‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 65 sur 74 · II. — Moyens · texte numérisé non relu

II. — Moyens

Les Monarques se sont fourni. réciproquement des preuves de confiance et d'unité de principes et de volonté telles, qu'il ne doit rester pour arriver au bien qu'ils désirent, d'autre nécessité que de maintenir cette attitude.

Il est moins facile d'arriver à cette fin quand les Cours sont placées à de grandes distances; mes soins personnels doivent porter, Sire, à en assurer les moyens.

Il est nécessaire, à cet effet, que Votre Majesté Impériale, avant la séparation, s'entende avec l'Empereur François sur les objets suivants :

1" Les transactions de Laybach seront regardées par les deux Cours comme une base de principes invariable, jusqu'à la réunion des Cabinets en 1822.

Les instructions aux envoyés des deux Cours auprès de celles de l'Europe les inviteront à régler en toute occasion, et avec le plus grand soin, leur langage en conformité avec le principe que je viens d'établir.

hf.sii.tats i)t' r.oNciti'.s df, i.ayiiacii (ir-ji). r.OT

Los faclicux et les fiiililes, lavorisés par la fausse |)(»lili<nie (le l)ien (les Cahinels, se prc^tcroiit la main pour attaquer celle union entre les deux Moiiarcjues. Ce (pTils ne parviendront pas à délrnirc, ils s,';ippli(|U('r(ml à rinvalidei' aux yeux du publie. L'action la plus loite et la plus souleinu; des fauteur^ du mal existant doit se (liri(][er tout naturellement contre la Uairicrc la plus puissante (pii puisse être opposée au mal. Tout en ceci est simple et naturid, et par consé(pient imman(|ual)le.

Il faut pour arriver au but dcsinstriiclioiis (■ncrr/Kiues cl i)rccises, lesquelles, de la part des deux Cours, devront imposer à leurs représentants l'obligation de se prêter, en toute occasion, un appui réciproque dans toutes les explications qui peuvent avoir trait aux transactions de Laybachet à leurs conséquences directes.

2» Dans un temps d'agitation continuelle, il peut se présenter des cas impossibles à définir d'avance.

Les deux Monarques devront convenir entre eux :

De juger tout cas fortuit d'après les principes qui ont été appliqués à Laybach à des cas pareils;

De ne pas hésiter à se placer dans une attitude conforme à ces principes ;

D'ajourner enfin toute explication vis-à-vis d'autres Cours, jusqu'à l'échange complet des communications que les deux Monarques ne tarderont pas à ouvrir entre eux, plutôt que de risquer d'établir une différence dans leurs explications ou dans leur marche.

La position géographique plus avancée de l'Autriche doit faire attacher par Votre Majesté Impériale une valeur toute particulière à cet engagement de notre part.

3° Une affaire d'une importance trop malheureuse, celle de la révolte des Grecs, exige l'entente la plus franche entre les deux Monarques. Votre Majesté Impériale m'a fait l'honneur de me mettre au fait de sa pensée : elle n'a rien qui puisse me surprendre, car elle est digne de Votre Majesté. J'ai pris la liberté de consacrer à cet objet un travail concis, mais spécial. J'aurai l'honneur de le lui remettre. Il no renfermera que les propres idées de Votre Majesté Impériale.

4° L'uniformité la plus absolue de jugement sur les dangers du moment comme sur ses exigences, existe entre Votre Majesté Impériale, son auguste allié, et qu'Elle me permette d'ajouter : et moi.

Cette adjonction, Sire, n'est pas une prétention ; je ne me la permettrais pas si je ne trouvais une utilité véritable à l'énoncer.

II est prouvé que les factieux de tous les pays et de toutes les couleurs ont établi un centre d'information et d'action. Le hasard aussi a ses bornes; il n'y a donc pas de hasard dans ce que nous avons vu se succéder de mouvements et de catastroplies dans le courant de la dernière année.

