‹ Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la régence (volume 4)Chapitre 101 sur 319 · DIFFÉRENCE DU BUT DES ASSEMBLÉES · texte numérisé non relu

DIFFÉRENCE DU BUT DES ASSEMBLÉES

du sang et des bâtards, cl sur Ifs mouvcmcnls de la prétendue noblesse. — Les bûlards ne prétendent rocounoîlre d'autres juges que le roi majeur ou les états généraux du royaume , et s'attirent par là un jugement préparatoire. — Excès de la prétendue noblesse trompée par confiance en ses appuis. — Conduite et parfaite tranquillité des ducs. — Arrêt du conseil de régence portant défense à tous nobles de s'assembler, etc., sous peine de désobéissance. — Ma comiuile dans ce conseil suivie par les ducs, puis par les princes du sang et bûlards, — Succès de l'arrêt. — Gouvernement de Saint-Malo à Coelquen, et six mille livres de pension à Laval. — Mensonge impudent de ce dernier prouvé, et qui lui demeure utile, quoique sans nulle parenté avec la maison royale. — Maison de Laval-Monlfort très- différente des Laval-Montmorency, expliquée. — Autre imposture du mémo M. de Laval sur la préséance sur le cbancelier. — Premier exemple de mariage de fille de qualité avec un secrétaire d'État.

On ne répétera pas ce qui se trouve répandu en plusieurs endroits de ces Mémoires à mesure que l'occasion naturelle s'est présentée d'expliquer comment le rang de prince étranger s'est formé à l'appui de la Ligue, puis [a été] accordé par degrés à d'autres maisons que les souveraines ; on se contentera de rapporter ici le traité d'union de ceux qui , comme cette noblesse dont on parle , en prirent de même le nom sans aveu ni mission , mais pour chose réelle et non imaginaire , et chose si radicalement contraire aux lois et usages de ce royaume , à ce qui est établi dans tous les États, et qui offense si personnellement tout le second ordre du royaume en général et en particulier. Ces assemblées de noblesse, et ce traité entre elle, se tirent à Paris en 1649 après le rang accordé à MM. de Bouillon , et le tabouret à la princesse de Guéméné qui enfanta depuis par longs degrés le même rang , et deux autres tnbourets à la marquise de Senecey et à la comtessse de Fleix mère et fille, toutes deux veuves, et toutes deux dames d'honneur, l'une en titre et l'autre en survivance, de la reine mère pour les intérêts de laquelle elles avoient été longtemps exilées à Randan en Auvergne , et Mme de Brassac mise dame d'honneur en la place de Mme de Senecey qui fut rappelée à la mort de Louis XIII , Mme de Brassac renvoyée , et Mme de Senecey rétablie avec sa fille en survivance. On verra dans ce traité ce que la noblesse d'alors pensoit si dilTéremment de celle d'aujourd'hui; mais elle étoit encore instruite dans ces temps-là, connoissoit son intérêt et ne se laissoit pas mener par le nez à ce qui y est le plus directement contraire. J'ai eu entre les mains l'original signé de ce traité , et j'en donne ici la copie que j'en ai faite. Il est étonnant en quelles mains tombent par la suite des temps les pièces originales souvent les plus curieuses et les plus importantes , et les titres les plus précieux ; il n'est pas rare d'en trouver chez des beurrières, et entre de pareilles mains. La pièce dont il s'agit, qui n'est pas de cet ordre, mais qui a sa curiosité, étoit tombée entre celles d'un vieux médecin de Chartres, qui étoit excellent médecin , encore plus philosophe , savant en belles-lettres , curieux et très-instruit de l'histoire , qui , content de peu , n'avoit jamais voulu quitter sa patrie , ni chercher à paroître et à s'enrichir à Paris. Il s'appeloit Bouvard ; il avoit infiniment d'esprit et une mémoire prodi-

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