ÉPOQUE DE LEUR CESSATION
couche de gloire, n'en voulut pas faire plus que Mme la Dauphine; de là Mme la duchesse de Bourgogne en usa de même , puis Mme la duchesse de Berry. Monseigneur cessa aussi comme le roi de faire des visites; mais Monsieur n'y manquoit point à Versailles et à Paris, et les trois fils de Monseigneur à Versailles seulement, mais sans aller à Paris. Ils alloient même quelquefois chez des dames non titrées, mais fort rarement et par une distinction très-marquée. Pour les petitesfilles de France , elles alloient non-seulement chez les dames titrées en toutes occasions, mais aussi chez toutes les dames de qualité. Les trois filles de Gaston n'y ont jamais manqué. Mademoiselle, sous prétexte de ne faire des visites qu'avec Madame, n'alla point, mais Mme la duchesse de Chartres puis d'Orléans alla partout. Elle continua longtemps encore après la mort de Monsieur; puis, sous prétexte d'incommodité, après de paresse, et que ces visites ne finissoient point, elle se rendit plus rare chez les femmes non titrées, et finalement se laissa entendre à ces mariages du marquis de Roye , de Nangis et du vidame , qu'elle n'iroit plus chez pas une que chez celles à qui par amitié seulement et non plus par un devoir qui la fatiguoit, elle voudroit bien faire cette distinction. On s'en plaignit et ce fut tout. On vouloit plaire , aller à Marly , et par conséquent ne pas se brouiller avec elle , quoiqu'à dire vrai elle n'influât en rien. Mais telle est la misère du monde. Le roi mort et M. le duc d'Orléans régent, il se défît de tous devoirs et de toutes visites , sous prétexte qu'il n'en avoit pas le temps , et Mme sa femme se laissa entendre qu'elle ne visiteroit plus que les princesses du sang. Ainsi elle fit comme la reine, et comme M, le duc d'Orléans étoit alors roi pour longtemps, dans le bas âge du véritable, cela passa sans que per«îonne osât souffler. Tels ont été les progrès sur les visites. Tout ce qui en est resté sont celles des princes et des princesses du sang , que les prétextes de Marly et d'autres absences retranchent tant qu'elles peuvent. Mais quelques usurpations qu'elles aient faites en tout genre, elles n'en sont pas venues encore, en 1741 , à déclarer qu'elles ne visiteroient plus même les femmes non titrées.
11 faut dire tout de suite que , dans les premiers jours de cette année , M. le prince de Conti perdit son second fils à l'âge de sept mois. On n'avoit point porté le deuil des enfants du roi et de la reine , ni de ceux de Monsieur, morts en nombre jusqu'à l'âge de sept ans, ni fait de compliment sur ces pertes. Le désir de relever les bâtards avoit fait porter le deuil d'un maillot de M. du Maine et lui faire des compliments. Il n'y eut donc pas moyen de l'éviter pour celui du prince de Conti. Au lieu d'un gentilhomme ordinaire que le roi envoyoit toujours aux princes du sang, il envoya un maître de sa garde-robe à M. le Prince , qui le devoit avoir depuis qu'à la mort de Monsieur il avoit eu les honneurs de premier prince du sang , et à M. le prince de Conti qui , simple prince du sang , ne devoit avoir qu'un gentilhomme ordinaire. Cela fut fait pour les bâtards, à qui, dans les occasions, le roi envoya comme aux princes du sang un maître de sa garde-robe , et bien que dans la suite cela ne se fît pas toujours , il fut rare que les uns et les autres n'eussent pas le message d'un maître de la garde-robe.