A ce centre d'information, il faut en opposer un autre. Il n'en est pas ainsi de l'action. Les conjurations seules peuvent être servies utilement dans un centre d'action unique; la cause que nous défendons, Sire, cette cause de Dieu et des hommes doit être servie sur le plus de points possible. Nos moyens sont tous réglés ; pour être mis en mouvement, ils n'ont besoin que d'une direction suivant ui^e ligne de principes arrêtée. Le pouvoir régulier ne court pas les mêmes chances de défaite que l'action révolutionnaire.

Mes vœux se bornent en conséquence à l'établissement d'un centre d'information.

Vienne offre tous les avantages pour son établissement. Le point est central , et nos moyens d'observation en Allemagne et en Italie sont nombreux.

Votre Majesté Impériale daigne m'accorder quelque confiance. Qu'Elle m'aide à la justifier pour le triomphe d'une cause qui est la sienne comme la nôtre , et que le monde civilisé finira un jour par reconnaître comme sienne aussi.

Placez, Sire, si vous trouvez l'individu , un homme de toute confiance à Vienne, et accréditez-le près de moi. Adressezlui tout ce que Votre Majesté Impériale pourra recueillir de données sur le mouvement que se donnent les factieux dans les divers pays de l'Europe. Cet homme saura tout ce que nous savons. Il en résultera bien vite un foyer de lumières tel qu'il n'en existe point. Nous obtiendrons promptement des résultats

nKSUI.TAl s Dr OONCIlis Dr; IAYIIACM (IN.il). 60!»

auxquels |)(«mI-('Ii<' nous ar. nous alUMidons pas. Nous sim roDs ce (|tii est, et nous icicUcions ce <jiii n'offr*? (|ti(; (h; siinnlr.s ;i[)|)arences, mais nous arrivtîroMS ù déjouer les adversaires.

Telles sont, Sire, les mesures morales et matérielles que je vous propose. l'Ulcs sont puisées dans ma conviction que, sans une observation suivie et une action continue, nous ne ferons jamais le bien qu'il est de notre devoir de taire, car nous connaissons le mal; que nous ne sommes arrivés encore?, ma!{jré des succès inctonteslables, qu'au point de départ pour arriver au bien; «jue toute <liver(jence dans notre niarclie afjirait en mal, comme tout faux mouvement le jour d'une bataille; que ce n'est qu'en nous éclairant beaucoup que nous pourrons espérer battre l'ennemi, et qu'enfin, pour atteindre ce but , le plus glorieux que des bommes de cœur puissent se proposer, il faut absohinient que nous réunissions nos moyens en un seul et même t^iisceau.

Dépêche-circulaire de M(!tternich aux léjjations accréditées près les Cours étrangères. Laybach, le 12 mai 1821.

555. La réunion des Monarques alliés et de leurs Cabinets à Troppau , arrêtée à la suite des événements qui avaient renversé le Gouvernement légitime à Naples, était destinée à fixer le point de vue auquel il convenait de se placer à l'égard de ces funestes événements, à se concerter sur une marcbe commune, et à combiner, dans un esprit de justice, de conservation et de modération, des mesures propres à garantir l'Italie d'un bouleversement général, et les États voisins des plus imminents dangers. Grâce à Fbeureuse conformité de vues et (le dispositions qui régnait entre les trois augustes Souverains, cette première tàcbe fut bientôt remplie.

Des principes clairement énoncés et réciproquement embrassés avec toute la sincérité d'une conviction intime conduisirent à des résolutions analogues, et les bases établies dès les premières conférences ont été invariablement suivies pendant tout le cours d'une réunion signalée par les résultats les plus remarquables.

Transférée à Laybach, cette réunion prit un caractère plus prononcé par la présence et le concours du Roi des Deux- Siciles, et par Tassentiment unanime avec lequel les Princes d'Italie accédèrent au système adopté par les Cabinets alliés. Les Monarques se convainquirent que les Gouvernements les plus immédiatement intéressés aux destinées de la Péninsule ' rendaient justice à la pureté de leurs intentions, et qu'un Souverain placé dans la situation la plus pénible par des actes » auxquels la perfidie et la violence avaient su associer son nom, s'en remettait avec pleine confiance à des mesures qui devaient à la fois mettre un terme à cet état de captivité morale, et rendre à ses fidèles sujets le repos et le bien-être dont les factions criminelles les avaient privés.

