SUCCESSION FEMELLE
tion, et un idiot de paresse, de solitude, d'application, et la plus grande dupe du monde en tout genre. Aussi passoit-il sa vie dans le fond de son cabinet, mangeoit seul, fuyoit le monde, alloit seul à la chasse , et de cette vie sauvage s'en faisoit un vrai mérite auprès du roi, qu'il voyoit tous les jours en toutes ses heures particulières: enfin, suprêmement hypocrite , à la grand'messe , aux vêpres , au salut toutes les fêtes et dimanches avec apparat. Il étoit le cœur, l'àme , l'oracle de Mme de Maintenon , de laquelle il faisoit tout ce qu'il vouloit , et qui ne songeoit qu'à tout ce qui lui pouvoit être le plus agréable et le plus avantageux , aux dépens de quoi que ce pût être.
Voilà bien de la digression-, mais on verra dans la suite combien elle est nécessaire pour l'éclaircissement et le dévoilement de ce qui se présentera à raconter. Ces personnages remueront bien des choses qui ne se pourroient entendre sans cette clef. Je l'ai donnée aux approches du besoin, et lorsque j'en ai trouvé l'occasion. Revenons maintenant à M. de Vaudemont.
Ce que j'ai expliqué (t. II, p. 233 et suiv.) de ses deux importantes nièces est si éloigné de l'endroit où nous sommes, que j'ai cru devoir les remettre ici devant les yeux sans craindre quelque sorte de répétition, par les choses si importantes où on les va voir figurer. La même raison me fait négliger la même crainte sur M. de Vaudemont, pour remettre ici sommairement sous le même coup d'œil ce qui se trouve épars en trop de différents endroits. C'est un éclaircissement nécessaire pour répandre la lumière sur ses prétentions par sa naissance , et sur les grâces prodigieuses qu'il tira des cours de France et d'Espagne, quil ne dut pas à ce qu'il en avoit mérité.
Charles II, ordinairement dit III, duc de Lorraine, si connu pour avoir eu l'honneur d'épouser, en 1558, la seconde fille d Henri II et de Catherine de Médicis, et plus encore par tout ce que cette reine mit en œuvre pour le faire succéder à la couronne après ses enfants , au préjudice d'Henri IV, son autre gendre, et de toute la branche royale de Bourbon, eut, sans parler des filles, trois fils de ce mariage : Henri, qu'il eut l'honneur de marier, en 1599 , à la sœur d'Henri IV, si connu aussi par tout ce qu'il mit en usage pour faire rompre ce mariage que les belles lettres du cardinal dOssat expliquent si bien, qui la perdit sans enfants en 1604, qui se remaria en 1606 à une fille du duc Vincent de Mantoue , d'où est venue à leur postérité la prétention du Montferrat. Il succéda à son père en 1608 et mourut en 1624, ne laissant que deux filles ."Nicole et Claude-Françoise. Le second fut Charles, cardinal, évêque de Metz et de Strasbourg; et le troisième, François, comte de Vaudemont qui , d'une Salm , eut deux fils : Charles et Frahçois ; et deux filles : l'aînée , si connue , sous le nom de princesse de Phalsbourg , par ses intrigues , et par tous ses étranges mariages ; et la cadette , que M. Gaston épousa de la façon que chacun sait, et qui n'en a laissé que trois filles : Mlle de Montpensier', Mme la grande- duchesse de Toscane et Mme de Guise.
4 . 11 y a dans celle phrase une erreur de généalogie qu'on ne peul attribuer