S] ORIGINE CE LA MAISON DE CROÏ
chapitre de Pecquigny le prouve. Il étoit aussi vîdaitte d' Amiens. Son petit-fils Gérard, sire de Pecquigny et vidame d'Amiens, possédoit encore la terre de Croï et tous ses environs. Gela se prouve par la fondation qu'il fit de l'abbaye du Gard. Il la bâtit sur le terroir de Croï; lui donna la moitié de ce village et des fermes voisines, et cela est de 1115. Enfin Gilles , seigneur de Croï , qui est le premier de cette maison que l'on connoisse, est nommé homme lige d'Enguerrand, vidame d'Amiens, dans un titre de l'abbaye du Gard de 1215. Cela fait un gentilhomme le premier connu de sa race, et dans une antiquité fort ordinaire, qui a un très-m.édiocre fief dont il porte le nom qui devient celui de sa postérité , et qui relève en plein d'un seigneur dont la grande seigneurie rend ce fief fort petit, ainsi que le gentilhomme dont il est tout l'avoir, sans qu'on sache par où il est venu. Mais il est vrai que la postérité de ce gentilhomme ne tarda pas à s'illustrer, et qu'elle eut le bonheur de s'élever en tous genres à pas de géant. Tout y est petit et obscur jusqu'à Jacques I", sire de Croï, qui vivoit sans figure en 1287, qui épousa Marguerite d'Araisnes , dont le fils , qu'on ne voit pourtant point figurer, et qui fut Jacques II, sire de Croï et d'Araisnes, épousa en 1313 Marie de Pecquigny, fille du vidame d'Amiens. Cette alliance fut le premier grand pas. Guillaume I", seigneur de Croï et d'Araisnes, épousa, en 1354, Isabeau, fille et héritière d'André, seigneur de Renti, et de Marie de Brimeu. Ce fut encore une autre illustration, jointe à une grande fortune de biens, qui fut estimée telle que toute la maison de Croï, qui en est sortie, a toujours constamment, et dans toutes ses branches jusqu'à aujourd'hui , écartelé ses armes , au deuxième et troisième de Renti. Jean , premier sire de Croï , de Renti , etc. , fils de ce mariage , épousa Marguerite de Craon, et fut tué en 1415 à la bataille d'Azincourt. Ce fut lui qui commença la grandeur de sa maison. Il fut chambellan du roi et des deux derniers ducs de Bourgogne, et grand bouteiller de France. Ses sœurs furent bien mariées. Un de ses fils fit la branche de Chimay ; et son fils aîné Antoine , dont il a été parlé d'avance , fut gendre d'Antoine de Lorraine, comte de Vaudemont. Il fut sire de Croï, de Renti, de Beaurain, de Rosay, de Bar-sur-Aube; comte de Beaumont, de Porcan et de Guines. Il fut grand maître de France eu 1462 , puis chevalier de la Toison, fut surnommé le Grand, et mourut en 1475. Arsçhot lui vint par sa femme avec d'autres terres. Son second fils fit la branche de Rœux. Son aîné ne fut pas si heureux que lui; il épousa la fille du connétable de Saint-Paul, comme on l'a déjà dit, et fut père de deux fils qui ne figurèrent point, et d'un troisième qui fut le célèbre seigneur de Chièvres , gouverneur de Charles-Quint. En voilà assez pour montrer quelle est la maison de Croï, qui a eu le bonheur d'être illustre en tout genre, en toutes ses branches. Il est temps de nous ramener à celle de Solre,
Jean de Croï , second fils de Jean sire de Croï et de Marguerite 4e Craon , et frère du grand maître de France , figura fort dans les Pays- Bas, où il eut toute sa vie de grands emplois de guerre et de paix. Il fut chevalier de la Toison d'or. Charles , dernier duc de Bourgogne , érigea en sa faveur en comté la terre de Chimay , qu'il avoit acquise du dernier