L'effet de ces mesures n'a pas tardé à se manifester. L'édifice élevé par la révolte, aussi fragile dans sa construction que vicieux dans ses bases, ne reposant que sur l'astuce des uns et sur l'aveuglement momentané des autres, réprouvé par l'immense majorité de la nation, odieux même à l'armée formée pour le défendre, s'est écroulé au premier contact avec la force régulière qui était destinée à le renverser, et qui n'a servi qu'à en démontrer le néant. Le pouvoir légitime est rétabli ; les factions sont dispersées ; le peuple napolitain est délivré de la tyrannie de ces imposteurs audacieux qui , en le berçant des rêves d'une fausse liberté , exerçaient sur lui les vexations les plus cruelles, lui imposaient d'énormes sacrifices au seul profit de leur ambition et de leur avidité, et marchaient à grands pas vers l'irréparable ruine d'un pays dont ils ne cessaient de se dire les régénérateurs. •

Cette restauration importante est consommée, autant qu'elle a pu et qu'elle a dû l'être, par les conseils et les efforts des puissances alliées. Aujourd'hui que le Roi desDeux-Siciles est investi de nouveau de la plénitude de ses droits, les Monarques se bornent à seconder de leurs vœux les plus ardents les résolutions que ce Souverain va adopter pour reconstruire son gouvernement sur des fondements solides, et pour assurer, par de bonnes lois et de sages institutions, les véritables intérêts de ses sujets et la prospérité constante de son royaume.

ni.srr.TATS nr conçues de i.ayhacii (ihîi). r>ii

PtMuiiiiit If cours de ces grandes (raiisaclions, on a vu éclater de |)ln> d'un côtd les effels de celle vaste «'.oujuratioii , traînée depuis lniij>t(>ni|)s coiilrt; tous les pouvoirs (jui <»t»l joui de tant de siècles de bonljeui- el de gloire. L'existence de celli' eoiijinalion n'élail point inconnue aux Monarf|ues ; mais au milieu dc>, agitations (jue I Italie éprouvait depuis les catastrophes de l'année 1820, et du mouvement désordonné qui de là s'était communiqué à tous les esprits, elle s'est développée avec une rapidité croissante, et son vrai caractère a paru au grand joui', (le n'est pas, comme on a pu le croire, à une époque moins avancée, contre telle ou telle forme de gouvernement, particulièrement en butte à leurs déclamations, <|ue sont dirigés les enlre])rises ténébreuses des auteurs de ces complots et les vœux insensés de leurs aveugles partisans. Les Etats qui ont admis des changements dans leur régime politique ne sont pas plus à l'abri de leurs attaques que ceux dont les anciennes institutions ont traversé les orages du temps. Monarchies pures, ^Monarchies limitées, constitutions fédératlves. Républiques, tout est compris, tout est englobé dans les arrêts de proscription d'une secte qui traite d oligarchie tout ce qui, sous quelque forme que ce soit, s'élève au-dessus du niveau d'une égalité chimérique. Les chefs de cette ligue impie, indifférents à toute espèce d'organisation stable et permanente , n'en veulent qu'aux bases fondamentales de la société. Renverser ce qui existe , — sauf à y substituer ce que le hasard suggérera à leur imagination déréglée ou à leurs sinistres passions, — voilà l'essence de leur doctrine et le secret de toutes leurs machinations !

Les Souverains alliés n'ont pu méconnaître qu'il n'y avait qu'une barrière à opposer à ce torrent dévastateur. Conserver ce qui est légalement établi, — tel a dû être le principe invariable de leur politique, le point de départ et l'objet final de toutes leurs résolutions. Ils n'ont pu être arrêtés par les vaines clameurs de lïgnorance ou de la malice, les accusant de condamner l'humanité à un état de stagnation et de torpeur incompatible avec la marche naturelle et progressive de la civilisation et avec le perfectionnement des institutions sociales.

