour de l'ouverture, alors seulement il y aura lieu, pour notre légation, de parler de la discussion des questions religieuses, et de chercher à faire admeltre ce principe, qu'il importe d'arriver à conclure un concordat avec le Saint-Siège pour tous les États de la Confédération germanique.

Il est probable que quelques-unes des principales Cours d Allemagne s'élèveront contre ce principe; le Wurtemberg le fera certainement. INIais il y a des raisons tellement puissantes qui militent en faveur de l'adoption de ce principe, qu on pourrait s'attendre à les voir triompher, si l'esprit mesquin des grands Gouvernements allemands n'amenait souvent ces puissances à se mettre en contradiction avec leur intérêt |)olltlque lui-même. Toutefois, si les Cours d'Allemagne commettaient la faute de ne pas admettre le principe dun concordat commun, il resterait une autre solution, celle de concordats séparés, mais cependant basés sur des principes uniformes. La réussite de ce moyen serait d'autant plus certaine que les principes dont nous désirons assurer le triomphe sont tout à fait en rapport avec l'autorité des Souve-

coNcoiiDA I Avr.c. i.A corn pcn i nir.vi.i: îihk;) s

raiiis et nvcr Ifuis inir-rt-ls fiii:iii<-ici-s , ri (jn'il ne M'iîiit pas ditticilc <l<* prouver an\ ( Jouvci-iumiumiIs ()j)j)o>aiils (|iir leur résiftlanco leur fera plus perdre que {jagncr; car, s'ils srmt isolés, ils seront tout aussi faibles vis-à-ris do la Cour pontiiicalc qu'ils paraîtraient forts en adoptant des pmicipc-. ennimuns et en appuyant leur cause sur celle de l'Kfilise d'Aulridie. De tels ar{;uinents doivent s'imposer avec une incontestable lulnriu' : les principes de la curie romaine nous en répondent; quant à moi , je ne saclie pas que jamais un Souverain allemand, même le plus indépendant, le plus entier, ait consenti, uniquement par suite d une présomption mal entendue , à accepter une condition moins favorable que celle des autres Souverains d'Allemagne. Or, ce cas se produirait fatalement si le Roi de Wurtemberg voulait conclure avec le Saint-Sié{je un concordat reposant sur des bases qui réserveraient au Pape plus d'avantages que les concordats signés avec les autres Cours d'Allemagne '.

* C est dans ce sens que les n('f;ocintioiis furent entnmées, mais elles restèrent sans résultat. Rien plus, de 1817 à 18-ÎO, Home CDUcUit des concordats séparés avec différents Etats de la Confédération : en 1817 avec la Bavière, en 1821 et en 1827 avec les litats formant la province ecclésiasli(|ue du Haut- Bltin, en 1824 avec le Hanovre, en 1827 avec la Saxe, en 1830 ave Gnesen et Posen, etc. Lorsqu'cnlin en 1855, après la retraite de Melternicli, les négociations cnna;;ées avec le Saint-Siège aboutirent à la conclusion du concordat avec rAutriclie, le vieux chancelier d'Etat salua cet acte politique avec une vive satisfaction, et prit la plume pour raconter les phases diverses de cette longue négociation qui avait duré un demi-siècle, et qui s'était enfin terminée par le triom[)lie de l'idée conçue par le chancelier dès 1816. Pour plus de clarté, nous reproduisons textuellement les lignes que Metternich a écrites de sa main, au mois d'août 1855, relativement à cette question :

» Le vingt-cinquième anniversaire de la naissance de l'Empereur François- Joseph (18 août 1855) a été marqué par la signature d'un concordat avec le Saint-Siège; ce grand acte s'est accompli d'une manière aussi digne qu'elle est frappante dans les circonstances actuelles.

« Personne n'est plus à môme que moi de connaître les obstacles qui s'opposaient à l'œuvre salutaire qui mit Hn aux empiétements, aux soi-disant i-efbrmes que l'Empereur Joseph II avait commis la faute d'inaugurer, portant ainsi atteinte aux droits de l'Eglise.

