MAISON DE CROÏ
seigneur de Morœil'. Il en porta le nom qui devint celui de sa branche. Il épousa une héritière de Lalain ; il eut beaucoup d'enfants , il n'y eut que les trois premiers qui figurèrent et beaucoup. L'aîné seul de tous continua la postérité. Le second fut évêque de Cambrai , et ce fut lui qui le premier fut évêque et duc de Cambrai, par lettres de l'empereur Maximilien I", de 1510, titre sans nul rang et de pure décoration, dès lors et toujours depuis. Philippe de Croï, comte de Chimay, l'aîné de tant d'enfants, figura grandement toute sa vie , maria de même ses filles et ses fils , qu'il eut de Walpurge de Mœurs , et mourut en 1482. De ses trois fils le second n'eut point de postérité ; le troisième fit la branche de Solre , où on va revenir. L'aîné, qui figura presque autant que son père, fit un très-grand mariage ; il épousa en 1495 Louise d'Albret , vicomtesse de Limoges , dame d'Avesnes et de Landrecies ; sœur de Jean d'Albret , roi de Navarre ; fille d'Alain dit le Grand , sire d'Albret , comte de Gavre , de Dreux, de Penthièvre et de Périgord, et de Françoise de Bretagne. Il mourut en 1527 , et ne laissa que deux filles, dont l'aînée reporta cegrand héritage dans sa maison par son mariage avec Philippe II , sire de Croï, premier duc d'Arschot; et l'autre, qui ne laissa pas d'être fort riche, épousa Charles comte de Lalain. Leur père avoit été créé prince de Chimay en 1486 , par l'empereur Maximilien I" , titre d'honneur sans aucun rang.
Antoine de Croï, frère puîné de ce premier prince de Chimay, fit la branche de Solre. Il porta le nom de seigneur de Sempy , servit Maximilien I", eut la Toison d'or et le gouvernement du Quesnoy, et fut gendre de Jacques de Luxembourg, marquis de Richebourg. Jacques, son fils, ne figura point, quoique chevalier de la Toison d'or. Il épousa Yolande, fille aînée de Philippe de Lannoy, chevalier de la Toison d'or, dont il eut les terres deMolembais , et de Solre qui donna le nom à sa branche. Philippe son fils alla en Espagne, où il fut créé comte de Solre en 1591. Il fut aussi chevalier de la Toison d'or, capitaine de la garde du roi d'Espagne à Bruxelles , grand écuyer et conseiller d'État des archiducs , et grand bailli de Tournai ; il mourut au commencement de 1612. Il fut marié trois fois : d'Anne de Beaufort en Artois, il eut J. de Croï, comte de Solre, son fils aîné qui continua la branche-, d'Anne de Croï, dame de Renti, un fils qui fut chef des finances des Pays-Bas, gouverneur de Tournai , en faveur duquel Philippe IV érigea la terre d'Havre en duché en 1627 , dont il avoit épousé l'héritière qui étoit aussi Croï, mourut en 1640 et ne laissa que des filles. De l'héritière de Coucy , veuve d'un Mailly, que le premier comte de Solre épousa en troisièmes noces, il ne laissa qu'un fils qui fit la branche des ducs d'Havre.
J. de Croï, quatrième de cette branche, et second comte de Solre, oncle paternel du premier duc d'Havre qui n'eut point de suite , et frère aîné de celui qui fit la branche des ducs d'Havre , fut chevalier de la Toison d'or, capitaine de la garde espagnole, du conseil de Flandre, gentilhomme de la chambre du roi d'Espagne, et mourut à Madrid
^ . Il y a Morœil dans le manuscrit et non Mareuil, comme on l'a imprimé dans les précédentes édiiions.