CHAPITRE XX
La reine d'Espagne accouche d'un prince. — L'empereur couronné roi de Hongrie à Presbourg. — Mort du duc de Vendôme. — Éclaircissement sur la sépulture du duc de Vendôme. — Dames du palais en Espagne. — Mort, fin et dernier bon mot d'Harlay, ci-devant premier président. — Singularité du roi sur ses ministres. — Course d'un gros parti ennemi en Champagne.
— Trêve publiée entre la France et l'Angleterre. — Porto-Ercole pris par les ennemis. — La Badie rend le Quesnoy ; est mis à la Bastille. — Broglio défait dix-huit cents chevaux, — Emo ne peut raccommoder la république de Venise avec le roi, — Voyage de Fontainebleau par Petit-Bourg.
— Rohan, évèque de Strasbourg, fait cardinal, en reçoit la calotte et le bonnet. — Mme la grande-duchesse en apoplexie. — Siège de Landrecies par le prince Eugène. — Combat de Denain. — Monlesquiou prend Marchiennes. — Prince Eugène lève le siège de Landrecies. — Villars prend Douai. — Nos lignes de Weissembourg inutilement canonnèes. — Cantons catholiques, battus par les cantons protestants, font la paix. — Cassart prend, rase, pille et brûle Santiago au cap Vert. — Échange du marquis de Villena et de Cellamare avec Stanhope et Carpenter. — Mort du fds aîné du duc de La Rocheguyon. — Mort de l'abbé Tallemant. — Mort du frère du maréchal de Villars et du fds unique de du Bourg ; leur caractère. — Albemarle, pris à Denain, renvoyé sur sa parole. — Mort, conduite, fortune, famille de M. de Soubise. — Injure espagnole qui ne se pardonne jamais.
— Mort du marquis de Saint-Simon. — Mort de Mme de La Fayette. — Mort de Cassini, grand astronome. — Mort, caractère et savoir de Refuge.
— Mort de Mme Hervaî. — Abbé Servien chassé, et pourquoi; son caractère et sa fin. — Désordres des loups en Orléanois.
On eut la nouvelle que la reine d'Espagne étoit accouchée le 6 juin d'un prince à Madrid , qu'on nomma don Philippe , et que le 22 mai l'empereur avoit été couronné roi de Hongrie à Presbourg avec grande magnificence.
Vendôme triomphoit en Espagne , non des ennemis de cette couronne , mais des Espagnols et de nos malheurs, A son âge et à celui de ceux que nous pleurions , il se comptoit expatrié pour le reste de sa vie. Leur mort le rendit aux plus flatteuses espérances d'en revenir jouir à notre cour, et d'y redevenir un personnage qui y feroit de nouveau bien compter avec lui. L' Altesse avoit été un fruit aussi prompt que délicieux d'une si surprenante délivrance ; l'assimilation aux don Juan en fut un