•1 Voici l'histoire des faits, présentée sous une forme concise dans un exposé rigoureusement fidèle :

« Lorsqu en 1S14 et 1815 la pais eut été rendue au monde, je tournai mon attention vers les suites regrettables de la législation de l'Empereur Joseph en

LE TRAITÉ DE MUNICH BELATIVEMENT A LA CESSION DE CERTAINES PARTIES DU TERRITOIRE DE LA RAVIÈRE A l'auTUIGII^.

209. Metternich au baron de Wacquant, plénipotentiaire d'Autrithe à Munich (E. D.), Milan, le 9 février 1816. — 210. Metternich au baron de Wacquant (E. D.), Vérone, le 8 avril 1816.

209. ...Le séjour du Prince royal (à Milan) s'est passé tant en pourparlers directs enjtre lui et TEmpereur qu'en négociations que j'ai suivies avec le Prince royal et le comte de Rech-

matière ecclésiastique. Si l'Empire tout entier souffrait de ce fâcheux état de choses, la situation du Gouvernement dans le royaume Lombard-Vénitien, dans la Confédération germanique et dans la Hongrie, s'en ressentait tout particulièrement.

Il L'Emiiereur François inclinait personnellement, pour des motifs religieux aussi bien que pour des raisons politiques, à mettre fin à cet ordre de choses qui existait depuis le règne de Joseph II. Il n'en était pas de même du monde des fonctionnaires; même dans le clergé, sauf un petit nombre d'exceptions, les doctrines fébroniennes avaient jeté des racines profondes. Dans les hautes sphères du Gouvernement j'étais seul sur le terrain de la vérité, en ce qui concernait cette grave question. Je ne me laissai pas elfrayer par les difli- «•.ultés de la situation; je poursuivis donc ma tache en m'appuyant sur les Ijases que j'avais arrêtées dans mes conférences avec le cardinal Consalvi. Pour me seconder dans cette grande entreprise, j'avais fait appel à l'abbé de Jiistel, alors rapporteur ecclésiastique au Conseil d'Etat. En 1817, le mariage de l'archiduchesse Léopoldine avec le prince héritier de Portugal, Don Pedro, me fournit l'occasion d'activer les négociations secrètes que j'avais entamées avec le Saint-Siège. Je fis envoyer à Home l'abbé susdit, et je me réservai, dans le cas où l'on pourrait espérer arriver à luie entente entre les deux Gouvernements, de me rendre personnellement à Rome, après avoir conduit Madame l'Archiduchesse à Livourne. Je dus renoncer à ce projet, parce que je reconnus que l'affaire n'était pas mûre pour une solution.

« En 1819, l'Empereur fit un voyage en Italie, et, grâce aux rapports directs qu'eut Sa Majesté avec le Pape Pie VII, les deux Souverains ariivèrent à î'entendre; malheureusement, les progrès de la négociation furent arrêtés par fCS difficultés que les fonctionnaires de l'Empire suscitèrent après le retour de l'Empereur à Vienne.

« Alors commencèrent les lenteurs; elles provenaient, ou bien du sentiment de la légalité (de l'inviolabilité des lois écrites), qui, dans l'esprit de l'Empereur, allait jusqu'au scrupule; ou bien de. la résistance des canonistes laïques et

i.i: TUA Ml"; dk mi; ni cm (ihig). ^

l){*r{'. S'il m'osl «lilïicih; de vous <lt!|>(Mn(li'(r l^rxlr^me insistance Miu> le |)r«'njioi a mise h poursuivre son idée favorite, celle de rji((|uisition de la majeure partie du Palatinat, et d'un autre vMi' la niarcho {;(înt'e du dernier, je ne suis pas dans le même cas relativement au rt'sullat de la négociation.

