‹ MémoiresChapitre 51 sur 121 · LES ROIS D'ESPAGNE ET DE NAPLES · texte numérisé non relu

LES ROIS D'ESPAGNE ET DE NAPLES

Elle ne peut plus viser qu'à trois fins :

1° A ne plus entendre parler de ses armements ;

2' A ne pas reconnaître les nouveaux Rois, sans tirer de cette démarche un profit réel pour elle et pour TEurope entière ;

3" A être informée du but et du résultat des conférences d'Erfurt, et, si faire se pouvait, à ne pas être écartée de ces conférences.

Il me paraît que ces résultats eussent pu s'obtenir si Sa Majesté, en envoyant le général baron de Vincent à Erfurt, s'était déterminée à le charger d'une lettre autographe à l'Empereur des Français de la teneur suivante :

« C'est avec infiniment de satisfaction que je me suis convaincu , par la communication officielle de M. de Champagny à mon ambassadeur, que les explications que j'ai fait donner à Votre Majesté ont suffi pour La convaincre des intentions pacifiques et amicales dont je suis animé pour Sa personne. Votre Majesté me fait témoigner en même temps le désir que je reconnaisse les nouveaux Rois d'Espagne et de Naples ; ce vœu, qui, dans le moment où il me fut adressé, ne porta que sur une nouvelle preuve de mon désir de faire tout ce qui peut cimenter entre nous les relations les plus intimes, ne peut être séparé maintenant des objets qui peuvent se traiter à Erfurt. Je vous envoie le baron de Vincent pour vous porter les assurances que, dans cette occasion comme en toute autre, je m'estimerais heureux de combiner les meilleurs rapports entre nos deux Couronnes avec les intérêts généi'aux de l'Europe, auxquels ils sont si intimement liés. La confiance que Votre Majesté me témoignera et qui ne peut que puissamment influer sur la cause de la paix, le premier de mes vœux, provoquera de ma part la reconnaissance que Votre Majesté désire, et qui ne pourra que Lui fournir une preuve nouvelle des véritables sentiments qui m'animent. »

234 RECl EIL DE DOCUMENTS (1773-1815).

Ordre à M. de Vincent

!• De n'entrer en aucune discussion officielle sur nos armements, et de traiter cette affaire comme terminée ;

2° De donner Tassurance officielle que la reconnaissance des Rois ne souffrira aucune difficulté le jour même où la Cour recevra la communication des stipulations d'Erfurt;

3° De dire que la reconnaissance n'eût point souffert de difficultés sans Fincident d'Erfurt.

La lettre à l'Empereur de Russie devrait contenir des explications sur nos armements et la répétition de tout ce que nous mettions comme condition préalable à toute reconnaissance.

Cette conduite, sans faire la critique de celle d'Alexandre, ne pouvait que servir à provoquer des ouvertures de sa part. Plus il avait mis d'abandon dans la reconnaissance des Rois, plus il devait aviser aux moyens de nous faire partager sa démarche.

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