512 RECUEIL DE DOCUMKNTS (1818-1822).

Jamais ces Monarques n'ont manifesté la moindre disposition à contrarier des améliorations réelles ou la réforme des abus qui se glissent dans les meilleurs Gouvernements. Des vues bien différentes les ont constamment animés ; et si ce repos , que les Gouvernements et les peuples avaient le droit de croire assuré par la pacification de l'Europe , n'a pu opérer tout le bien qui devait en résulter, c'est que les Gouvernements ont dû concentrer toutes leurs pensées sur les moyens d'opposer des digues aux progrès d'une faction qui, répandant autour d'elle l'erreur, le mécontentement, le fanatisme des innovations , eût bientôt mis en question l'existence d'un ordre public quelconque. Les changements utiles ou nécessaires dans la législation et dans l'administration des Etats ne doivent émaner que de la volonté libre , de l'impulsion réfléchie et éclairée de ceux que Dieu a rendus responsables du pouvoir. Tout ce qui sort de cette ligne conduit nécessairement au désordre, aux bouleversements, à des maux bien plus insupportables que ceux que l'on prétend guéi'ir. Pénétrés de cette vérité éternelle, les Souverains n'ont pas hésité à la proclamer avec franchise et vigueur; ils ont déclaré qu'en respectant les droits et l'indépendance' de tout pouvoir légitime , ils regardaient comme légalement nulle et désavouée parles principes qui constituent le droit public de l'Europe , toute prétendue réforme opérée par la révolte et la force ouverte. Ils ont agi en conséquence de cette déclaration dans les événements de INaples, dans ceux du Piémont, dans ceux même qui, dans des circonstances très -différentes, mais par des combinaisons également criminelles, viennent de livrer la partie orientale de l'Europe à des convulsions si menaçantes. Les Monarques sont d'autant plus décidés à ne pas s'écarter de ce système, qu ils regardent la fermeté avec laquelle ils l'ont maintenu dans une époque si critique, comme la véritable cause du succès dont leurs efforts pour le rétablissement de l'ordre en Italie ont été accompagnés. Les Gouvernements de la Péninsule ont reconnu qu'ils n'avaient rien à craindre , ni pour leur indépendance politique , ni pour l'intégrité de leurs territoires, ni pour la conservation de leurs droits, en réclamant des secours qui leur étaient

r.i.snr,TATS nu coNr.iii'S dj: layiiacii (i8>i). 513

fournis i\ la seule coiuliliou d en prulitci' pour (It'iendrr liMir jiioprc oxislciu'c. ('•'csl la confiaiici; irciprocjur ijui a sauve l'Italie; c'osl elle «pii a lait cesser, dans l'espace <1<î deux mois, un incendie qui, sans rinlerv(Milion des puissanccîs alliées, aurait ravaj;é c[ ruiné la totalité de ce heau pays, et menacé pour lonjjlcnips le reste de riùu'opc.

Ilicn n'a plus ellicacement démontré la force de ce ressort moral, (|ui liait le salut d(î l'Italie aux déterminations des Monarques, que le dénomment prompt et heureux de la révolte qui avait éclaté en Piémont. Des conspirateurs en partie étranj^crs avaient préparé ce nouveau forfait et mis en œuvre, pour le faire réussir, le plus détestable de tous les moyens révolutionnaires, en soulevant contre l'autorité cette force armée qui n'est créée que pour lui obéir et pour défendre l'ordre public. Victime d'une trahison inexplicable, si quelque chose pouvait l'être tant que les crimes politiques trouveront en Europe des voix qui osent les défendre, un Souverain jouissant à ju.>\te titre du respect et de l'affection de ses sujets se vit forcé de descendre d'un trône qu'il avait orné de ses vertus ; une partie considérable des troupes fut entraînée dans l'abîme par l'exemple et les intrigues d'un petit nombre d'ambitieux; et le cri banal de la faction antisociale, retentissant dans la capitale, se répercutait dans les provinces. Les Monarques réunis à Laybach ne tardèrent pas à y répondre. Leur union était du nombre de celles qui se fortifient en grandissant avec le danger; leur voix protectrice fut entendue. Aussitôt les serviteurs fidèles du Roi, sentant qu'ils n'étaient point abandonnés, employèrent ce qu'il leur restait de ressources pour combattre les ennemis de la patrie et de la gloire nationale ; le pouvoir légitime, quoique comprimé et paralysé dans son action, n'en sut pas moins soutenir sa dignité et ses droits; et les secours arrivant au moment décisif de la crise, le triomphe de la bonne cause fut bientôt complet. Le Piémont a été délivré en peu de jours, et il n'est resté de cette révolution, calculée sur la chute de plus d'un Gouvernement, que les souvenirs honteux emportés par ses coupables auteurs.

