CHAPITRE III
L'archiduc en Hollande, non reconnu du pape. — Marcilly à Lyon, dégradé à Vienne. — Bataille de Spire gagnée sur les Impériaux. — Landau rendu à Tallard, qui met son armée en quartiers d'hiver. — Tessé à Chambéry ; conduite de Yaudemont ; Tessé destiné à commander son armée. — Vendôme, refusé du bptnn, tente en vain de commander les maréchaux de France, mais [il l'obtient pour] ses cadets de lieutenant général. — La Feuillade en Dauphiné. — Retour du comte de Toulouse et du maréchal de Cœuvres. — Retour de Yillars. — Retour de Tallard, — Retour du cardinal d'Eslrées. — Retour de Rouillé; son caractère. — Berwick général en Espagne. — Puységur y va; son caractère. — Troupes hançoises en Espagne. — Nouvelle junte en Espagne. — Caractère de l'abbé d'Estrées. — Quatre compagnies et quatre capitaines des gardes du corps en Espagne. — Duc d'Albe: son extraction, son caractère; ambassade en France. — Sa première réception particulière et de la duchesse sa femme, — Etrange singularité du duc d'Albe, père de l'ambassadeur.
L'archiduc étoit arrivé en Hollande , reconnu par cette république , l'Angleterre , le Portugal , Brandebourg , Savoie et Hanovre , comme roi d'Espagne, sous le nom de Charles III, et bientôt après par presque toutes les autres puissances de l'Europe. Le pape, à qui l'emjiereur donna part de cette déclaration par une lettre , ayant su ce qu'elle contenoit, la renvoya à son ministre sans l'avoir ouverte. Landau se défendoit vigoureusement. La dégradation des armes prononcée contre Marcilly .pour avoir rendu Brisach, par le conseil de guerre, et cet officier en fuite et réfugié à Lyon , fut une vive leçon au gouverneur de la place assiégée pour se bien défendre. Tout étoit en mouvement pour son secours. Le prince aîné de Hesse , depuis roi de Suède , y menoit vingttrois bataillons et trente escadrons des troupes du landgrave son père et de ce qui s'y étoit joint. Pracontal y marchoit de Flandre avec vingt et un bataillons et vingt-quatre escadrons , et le comte de Roucy fut détaché du siège avec deux mille chevaux et cinq cents hommes de pied, pour garder les passages du Spirebach et empêcher la surprise.