RETOUR DE NAPOLÉON DESPAGNE (180'J). 2Û
nient<le la Porte, la tendance nécessaire de la Prusse à réparer les pertes qu'elle a essuyées, le voyage du Roi de Prusse à Pétersbourg, la conviction générale que la Russie sera forcée par des considérations intérieures à changer de système, la rupture de la négociation avec l'Angleterre, le ferment qui germe dans les peuples de l'Allemagne et de l'Italie, — tout, dis-je, porte le public à faire des remarques et à commenter l'avenir.
Il serait cependant superflu de dire à Votre Excellence combien les passions, les vues, les intérêts individuels modifient ces commentaires; combien ils prêtent à la crainte, à l'espoir, à l'inquiétude. Ma position ici a sous ce rapport subi un revirement complet. Je constatais naguère, partout, les sentiments d'intérêt que provoquait le malheureux sort de l'Autriche : — de la morgue chez les uns, de la compassion chez les autres ; la morgue a fait place à l'inquiétude, la compassion à l'espoir. Si dans le temps j'ai opposé la plus inaltérable sérénité aux calculs des politiques des cafés et des salons, je n'en fais pas moins maintenant profession du calme le plus parfait.