RETOUR DE NAPOLÉON D ESPAGNE
(Note 32, p. 226, t. I.)
130. Mctternich à Stadion (E. D.), Paris, le 17 janvier 1809. — 131. Metternich à Stadion (E. D.), Paris, le 23 janvier 1809. — 132. Mctternich à Stadion (E. D.), Paris, le 2 février 1809.
150. Je tiens de source très-sûre ce que j'annonce être le véritable motif du retour de l'Empereur à Paris. Ma position va devenir très-délicate; je la baserai dans tous ses détails sur les instructions arrêtées au moment de mon départ de Vienne.
J'ai eu hier une conversation très-longue avec Talleyrand. Il parait ignorer absolument quelles sont les vues de l'Empereur, ou plutôt les lui suppose toutes et aucunes. L'intérêt bien entendu de Napoléon est en opposition si directe à toute com-
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plication avec l'Autriche, qu'il devrait chercher à les éviter plutôt qu'à les provoquer. Nous ne voyons pas qu'il suive une ViQue de conduite conforme à ces mêmes inléréls. Tous les agents français enveniment ce qui est, inventent ce qui n'c xiste pas. Les craintes qu'ils excitent peuvent le porter à des déterminations funestes, et à un choix de moyens désespérés. Que l'on fixe constamment les yeux sur la Pologne; voilà une cause assurément hien commune avec la Russie. On ne sau- \ rait, d'un autre côté, assez porter les regards vers l'armée de Davoust. Il me paraît que toute position ou démonstration offensive de sa part devrait sur-le-champ donner lieu à des explications très-catégoriques, très-promptes, mais très-calmes de notre part. Nous donnons de cette manière l'initiative des mesures belliqueuses à la France. Notre conduite doit fixer des bornes au malheur du monde !
Je ne saurais rien ajouter à ce que j'ai mandé par mon dernier courrier sur le compte de M. de Talleyrand. Je les vois, lui et sou ami Fouché, toujours de même, tres-décidés à saisir l'occasion, si cette occasion se présente, mais n'ayant pas assez de courage pour la provoquer. Ils sont dans la position de passagers qui, voyant le timon entre les mains d'un pilote extravagant et prêt à faire chavirer le vaisseau contre des écueils qu'il est allé chercher de gaieté de cœur, sont prêts à s'emparer du gouvernail dans le moment même où leur propre salut serait encore plus menacé qu'il ne l'est, dans le moment enfin où le premier choc du vaisseau renverserait le pilote lui-même.
La lecture des bulletins suffit pour faire entrevoir l'état infiniment pénible dans lequel se trouve l'armée française en Espagne. La position paraît, d'après toutes les données, infiniment au-dessous de ce que l'on peut s'imagmer. Les lettres de commerce qui de temps à autre parviennent à se soustraire à rinqui->itlon des postes, renferment toujours les nouvelles les plus sinistres. Le retour de l'Empereur prouve plus que tout le re»le. On dit, et il parait sûr, que la perle dans les affaires avec les Anglais a été horrible.
Le comte de Ilomanzow ne rêve plus que paix avec l'An-