...La négociation n a pu rouler que sur trois points :

!• Sur la prétention de la Bavière à avoir un(! augmentation de son lot, du clicf de la perte qu'elle prétend éprouver dans nos échanges ;

2" Sur sa prétention à la contiguïté de territoire ;

3* Sur son désir de voir les négociations de Munich réunies h celles que nous réservons pour Francfort.

Le Prince royal et surtout M, de Rechberg ont fait tous leurs eflorts pour soutenir la première de ces thèses. Il leur a été déclaré positivement que rien ne pourrait altérer la con-

ecclésiastiques entichés de fébronianisme, et qui, par cela même, étaient opposés à toute entente avec le Saint-Siège. Les mouvements révolutionnaires qui éclatèrent en 1820 et qui troublèrent la paix politique de l'Europe et le r?pos Intérieur de l'Italie en particulier, reléguèrent plus tard au second plan le règlemeut des questions ecclésiastiques pendantes entre l'Empire et le Saint- Siège. Partout les Souverains usèrent de ménagements, tandis qu'il aurait fallu, suivant mon intime conviction, travailler à extirper le mal. Mais je me trouvais seul de mon avis au centre du Gouvernement, et c'est ainsi que, maigre mes instances et mes efforts, on s'en tint à de stériles négociations.

«Lorsqu'au commencement de l'année 1S35, l'Empereur François, qui mora» lenicnt était tout à fait d'accord avec moi, approchait à grands pas de sa fin, il ordonna dans une clause testamentaire que la controverse entre l'Etat et l'Eglise fût terminée dans le plus bref délai, et il désigna comme exécuteurs de sa volonté l'évèque de Saint-Pœlten (Wagner) et moi. Les embarras inséparables d'un changement de règne empêchèrent au premier moment de hâter la solution du grand problème qui me tenait tant à cœur; au bout de très-peu de temps, l'évèque désigné par l'Empereur François mourut. Je choisis pour le remplacer l'abbé Rauscher, qui était alors jDtélat; à nous deux nous tînmes tête aux fonctionnaires, mais sans réussir à amener la conclusion de l'affaire, que facilitèrent enfin les bouleversements de l'année 184S.

u Le but est atteint! Dans le fidèle exposé qu'on vient de lire se trouve la clef des lenteurs que des idées erronées, des théories fausses et des résistances bureaucratiques ont provoquées, et qu'elles ont opposées comme des obstacles insurmontables au triomphe du droit et même du simple bon sens, à la meilleure volonté de deux Empereurs et à mes efforts personnels. »

(Note de r Editeur.)

vjction de Sa Majesté sur l'importance plus que suftlsante de l'indemnité offerte à la Bavière et acceptée par elle , et que par conséquent nous n'admettrions et ne soutiendrions jamais une prétention fondée sur un principe contraire.

Dans la première entrevue de l'Empereur avec le Prince royal, celui-ci soutint avec beaucoup de chaleur un projet d'acquisition d'une ligne de communication qui nous a été expliqué en détail. L'Empereur n'a laissé aucun doute au Prince royal sur sa détermination à ne pas soutenir dans la présente négociation ce projet, qui, sans contredit, rencontrerait des obstacles insurmontables de la part de la Gourde Bade. Sa Majesté Impériale se borne à promettre ses bons offices pour la cession du cercle de Main-et-Tauber. Cette proposition a été explicitement acceptée par le Prince royal et par M. le comte de Rechberg.

Nous éprouvâmes enfin une très-forte insistance de la part des négociateurs bavarois en vue de lier la négociation de Munich à celle de Francfoit, ou, ce qui équivaudrait, de subordonner notre négociation directe à la marche de celle réservée pour cette deiniière ville , et de la soumettre ainsi à de nouvelles complications. La déclaration de la volonté trèsprononcée de l'Empereur de ne pas se prêter à une clause qui dans son exécution offrirait pour toutes les parties intéressées la prolongation des inconvénients que nous n'éprouvons que trop dans notre négociation avec la Bavière depuis plus de deux ans, a fait mettre sur le tapis une nouvelle proposition bavaroise. Le Prince royal a demandé , en admettant le principe de la séparation complète des deux négociations, que le terme de la remise de l'Innviertel fût retardé jusqu'à !a fin de la négociation de Francfort, et Sa Majesté Impériale ayant décliné cette demande, le comte de Rechberg la réduisit le lendemain à celle de quelques bailliages de l'Innviertel qui resteraient sous la même clause, et comme gage, entre les mains de la Bavière.