C'est ainsi qu'en suivant sans déviation les principes établis ni. 33

et la ligne de conduite tracée dès les premiers jours de leur réunion, les Monarques alliés sont parvenus à pacifier Fltalie. Leur objet direct est atteint. Aucune des démarches qui y ont abouti n'a démenti les déclarations que la vérité et la bonne foi leur avaient inspirées. Ils y resteront fidèles, quelque nouvelle épreuve que la Providence puisse leur avoir réservée. Plus que jamais appelés, ainsi que tous les autres Souverains légitimes, à veiller sur la paix de l'Europe, à la protéger nonseulement contre les erreurs et les passions qui pourraient la compromettre dans les rapports de puissance à puissance, mais surtout contre ces funestes tentatives qui livreraient le monde civilisé aux horreurs d'une anarchie universelle, ils croiraient profaner une vocation aussi auguste par les calculs étroits d'une politique vulgaire. Comme tout est simple, patent et franchement avoué dans le système qu'ils ont embrassé, ils le soumettent avec confiance au jugement de tous les Gouvernements éclairés.

La réunion qui va finir doit se renouveler dans le courant de l'année prochaine. On y prendra en considération le terme à fixer aux mesures qui, de l'aveu de toutes les Cours d'Italie, et particulièrement de celles de Naples et de Turin, ont été jugées nécessaires pour raffermir la tranquillité de la Péninsule. Les Monarques et leurs Cabinets apporteront à l'examen de cette question le même esprit qui les a dirigés jusqu'ici. Des motifs d'une gravité incontestable, et pleinement justifiés par les résultats, avaient déterminé les Souverains à intervenir dans les affaires de l'Italie. Ils sont loin de vouloir prolonger cette intervention au delà des limites d'une stricte nécessité, désirant bien sincèrement que les circonstances qui leur ont imposé ce pénible devoir ne se reproduisent jamais.

Nous avons cru utile, au moment où les Souverains vont se séparer, de rappeler par le précédent exposé les principes qui les ont dirigés dans les dernières transactions.

Vous êtes en conséquence chargé de donner communication de cette dépêche au ministre dirigeant les affaires étrangères de la Cour auprès de laquelle vous êtes accrédité.

Vous recevrez en même temps une déclaration (n" 554^

RÉSULTATS DU CONGRÈS ni'. LAYnACll (IHJl). 5IB

courue dans le même «'Sjiril, (jiin les Caltiiicls ont Fait it'(li{;nr (>( iiupriiiu'i' pour porter à la couuaissau(x; du public de riÙMopc les seutiuuMils et les principes dont les au{justes Souverains sont animés et <pii serviront constamment de {guides h leur politifjue.

D liCLAIlATION.

(Annexe du n° 553.)

554. L'Euro[»e connaît les motifs de la résolution prise par les Souverains alliés, d'étouffer les complots et de faire cesser les troubles qui menaçaient l'existence de cette paix générale dont le rétablissement a coûté tant d'efforts et tant de sacrifices.

Au moment même où leur généreuse détermination s'accomplissait dans le royaume de Naples, une rébellion d'un genre plus odieux encore, s'il était possible, éclata dans le Piémont.

Ni les liens qui depuis tant de siècles unissent la Maison de Savoie à son peuple, ni les bienfaits d'une administration éclairée, sous un Prince sage et sous des lois patei'nelles, ni la triste perspective des maux auxquels la patrie allait être exposée, n'ont pu contenir les desseins des fauteurs de troubles.

Le plan d'une subversion générale était tracé. Dans cette vaste combinaison contre le repos des nations, les conspirateurs du Piémont avaient leur rôle assigné. Ils se sont hâtés de le remplir.

Le trône et l'État ont été trahis, les serments violés, l'honneur militaire méconnu, et l'oubli de tous les devoirs a bientôt amené le fléau de tous les désordres.

