CHAPITRE XXII
L'Espagne publie un manifesle contre l'empereur. — Déclaration vague de Cellamare au régent. — ElTorls d'Albéroni pour exciter toutes les puissances contre l'empereur; veut aclieler dos vaisseaux dont il manque; en est refusé. — Ses bassesses pour l'Angleterre inutiles. — Singulières inl'orruations d'Albéroni sur Riperda. — Cet ambassadeur cru vendu à Albéroni et soupçonné de vouloir s'attacher au service du roi d'Espagne. — Aldovrandi cru , à Rome et ailleurs , vendu à Albéroni. — Artifices de ce dernier sur son manque d'alliés. Ses offres à Ragotzi. — Fureur d'Albéroni contre Giudice. — Crainte et bassesse de ses neveux. — Le roi d'Espagne détend à ses sujets de voir Giudice à Rome et tout commerce avec lui. — Point de la succession de Toscane. — Manèges des ministres hanovriens pour engager le régent à s'unir à l'empereur. — L'Angleterre désire la paix de l'empereur et de l'Espagne, et veut envoyer faire des efforts à Madrid. — Ruses à Londres avec Monieléon. — Soupçons et vigilance de Koenigseck à Pa,ri8.
— Entreprise sur Ragotzi sans effet. — Les Impériaux lui enlèvent des officiers à Hambourg. — Baron de Gœrtz mis en liberté. — Le czar plus que froid aux propositions du roi d'Angleterre, lequel rappelle ses vaisseaux de la mer Baltique. — Situation personnelle du roi d'Angleterre avec les Anglois. Il choisit le colonel Stanhope, cousin du secrétaire d'État, pour aller en Espagne. — Visite et singulier conseil de Chàleauueufà Beretti. — Sentiment des ministres d'Angleterre sur l'entreprise de l'Espagne en soi.
— Wolckra rappelé à Vienne; Penterrieder attendu à Londres en sa place pour y traiter la paix entre l'empereur et l'Espagne avec l'abbé Dubois. — Artifices de Saint- Sapborin auprès du régent de concert avec Stairs. — Vaine tentative de l'empereur pour de nouveaux honneurs à son ambassadeur ea France. — Inquiétude de l'Angleterre ; ses soupçons du roi de Sicile. — Misérables flaltei-ics à Albéroni. — Cellamare excuse et confie le secret de l'entreprise de l'Espagne au régent, dont la réponse nette ne le satisfait pas.
— Nouveau comjjlot des Impériaux pour se défaire de Ragolzi, inutile. — Sèche réponse des minisires russiens aux propositions de l'Angleterre. — La flotte espagnole en Sardaigne. — Le pajjc, effrayé des menaces de Gallas, révoque les induits accordés au roi d'Espagne ; lui écrit une lettre à la satisfaction des Impériaux; désire au fond succès à l'Espagne; offre sa médiation. — Misérables flalleries à Albéroni. — 11 fait ordonner à Giudice d'ôter les armes d'Espagne de dessus la porte de son palais à Rome. — Sa conduite et celle de ses neveux. — Victoire du prince Eugène sur les Turcs,
— 11 prend Belgrade , etc. — Soupçons de l'empereur à l'égard delà France. — Entreprise inutile sur la vie du prince Ragotzi. — Deux François à lui arrêtés à Staden. — Scélératesse de Welez. — Artifices de l'Anglelerre et de Saint-Saphorin pour lier le régent à l'empereur, et en tuer des subsides contre les rois d'Espagne et de Sicile. — Artifices du roi de Prusse auprès du régeiil sur la paix du nord. — Gœrtz à Berlin; y attend le czar. — Propositions de ce ministre pour faire la paix de la Suède.
— Soupçons du roi de Prusse à l'égard de la France, à qui il cache les
1717] l'espagne publie un manifeste. 305
propositions de Gœrlz. — Hasard à Paris qui les découvre. — L'Anglc- Une liée avec l'empereur par des traites précis , et craignant pour son C'immerce de se hriuillor avec l'Espagne, y envoie par Paris le colonel Stanhope. — Objet de cet envoi, et par Paris. — Artifices de l'Angleit'ire pour unir le régent à l'empereur. — Georges et ses ministres en crainte du czar et de la Prusse, en soupçon sur la France. — L< ur haine [Miur Chàteauneuf. — Bolingbroke Secrètement reçu en grâce par le roi il Angleterre. — Opiniâtreté d'Alhéroni. — Leurres sur la Hollande. — Liai et suite de la vie de Riperda. — Venise se déclare pour l'empereur.
