COMITÉ POUR LES FINANCES
donné à la princesse de Gonli pour La Vallière, aux dépens du finyncier Bourvalais. — Ragotzi s'en va en Turquie ; ce qu'il devient jusqu'à sa mort. — Victoire du prince Eugène sur les Turcs. — Prise de Belgrade. — Mort de Villetle et d'Estrade. — Le fils du dernier obtient sa mairie de Bordeaux. — Mme de Muucliy et Rien, dame d'atours et premier écuyer en second de Mme la duchesse de Berry. — Changements parmi ses dames. — Diverses grâces de M. le duc d'Orléans. — Retour de Hongrie des François. — Mort du duc de Ventadour; extinction de son duché-pairie. — Mort de Moncault. — J'achète pour mes enfants deux régiments de cavalerie. — Ahhé Dubois repasse en Angleterre. — Pelerborough arrêté dans l'Élat ecclésiastique.
Le comité s'assembloit plusieurs fois la semaine pour les finances alloit son train. Le duc de Noailles y montra, comme il voulut l'état présent des finances , en exposa les embarras , y présenta des expédients , lut des mémoires. J'étois là, comme on l'a vu, malgré moi, et cette langue de finance dont on [a] su faire une science , et, si ce mot se peut hasarder , un grimoire , pour que l'intelligence en soit cachée à ceux qui n'y sont pas initiés , et qui , magistrats et traitants , banquiers , etc. , ont grand intérêt que les autres en demeurent dans l'ignorance ; cette langue , dis-je , m'étoit tout à fait étrangère. Néanmoins ma maxime constante ayant toujours été que l'humeur doit être toujours bannie des alfaires autant que l'acception des choses et des personnes et toute prévention , j'écoutois de toutes mes oreilles , malgré mon dégoût de la matière , et ce que je n'entendois pas, je n'étois pas honteux de le dire et de me le faire expliquer. C'étoit le fruit de l'aveu de mon ignorance en finances, quej'avois fait si haut et si clair en plein conseil de régence, lorsque je m'excusai d'être de ce comité , et que le régent finit par me le commander.
Il arriva assez souvent qu'y ayant diversité d'avis , quelquefois même assez vive , je me trouvai de celui du duc de Noailles , et que je disputai même assez fortement pour le soutenir. Le chancelier ravi m'en faisoit compliment après ; et M. le duc d'Orléans à qui l'un et l'autre le dirent , et qui avoit remarqué la même chose quelquefois au conseil de régence, les assura qu'il n'en étoit point surpris, et ne laissa pas de m'en marquer sa satisfaction. Je lui dis, et au chancelier, que l'avis du duc de Noailles, bon ou mauvais, et sa personne, étoient pour moi deux choses absolument distinctes et séparées ; que je cherchois partout le bon et le vrai , et que je m'y attachois partout où je le croyois voir , comme je me roidissois aussi contre ce que j'y croyois opposé ; qu'il pouvoit bien être qu'en ce dernier cas, je parlois plus ferme et plus dur quand je trouvois l'avis du duc de Noailles à combattre, que si j'avois eu à attaquer celui d'un autre-, mais aussi [que] j'étois de son avis sans répugnance quand je le trouvois bon , et que je m'élevois pour le soutenir fortement en faveur du bon et du vrai quand je le voyois disputer, sans que, pour tout cela, je changeasse de sentiment pour sa personne.
Comme ce travail se prolongent , les assemblées se multiplièrent ; et une après-dînée , à la fin d'une, il fut convenu que nous nous rassemblerions le lendemain matin et encore l'après-dînée , et que , pour n'avoir