RETOUR DU ROI Â VERSAILLES
celle de Mme la Dauphine; Souvré, maître de la garde-robe du roi, le collier de l'ordre du Saint-Esprit. Dans la marche, qui commença sur les six heures du soir, des aumôniers en rochet et à cheval soutenoient les coins des poêles; deux du roi, deux de Mme la Dauphine; de son «ûté étoient à cheval le chevalier d'honneur et le premier écuyer: trois carrosses précédoient. Dans le second étoit au fond M. le duc d'Orléans «ivec le duc d'Aumont; d'Antin sur le devant avec Souvré , comme maître de la garde-robe; Matignon à une portil;re, comme menin; le capitaine Aes gardes de M. le duc d'Orléans à l'autre ; dans le troisième et le plus proche du chariot, quatre évêques en rochet et camail, un aumônier du roi en quartier en rochet, et le curé de Versailles en étole. Trois carrosses derrière : les quatre princesses dans le premier, avec la duchesse du Lude, qui étoit un carrosse du roi; un de Mme la Dauphine, rempli de ses dames; et celui de Mme la Duchesse après, où étoient les dames d'honneur des princesses. Le convoi commença à entrer à Paris par la porte Saint-Honoré àdeux heures après minuit, sertit de la porte Saint- Denis à quatre heures du matin, et arriva entre sept et huit heures du matin à Saint-Denis, Il y eut un grand ordre dans Paris , et aucun embarras.
Le samedi 27 février, le roi revint de Marly à Versailles. Il avoit mangé, tout ce voyage , seul dans sa chambre, matin et soir, à son très-petit couvert. Il ne voulut point de respects en forme de sa cour, comme il s'étoit pratiqué à la mort de Monseigneur. Il fit dire qu'il verroit tout le monde à la fois tout en arrivant. Les princes et princesses du sang et bâtards l'attendirent dans ses cabinets; la duchesse du Lude et les dames de Mme la Dauphine, le chevalier d'honneur et les autres grands officiers à la porte de son cabinet , ensemble ; les dames dans sa chambre, les hommes dans son antichambre et dans les pièces suivantes, jusqu'à la porte de l'appartement de Mme de Maintenon. Tout étoit en mantes et en manteaux longs. Le roi arriva à quatre heures, et monta droit dans ses cabinets par son petit degré , puis traversa lentement jusque chez Mme de Maintenon pour remarquer tout le monde. Il embrassa uniquement la duchesse du Lude, et lui dit qu'il n'étoit pas en état de lui parler, mais qu'il la verroit. Une demi-heure après, Mme de Maintenon lui manda de venir chez elle avec les dames de Mme la Dauphine. Elles y virent le roi sans mante. Il parla obligeamment à toutes, et retint après la duchesse du Lude, qu'il fit asseoir, et qui fut longtemps en tiers avec lui et Mme de Maintenon. Il l'a vue beaucoup de fois depuis de la sorte , et comme plus du tout en public qu'à Marly, quand sa santé lui permettoit d'y aller ou d'être des voyages. " Tout ce qui étoit là en mantes et en manteaux alla comme en procession chez tous les princes et princesses, commençant par M. [le duc] et Mme la duchesse de Berry , et finissant par le comte de Toulouse. Personne n'avoit été chez les princes et princesses du sang à la mort de Monseigneur. On a vu par quel manège M. du Maine obtint qu'on allât chez les bâtards. En cette occasion , on fut sans ordre , et comme moutons , chez les princes et princesses du sang. Il n'y eut que ce seul jour pour les manteaux et les mantes.