SL'R LES RAPPORTS DE LA RUSSIE AVEC LA FRANCE
168. Metternich à l'Empereur François (Rapport), Paris, le 9 juillet 1810.
168. J'ai pris à tâche de tirer au clair avant mon départ de Paris les rapports actuellement existants entre les Cabinets français et russe, et les vues du premier sur les affaires de Turquie. J'entreprendrai, Sire, de vous rendre le compte le plus circonstancié du résultat actuel de mes observations.
Il s'est élevé, il y a quelque temps, un différend entre l'Empereur des Français et la Cour de Saint-Pétersbourg au sujet d'une convention signée par les plénipotentiaires, à laquelle 1 Empereur des Français a refusé sa ratification. Le Cabinet russe, très-inquiet sur les projets de ce prince relativement au rétablissement de la Pologne, désirait le lier par un engagement écrit. Le plénipotentiaire français adhéra à la rédaction proposée par le comte de Romanzow et qui portait la promesse de la France : Que jamais la Pologne n'existerait plus. L'Emj)ereur s'est accroché à cette phrase, et a refusé de ratifier, à moins qu'on ne la remplaçât par la promesse : Que la France ne contribuerait ni directement ni indirectement au rétablissement de la Pologne.
Si le comte de Romanzow fait de la politique dans son genre, en attachant une valeur particulière à telle phrase plutôt qu'à telle autre, l'Empereur Napoléon prouve, par sa réticence, qu'il ne cherchait qu'un prétexte fu(ilc pour ne pas même se lier ^ar une simple phrase. Je serai dans le cas de revenir plus bas sur cet objet.
J'ai saisi, peu après le retour de l'Empereur de son voyage