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CONFÉRENCES DE PRAGUE

])erament devra être formulé ou nou dans la dernière phase de la négociation me semble devoir être résolue par les circonstances du moment; mais il me semble tout aussi certain qu'il ne devra jamais dépasser la limite de l'assurance éventuelle du retour de l'Illyrie à l'Autriche lors de la conclusion de la paix maritime.

Que Votre Majesté s'unisse à la France pour imposer aux alliés une paix reposant sur des conditions mauvaises, c'est là une éventualité que je ne crois pas pouvoir faire entrer dans nos calculs. Mais quel parti prendrons-nous dans le cas où les alliés ne consentiraient pas à conclure la paix d'après les bases proposées par nous? A vrai dire, cette question ne pourra et ne devra être résolue qu'à la minute même où elle sera posée. Mais elle ne pourra être tranchée qu'en faveur des alliés, dans le cas où leurs chances paraîtraient, le 10 août, moins favorables qu'aujourd'hui ; ou bien elle pourra, au pis aller, amener l'Autriche tout au plus à «ne neutralité armée. Mais cette attitude nous abaisserait singulièrement aux yeux de tous, cela est facile à prévoir; il faudrait donc qu'en prenant ce parti nous fussions guidés par des considérations toutes particulières, que j ose me réserver d'étudier et de développer le cas échéant.

Je borne à ces rapides aperçus le rapport que j'ai l'honneur <le soumettre à Votre Majesté. Puis-je cotnpter sur la fermeté de Votre Majesté, dans le cas oii Napoléon n'admettrait jias les bases proposées par nous? Votre Majesté est-Elle invariablement résolue à remettre aux armes de l'Autriche et de toutes les autres puissances coalisées le soin de faire triompher la bonne cause? C'est la réponse à cette question qui formera le fond même des instructions que je dois recevoir; elle est, selon moi, le fondement de tout notre édifice politique futur. Il ne doit rester, à cet égard, aucun doute dans mon esprit; car si la volonté de Votre Majesté n'était pas arrêtée irrévocablement, toutes les démarches que je ferais à Prague porteraient le cachet d'une impardonnable ambiguïté. Au lieu de multiplier les chances de paix ou de pouvoir faire une p^uerre avantageuse, nous ne réussirions qu'à nous exposer à encourir l'animadversion générale et à causer peut-être la perte de la

IMonarcliic. Quant à moi, malgré tout mon dévouement au bien de l'État, je ne serais plus que le triste instrument de la ruine de toute notre considération politique, de toute notre {grandeur morale, ainsi que de la rupture do tous les liens intérieurs et extérieurs de l'administration publique.

L'Empereur François à Metternidi. Brandeis, le 12 juillet 1813.

188. C'est à vous principalement que je dois la grande situation polifique où se trouve actuellement ma Monarchie; je compte aussi sur vous pour m'aider à la maintenir. La paix, une paix durable, est certainement ce qu'il y a de plus désirable pour tout honnête homme, à plus forte raison pour moi; car je souffre plus vivement que tout autre des malheurs que la guerre déchaîne sur ces sujets si fidèles, sur ces pays si beaux auxquels je suis attaché de tout mon être. C'est à ce but que doivent tendre nos efforts; c'est pour l'atteindre que nous avons fait jusqu'à ce jour des efforts incessants ; il faut que nous persévérions dans cette voie. Ne nous laissons pas séduire par des avantages momentanés, par des agrandissements de territoire. Les conditions que j'ai indiquées comme étant à mes yeux la base d'une paix diu'able, bien que ce résultat soit très-problématique, il faut que nous les maintenions ; car, après tout, si elles sont observées, la paix deviendrait possible. Dans nos propositions, nous avons évité avec le plus grand soin tout ce qui pourrait porter atteinte à l'honneur de Napoléon; aussi n'aurait-il guère de motif sérieux de les rejeter. Il faut donc que, dans la négociation qui va s'ouvrir, vous insistiez pour obtenir ce que j'ai demandé à titre de minimum ; que vous laissiez aux autres puissances le soin de chercher à obtenir davantage, et que vous les y aidiez dans la mesure de vos forces, sans que cela puisse devenir une cause de rupture. Du reste, vous tâcherez de procéder avec une parfaite courtoisie , afin de faire entrer les négociations dans la voie désirée, d'écarter tout sujet d'amertume, et de mener l'affiaire à bonne fin. 8i la France ne voulait s'engager à effectuer la restitution de l'Illyrie que lors delà paix gêné-

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