‹ Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV et la régence (volume 4)Chapitre 105 sur 319 · ÉCLAIRCISSEMENT DES SIGNATURES · texte numérisé non relu

ÉCLAIRCISSEMENT DES SIGNATURES

en passant, ce même duc de Vitry, employé jeune en diverses ambassades , qui fut fait conseiller d'État d'épée , et qui comme duc à brevet , et non vérifié, ne laissa pas de précéder le doyen des conseillers d'État au conseil, et d'y être salué du chapeau par le chancelier en prenant son avis. Sur les autres signatures , il y a peu de choses à remarquer. On y voit seulement que la reine et le cardinal Mazarin d'une part , Monsieur et M, le Prince d'autre, qui étoient liés en ce temps-là, avoient eu soin de fourrer dans cette assemblée des personnes entièrement à eux , et quelques noms encore d'entre les importants de la Fronde. Il s'y trouve entre ces derniers deux signatures Montrésor. Il n'y avoit alors qu'un Bourdeille , qui portât ce nom , qui fut un des plus avant dans la direction de la Fronde avec le coadjudeur et la duchesse de Chevreuse . et qui est mort très-vieux à l'hôtel de Guise , chez Mlle de Guise , qui l'avoit épousé secrètement. Ainsi il y a faute nécessairement en l'une de ces deux signatures.

Ion père signa aussi avec plusieurs autres ducs et pairs, sans autres.

■ requête au roi tendante à empêcher ces concessions dont j'ai la copn! que je ne donne pas , parce qu'il ne s'agit pas ici de dissertation sur les rangs, mais simplement des événements de mon temps, à propos (lesquels j'ai cru devoir faire mention de ces mouvements de 1649 , et de ciite association ou traité qui demande quelques réflexions avant que d'achever de raconter en deux mots ce qu'elle devint et quel en fut le succès.

Ces messieurs de 1649 ne se proposent point d'attaquer ce qui est établi, non-seulement de tous les temps et en tous les pays du monde comme en France, mais ce qui l'est depuis plusieurs règnes, et qui. lu ■!! ou mal fondé, l'est sur la naissance à laquelle le nom de prince est .l'ii'cté, c'est-à-dire des personnes issues, de mâle en mâle, d'un véritaltle souverain, et dont le chef de la maison l'est actuellement, et recuimu pour tel dans toute l'Europe. On ne voit nulle part, dans l'association que ces messieurs approuvent, rien de ce qui a été toléré, puis accordé aux véritables princes étrangers. L'écrit se contente de passer à côté et ne va qu'au but qui l'a fait faire, qui est de s'opposer à des concessions de rangs et d'honneurs à des seigneurs et à des maisons jusqu'alors semblables d'origine à eux , qui n'ont jamais rien eu ni prétendu de différence , et auxquelles aussi nulle autre n'a déféré nulle part : distinction humiliante et outrageante que l'écrit sait expliquer dans toute sa force, mais avec dignité. Il allègue donc les plus pressantes et les plus invincibles raisons , les plus solides et les plus évidentes , qu'a la noblesse à s'y opposer. Rien n'est plus éloigné de battre l'air, et de ne savoir que répondre sur le but qu'on se propose. Cet écrit est respectueux pour le roi et pour toute la maison régnante , plein de protestation de fidélité., qui est toujours la première exception pour n'y manquer jamais. Il n'est pas moins rempli d'égards et de ménagements sur les personnes qu'il attaque. Pas un mot, pas une expression qui les puisse le plus légèrement blesser, et la discrétion y est portée jusqu'à éviter avec soin d'y nommer aucun nom. En même temps , il s'exprime avec une dignité infinie, et sans s'échapper, il se contente d'employer

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