L'Empereur ne pouvant entrevoir dans l'adoption d'une pareille mesure que des compromissions qu'il est décidé à éviter, d'autant plus que l'esprit de nos peuples, réunis main-

ir. TIlAMi: DE MUNir.H (IKKj). 9

tonnni nit mviuimc <1(; lîax ère cl <l(!v;iiit lui rosier, n'c^t que trop surcxcilt' ; cl (lt'>ii;iiil , d'un Jiufrc; cùlé, prouver au Iloi do llavière (pTil ne veut pas anélcr la conclusion d'une nlKiiie maj(;ure pour des considéralions liées à de simples détiiils linanciers, a eherclu; le moyen d'atteindre l'un et l'autre de ces huis. Le [)lus simple de tous s'est présenté à la pensée de Sa Majesté Imjjériale. M. de Rechberg m'avait remis une évaluation slalisti(|uc et financière du cercle de Main-et-Tauber. Sa Majesté s'est décidée à offrir au Prince royal de prendre à sa charge la perte qui résulte pour la Bavière du revenu de ce cercle , à compter du jour de la remise des provinces qu'elle doit nous rendre, jusqu'à celui où la Bavière entrerait en jouissance de l'indemnité réclamée par elle comme compensation de sa renonciation à la conli(juïté de ses territoires anciens et nouveaux...

Le comte de Uccliberjj m'ayant parlé du désir du Roi de posséder le territoire que traverse une partie de la route de Reichenhall à Berchtesgaden, qui de tout temps a fait partic de Salzbourg, l'Empereur n'a vu aucune difficulté à accorder cette demande. Il réclame, de son côté, le libre passage pour ses troupes sur la route de Salzbourg à Lofer par Reichenhall...

...Il me reste à vous parler, Monsieur Je baron, de l'idée de l'acquisition du Palatinat par le Roi. Le Prince royal voyant l'impossibilité de nous engager à soutenir aujourd'hui les vœux qu'il forme pour l'acquisition du Palatinat, et bien moins encore à les imposer au grand-duc de Bade , a fini par demander d'être au moins rassuré sur les dispositions de l'Empereur notre auguste Maitre en faveur d'un arrangement que la Bavière pourrait être tentée par la suite de proposer à la Cour de Bade, arrangement qui devrait être fait de gré à gré et d'après le principe d'une juste compensation. Sa Majesté n'a pas hésité à assurer le Prince royal que pareille affaire ne rencontrerait jamais aucune difficulté de sa part, et qu'Elle serait au contraire charmée de pouvoir contribuer, dans 1 occasion, à concilier les vœux du Roi avec les intérêts de la Cour de Bade par une intervention amicale.

Vous trouverez dans Tannexe les pleins pouvoirs pour conclure et signer le traité que vous êtes chargé de négocier.

Metternich à Wacquant. Vérone, le 8 avril 1816.

210. Le présent courrier vous mettra à même de conclure et de signer enfin l'arrangement final avec la Bavière , et il ne vous sera pas difficile de prouver au Roi et à son ministère que l'Empereur notre auguste Maître a joint aux preuves de patience qu'il a données dans le cours d'une négociation sans exemple, toutes les nouvelles condescendances qu'il lui a été possible d'ajouter à celles qu'il a étendues antérieurement aux prétentions souvent les moins fondées en raison de la partie adverse...