Partout le mal a présenté le même caiactère, partout un même esprit dirigeait ces funestes révolutions.

Ne pouvant trouver de motif plausible pour les justifier ni d'appui national pour les soutenir, c'est dans de fausses doctrines que les auteurs de ces bouleversements cherchent

une apologie, c'est sur de criminelles associations qu'ils fondent un plus criminel espoir. Pour eux, l'empire salutaire des lois est un joug qu'il faut briser. Ils renoncent aux sentiments qu'inspire le véritable amour de la patrie, et mettant à la place de devoirs connus les prétextes arbitraires et indéfinis d'un changement universel dans les principes constitutifs de la société, ils préparent au monde des calamités sans fin.

Les Souverains alliés avaient reconnu dans toute leur étendue les dangers de cette conspiration, mais ils avaient pénétré en même temps la faiblesse réelle des conspirateurs à travers le voile des apparences et des déclamations. L'expérience a confirmé leurs pressentiments. La résistance que l'autorité légitime a rencontrée a été nulle, et le crime a disparu devant le glaive de la justice.

Ce n'est pas à des causes accidentelles, ce n'est pas même aux hommes qui se sont si mal montrés le jour du combat, qu'on doit attinbuer la facilité d'un tel succès. Il tient à un principe plus consolant et plus digne de considération.

La Providence a frappé de terreur des consciences aussi coupables, et l'improbation des peuples, dont les partisans de trovibles avaient compromis le sort, leur a fait tomber les armés des mains.

Uniquement destinées à combattre et à réprimer la rébellion, les forces alliées, loin de soutenir aucun intérêt exclusif, sont venues au secours des peuples subjugués, et les peuples en ont considéré l'emploi comme un appui en faveur de leur liberté et non comme une attaque contre leur indépendance. Dès lors, la guerre a cessé; dès lors, les États que la révolte avait atteints n'ont plus été que des États amis pour les puissances qui n'avaient jamais désiré que leur tranquillité et leur bien-être.

Au milieu de ces graves conjonctures, et dans une position aussi délicate, les Souverains alliés, d'accord avec Leurs Majestés le Pioi des Deux-Siciles et le Roi de Sardaigne, ont jugé indispensable de prendre les mesures de précaution temporaires indiquées par la prudence et prescrites par le salut commun. Les troupes alliées dont la présence était nécessaire

ni'sni.TArs dv coNonf.s df, r.AYrsAni (ir2i). r.n

nii rc'IaMisseincut de l'ordrtî ont été placées sur les |)r)iiits (•oiiviMi;il)l('s, (l;uis ruiii(|ii(î vue (\v. prolc'fjer le lihro cxcicice <lo rantorilé légitime vt de Taidcr à |)rt'parer sous celte «'{jide les bienfaits (pii doivent effacer la trace d'aussi grands malheurs.

La justice et le désiulcresseinent rpii ont présidé aux délibérations des Monarques alliés récrieront toujours leur politique. A Tavenir, comme par le j)assé, elle aura toujours pour but la conservation de l'indépendance et des droits de chaque État, tels qu'ils sont reconnus et définis par les traités existants. Le résultat même d'un aussi dangereux mouvement sera encore, sous les auspices de la Providence, le raffermissement de la paix, que les ennemis des peuples s'efforcent de détruire, et la consolidation d'un ordre de choses qui assurera aux nations le repos et la prospérité.

Pénétrés de ces sentiments, les Souverains alliés, en fixant un terme aux conférences de Laybach, ont voulu annoncer au monde les principes qui les ont guidés. Ils sont décidés à ne jamais s'en écarter, et tous les amis du bien verront et trouveront constamment dans leur union une garantie assurée contre les tentatives des perturbateurs.

C'est dans ce but que Leurs Majestés Impériales et Royales ont ordonné à leurs plénipotentiaires de signer et de publier la présente déclaration.

Laybach, le 12 mai 1821.

{Autriche) Metternich, le baron de Vincent;

{Prusse) Krusemaecr ;

[Russie) Nesselrûde, Capo d'Istria, Pozzo di Borgo,-

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