‹ Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon, sur le siècle de Louis XIV et la Régence (volume 5)Chapitre 218 sur 374 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

4 007. — If on de Bignon, conseiller d'Ëlal; et de son frère, premier président du grand conseil, dont Yerlamonl, son gendre, a la place. — Caumarlin, conseiller d'Élal, gagne sa prétention de sa date d'intendant des tinances sur les conseillers d'Elal postérieurs. — La Rejnie, conseiller d'Élal et lieutenant de police, quille celle dernière place a d'Argenson. — Morl de Pussort, doyen du conseil et conseiller au conseil royal des nnances. — Celte dernière place donnée à Pomerea au refus de Courtin, doyen du conseil. — Combal i Paris du bailli d'Auvergne et du chevalier de Caylus; Mlle do Soissons exilée. — Kuvigny el ses fils. — Harlay , premier président, s'approprie un dépôt à lui confié par son ami Ruvigny, fail son fils conseiller d'État et obtient vingt mille livres de pension. — Ducbesse de Valentinois brouillée el retournée avec son mari. — Son horrible calomnie. — Mme de L'Aigle, dame d'honneur de Mme la Duchesse. — Briord, ambassadeur à Turin, quoiqu'à M. le Prince. — Mariage du (ils de Ponlcliarlrain avec une ■œur du comte de Roucy, après que le roi lui eut défendu celui de Mlle de llalause. — Élévation des ministres. — Malause. — Roucy-Uoye-La Uochefoucauld. — Aventure qui fail passer le comte et la comtesse de Roye de Danemark en Angleterre. — Mariage du comte d'£gmont avec Mlle de Cosnac , à qui le roi donne un tabouret de grâce.

Je perdis, au commencement de cette année 1697, M. Bignon, conseiller d'État, si ami de mon père qu'il voulut bien être mon tuteur, quoique sans aucune parenté, lorsqu'à la mort de Mme la duchesse de Brissac, en 1684, elle me fit son légataire universel. C'étoit un magistrat de l'ancienne roche, pour le savoir, l'intégrité, la vertu, la modestie; digne du nom qu'il portoit, si connu dans la robe et dans la république des lettres; et qui, comme ses pères, avoit été avocat général avec grande réputation. Il étoit veuf de la sœur unique de Pontehartrain, qu'il avoit toujours extrêmement aimée, et qui fit de ses enfants comme des siens. Bignon n'étoit point riche, et avoit, à quatrevingts ans , la tête aussi bonne qu'à quarante. Je le regrettai beaucoup , et je ne faisois rien dans mes affaires qu'avec son conseil. Son frère , qui étoit premier président du grand conseil, et pour qui on avoit formé cette charge , le suivit huit jours après. Celui-là éioit riche par un mariage: il n'avoit qu'une fille, mariée à "Vertamont, maître des requêtes, fils du premier lit de la maréchale d'Estrades, qui eut sa charge.

La place de l'autre , [au] conseil des parties, fut donnée à Caumartia,

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