Le terme du 1" mai est tellement de rigueur, que nos généraux ont l'ordre de ne se laisser arrêter par aucune protestation ou opposition dans l'occupation des parties que doit nous céder la Bavière. Il serait essentiel, en conséquence, que Votre Excellence insistât de la manière la plus forte sur cette remise, et que, si besoin était, elle rejetât sur M. le comte de Montgelas lui-même toute la responsabilité des complications qui pourraient survenir par suite du défaut d'instructions ou d'un manque de bonne foi de la part de la Bavière. Il vous sera facile de prouver que l'Empereur, déterminé comme il l'est à ne plus admettre ni lenteur, ni retard, ni faux-fuyants dans le recouvrement de ses provinces , se trouveiait même hors d'état de modifier des ordres quelconques donnés à ses autorités civiles et militaires , vu la distance des objets à échanger tant entre eux que du point du séjour actuel de Sa Majesté Impériale.

J'admets, ainsi que vous, la possibilité que la signature ait lieu le 13 ou le 14 au plus tard *.

* Le traité en question, daté du 14 avril, a été publié selon l'usage. Par suite, l'Autriche est rentrée en possession des parties de i'Innviertel, du Hausruck-Viertel et du duché de Salzbourg, ainsi que du bailliage de Vils dans le Tyrol, qui lui avaient été enlevées en 1809.

(Note de lÉdiUur.)

<:()N(;i. nr l'iiiiNci, in: mi, i i Kii \ n;ii (ihi«). ii

CONGÉ IJII PIUNCK Dl: M K TT I. Il N I C II.

211. Mf'ttf'rnicli .\ riCinpcicur Franrois (Hh|>|k)ii), Viidiic, le 8 avril 1810. Ili-sulution souverain»; de Sa Majesl»';. Fiidoiic, le 9 avril 18l(i.

211. Sire, je n'ai pas besoin de Vous dire combien ii m'est pi'iiiblo, dans un moment comme celui-ci, de ne pouvoir personiielIcnuMit rien faire pour le service de Votre Majesté. Mes sentiments Vous sont connus. Sire, et toute protestation serait inutile. J'ai communiqué mon premier itinéraire à Votre Majesté par l'entremise du comte de Mercy. Je préférerais de beaucoup Padoue à Viccnce, si Scarpa ne m'avait parlé de cette ville comme étant très-liumide et, par suite, dangereuse à babiter pour les personnes atteintes d'affections rbumatismales. 11 en est de même de Stra et de Venise. Quoi qu'il arrive , j'aurai l'honneur, Sire, de Vous présenter mes trèsrespectueux bommages à Trévise... *.

MeTTKRNICH, VI. p.

Je suis convaincu de votre attachement à ma personne; aussi je regrette fort de ne pas pouvoir vous garder en ce moment auprès de moi. Cependant, comme je désire que vous puissiez me servir longtemps encore , je tiens à ce que vous

* Une lettre de Metternicli à sa mère contient des rensci{Tnements plus j)récis sur le vrai motif qui a déterminé Metternicli à demander ce conjjé de «jneiqiies jours. Elle est du J3 avril 181G, datée de Vérone; la voici :

« Mon œil va bien: mon mal n'a jamais été inquiétant, mais incommode, et long comme toutes les maladies des yeux. La cure que j'ai entreprise et que je continue encore me fait le plus grand bien de toute manière. J'ai trois années de travail sans exemple dans le corps, et je préfère en sortir par une légère crise que par une maladie très-sérieuse que j'aurais peut-être faite. L'Empereur est excellent pour moi, et me donne journellement des preuves de contiiince et d'attachement desquelles il ne s'est peut-être pas cru capable lui-même. Aussi lui suis-je bien plus dévoué que personne, et certes d'une manière plus désintéressée que beaucoup de ses serviteurs. »

ÇAote de l'Editeur.)

12 JiECUEIL DE DOCUMENTS (1816 ET 1817).

VOUS ménagiez; je vous verrai donc avec plaisir prendre un congé, si vous pouvez le faire sans nuire à votre santé.

François, m. p.

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