LALLIANCE DE LA PRUSSE ET DE LA FRANCE
possessions respectives des deux Etats? A-t-on pris pour base un slatii quo défini, ou bien le traité contient-il en même temps la stipulation de la garantie de l'Empire français avec tous les agrandissements dont il est encore susceptible?
Réponse. — Le baron de Hardenberg déclare officiellement que la Prusse entend ne contracter qu'une alliance purement défensive. La garantie des possessions respectives n'est même énoncée que d'une manière générale ; le statu quo n'a pas été stipulé formellement; quant au comte de Haugwitz, il entend par là les traités de la France avec d'autres puissances, par exemple : la paix de Presbourg avec l'Autriche, etc., etc. Le baron de Hardenberg croit que cette garantie ne devrait pas s'étendre à des acquisitions ultérieures.
Demande. — La Prusse regarderait- elle comme un acte contraire à sa nouvelle situation le fait d'établir, au moyen de l'union la plus étroite avec l'Autriche, un système par lequel on tenterait d'assurer l'existence des deux États contre l'oppression étrangère qui les menace également?
Réponse. — Le baron de Hardenberg s'en est rapporté à ses sentiments, qui me sont connus ; une étroite union de ce genre serait certainement l'unique moyen de salut; mais il me dit qu'il faudrait d'abord connaître l'opinion du ministère futur. Demande. — Comme la Prusse croyait pouvoir s'allier à la fois à la France et à la Russie, regarderait-elle comme incompatible avec ses vues une alliance avec l'Autriche qui, dans tous les cas, reposerait uniquement sur la garantie réciproque des possessions?
Réponse. — Idem.
Demande. — La Prusse ne prêterait-elle pas les mains à un accord, grâce auquel seul l'influence des deux puissances sur l'Empire d'Allemagne pourrait subsister encore jusqu'à un certain point?
Réponse. — Idem.
Demande. — Toutefois, comme aujourd'hui il ne subsiste . dans l'Empire qu'une influence, Vinfluence française, et qu'un droit, le droit constitutionnel, par conséquent celui de V autorité impériale; mais comme ce dernier ne pourrait être maintenu
dans la mesure du possible que par une union particulière, la Prusse, dans les délibérations futures des Etats de l'Empire, ordonnera-t-elle à ses délégués dans les comices de voter avec ceux de l'Empire? Le fera-t-elle h la suite d'un accord à intervenir cbaque fois, ou bien donnera-t-elle à ses délégués dans les comices des instructions générales à cet effet pour les cas pressants?
Réponse. — Le baron de Hardenberg trouve que les principes formulés sont parfaitement justes, et souhaite que le ministère futur soit du même avis. En ce qui concerne les instructions à adresser aux délégués dans les comices, le baron de Hardenberg croit que le Roi personnellement serait tout disposé à favoriser une action commune, et le comte de Haugwitz aurait pensé de même avant son départ pour Paris.
Demande. — Quel est le point de vue du cabinet prussien relativement à une constitution future des cercles de l'Empire d'Allemagne?
Réponse. — On pourrait tout au plus former le souhait d'arriver à une constitution possible.
Demande. — Que deviendront les cercles de Westphalie? Qu'a t-on stipulé à cet égard, ou comment la Prusse ou la France comptent-elles régler cette question?
Réponse. — P>ien, absolument rien n'a été stipulé sur ce point; à part Clèves, la Prusse n'a fait aucune cession; de plus, il n'a été question d'aucun autre abandon de territoire, même du côté de la France.
Demande. — Le protectorat exercé par la Prusse sur l'Allemagne du Nord a cessé ; par suite, cette puissance rentrerat-elle désormais dans un isolement complet, ou consacrera-t-elle l'autorité qui lui reste encore et l'influence dont elle peut encore disposer à maintenir l'ancien ordre de choses ou à établir un ordre de choses nouveau?
Réponse. — Le Roi désire certainement voir Vancien ordre de choses maintenu autant que possible ; d'autre part, il ne perdra pas de vue la question de l'établissement d'un ordre de choses nouveau . Le comte de Haugwltz s'est souvent occupé de cet objet, comme on le sait.