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CONFÉRENCES DE PRAGUE

Dans le sens abstrait, en ne tenant compte que de la Monarchie, nous sommes loin d'être aussi forts que nous l'étions autrefois; mais comme poids à jeter dans la balance, le parti que prendra l'Autricbe sera prépondérant; malheureusement on n'est pas assez pénétré chez nous de l'importance de ce calcul, qui est le seul juste. Il faut cependant que ce calcul agisse en première ligne sur les résolutions de Votre Majesté; il est la seule base possible de notre politique dans le moment décisif que nous traversons.

Votre INIajesté a pris le rôle de médiateur parce que :

1" Elle voulait multiplier les chances d'amener la paix Ellemême ;

2" Parce qu'il s'en fallait malheureusement de beaucoup que les forces de la Monarchie fussent suffisamment développées au moment où le théâtre de la guerre se trouvait sur les frontières de l'Empire.

Grâce à nos efforts redoublés, des négociations se sont engagées. Ces négociations épuiseront le premier des motifs que j'ai rappelés plus haut. Il ne nous est plus possible de développer les forces nationales plus qu'elles ne le seront au 10 août prochain. Jusque-là nous compenserons, en nous for- . tijîant nous-mêmes, les avantages que la partie adverse trouvera dans la prolongation de l'armistice; si nous reculions ce terme, nous nous ferions du tort, et notre lenteur profiterait exclusivement à la France.

Votre Majesté a mis à Sa coopération avec les alliés des conditions qui prouvent la modération des vues du Cabinet autrichien. Ces vues sont telles que les alliés les ont considérées comme étant au-dessous de ce qui était acceptable.

De cet état de choses résultent donc trois alternatives :

1° Celle d'une paix conclue d'après les bases adoptées*;

2" Celle d'une coopération de l'Autriche en faveur des alliés, dans le cas où la France rejetterait les bases susdites;

* Les bases de la paix future, contenues dans la convention de Reichenbacb, étaient les suivantes : 1" Suppression du Royaume de Varsovie et partage de son territoire entre la Russie, la Prusse et l'Autriche; 2" cession de la ville et du territoire de Danzig à la Prusse, et évacuation par les troupes .

:]' Celle dun nouveau parti à prendre , parti indépendant de toute obligation, pour le cas où les bases proposées seraient acceptées par la France et rejetées par les alliés.

Dans le premier cas, la question se résout d'elle-même. Il ne peut donc élre question que de vues bien arrêtées relativement aux deux autres cas; or, il faut que je sois muni, à cet égard, des ordres les plus formels de Sa Majesté avant d'entamer les négociations.

Votre Majesté a proposé les bases de la paix future à titre de minimum, parce qu'elles présentent du moins un caractère pacifique, et parce que leur acceptation par la France fournit la seule preuve possible que Napoléon ne vise pas purement et simplement à dissoudre la coalition actuelle, à désarmer les puissances et à les détruire partiellement. Le cas échéant , Votre Majesté échapperait à cette destruction tout aussi peu que la Prusse. La Russie seule se sauvegarderait momentanément; elle serait tout à fait dans son droit en obéissant à la nécessité, c'est-à-dire en prenant le seul parti qui lui permit de conserver quelque force de résistance, celui de faire cause commune avec la France et de nous détruire de concert avec elle.

Cela est tellement évident pour moi, que je suis obligé d'admettre comme indiscutable la proposition suivante, savoir :

Que Votre Majesté, dans le cas où la France rejetterait les bases de la paix juture, restera fidèle à Sa parole et cherchera Son salut dans l'union la plus étroite avec les alliés.

Les quatre bases de la paix se prêtent encore à un tempérament en ce qui concerne la question illyrienne. L Illyrie appartient à Votre Majesté. Sans doute les puissances peuvent revendiquer l'Illyrie comme une conditio sine qua non; mais personne ne saurait forcer Votre Majesté à faire la guerre, contrairement à Ses calculs, pour une renonciation qui ne concerne que la Monarchie. La question de savoir si ce tem-

françaises des placés fortes situées dans les Etats de la Prusse et dans le Royaume de Varsovie; 3" retour des provinces illyriennes à l'Autriche; 4" rétablissement des villes lianséatiqucs, en y comprenant leurs territoires, comme villes libres. (Note de rÉditeur.')

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