RETOUR DE METTERNICII A PARIS
(Note 35, p. 227, t. I ) 129. Metternich à Stadion (E. D.), Paris, le 11 janvier 1809.
129. Les rigueurs de la saison ont retardé mon arrivée ici jusqu'au premier de l'an. Le bruit du retour de l'Empereur a Paris pour cette époque prenant moins de consistance à mesure que j'approchais de la capitale, je n'en ai pas moins continué ma route jour et nuit, pour ne point perdre la chance d'assister à la première audience diplomatique, dans la supposition que des circonstances impossibles à calculer eussent ramené Sa Majesté à Paris. Je me convainquis, au moment de mon arrivée, qu'on était encore dans l'incertitude la plus absolue sur l'époque de son retour. Au lieu de l'Empereur, je vis l'Impératrice, le jour même de mon arrivée; elle
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accorrla le premier de l'an une audience au Corps diplomatique.
Mon retour ici fit (jrand plaisir à la Cour et aux personnes du Gouvernement. Il dissipa pour quelques jours les inquiétudes quf^ le public avait conçues sur la prolon{]fation de mon absence. La guerre en Espagne offrant tous les jours moins de résultats , les calculs sur une prochaine levée de boucliers de l'Autriche devaient acquérir plus de consistance.
La guerre d'Espagne, le vague des bulletins, la certitude de la rupture de la négociation avec l'Angleterre, la force et l'attitude imposante (quelque calme qu'elle soit) de l'Aulriche, tels sont les sujets que je trouvai ici occupant tous les esprits. Les onze jours qui se sont écoulés depuis mon arrivée n'ont rien changé à ce tableau ; toutes les couleurs s'en sont néanmoins assombries depuis avant-hier, par l'arrivée de nouvelles très-peu propices de l'Espagne
Le lendemain de mou arrivée, je vis M. de Ghampaffnv. Notre conversation se borna à peu de chose ; il ne pouvait en être autrement. Je commençai par lui dire que je croyais ne rien pouvoir lui annoncer de plus conforme aux vœux des amis de la paix, que le fait que j'avais laissé ma Cour aussi pacifique dans ses intentions que je l'avais trouvée en arrivant.
M. de Champagny répondit que la France ne voulait de son côté que la paix, qu'elle nous l'avait prouvé en retirant ses armées de rAllemagne : «Vous ne connaissez pas moins, ajouta-t-il, quels sont ses désirs; elle vous les a exprimés. » Je fis semblant de ne pas comprendre sur quoi portait celte phrase; mais M. de Champagny la répétant à tout moment dans le cours d'une conversation également vague de part et d'autre, je crus devoir préciser la question de la manière suivante. «J'ai trouvé, lui dis-je, M. de Vincent à Vienne. Il V était arrivé d'Erlurt peu de jours avant moi, et en avait apporté les assurances générales de bonnes dispositions que lui avait données l'Empereur Napoléon. Les véritables amis de la paix |)onvaicnt désirer sans doute qu'elles eussent été plus détaillées et plus propres à établir des relations de con-