— Colère d'Albéroni. — Ses étranges vanleries et ses artifices pour se faire un mérite de se borner à la Sardaignc celte année, sentant l'impossibilité de faire davantage. — Sa fausseté insigne à Rome. — Embarras et conduite oriificieuse et opiniâtre d'Albéroni, — Sa réponse à l'envoyé d'Angleterre.
— Albéroni se lait un bouclier d'un éqnilibre en Europe; flatte bassement la Hollande ; n'espère rien de l'Angleterre. — Plan qu'il se propose pour l'Iijet en Italie ; il le confie à Beretti et lui donne ses ordres en conséquence.
— Propos d'Albéroni; vanteries et fourberies insignes et contradictoires. — Cnniluite d'Aubenton et d'Aldovrandi, qui lui sont venJus pour leur intérêt personnel. — Les Impériaux demandent qu'Aklovrandi soit pnni ; effrayent le pape. — H révoque ses induits au roi d'Espagne; lui écrit au gré des Impériaux ; en même temps le fait ménager et adoucir par Alclovrandi , à qui il écrit, et à Daubenton, de sa main. — Frayeurs du duc de Parme, qni implore vainement la protection du pape et le secours du roi d'Espagne. — Plaisant mot du cardinal del Giudice au pa[)e. — Le pape dépêche à Vienne sur des propositions sauvages d'Acquaviva, comptant sur le crédit de Stella, qui vouloit un ciiapeau pour son frère. — Molinez transféré du château de Milan dans un des collèges de la ville. — Vastes projets d'Albéroni, qui en même temps sent et avoue sa foiblesse. — Propos trompeurs entre del Maro ei Albéroni. — Ses divers artifices. — La Hollande inquiète est touchée de 1 (ilfre de l'Espagne de reconnoître sa médiation. — Cadogan à la Haye , son caractère. — Ses plaintes, sa conduite. — Inquiétude de l'Angleterre sur le nord. — Ses ministres détrompés sur le régent, reprennent confiance en lui; font les derniers efforts pour faire rappeler Chàteauneuf. — Substance et but du traité entie la France, le czar et la Prusse. — Abbé Dubois à Londres et le colonel Slanhope à Madrid. — Le czar parti de Berlin sans y avoir rien fait ni voulu écouter sur la paix du nord. — Le roi de Prusse, réconcilié avec le roi d'Angleterre, cberche à le tromper sur la paix du nord ; se plaint de la France, qui le contente. — Poniatowski à Paris, confident du roi de Suède, consulté par Kniphausen, lui trace le chemin de la paix du nord. — Ardeur du roi d'Angleterre, et sa cause, pour pacifier l'empereur et FEspagne, qui ne s'en éloigne pas. — Sentiment de Monteléon sur les .\nglois. — Sa situation redevenue agréable avec eux — Caractèie du roi d'Angleterre et de ses mini.tres. — Bassesse du roi de Sicile poiu- l'Angleterre, inutile. — Son envoyé à Londres forme une intrigue à Vienne pour y réconcilier son maître. — Opinion prétendue de l'empereur sur le régent et sur le roi de Sicile. — Crainte publique des princes d'Italie.
— Sages pensées de Cellamare. — Avis envenimés contre la France de Welez à l'empereur. — Conseils enragés de Benlivoglio au pape, qui fait entendre qu'il ne donnera plus de bulles sans conditions et précauiicns.
Enfin le moment arriva d'éclaircir l'Europe. L'Espagne fit publier par es ministres dans les cours étrangères, un manifeste contenant les aisons qui l'engageoient d'attaquer l'empereur , et de tourner ses armes ur la Sardaigne, au lieu de joindre .sa flotte à l'armée chrétienne,